Accusations de tricherie et échanges virulents : la polémique enfle en curling aux Jeux olympiques d’hiver
Par
Defimedia.info
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Une controverse secoue la compétition olympique de curling, mêlant accusations de tricherie, démentis musclés et explications embarrassées de l’instance dirigeante, contrainte de reconnaître qu’elle s’appuie parfois sur… l’honneur sportif. C’est ce que rapporte la CNN sur son site Web le 15 février.
Tout est parti d’un match du tournoi à la ronde opposant le Canada à la Suède. Les Canadiens se sont imposés huit à six, mais le véritable suspense s’est joué hors de la glace.
Le Suédois Oskar Eriksson a accusé le Canadien Marc Kennedy d’avoir enfreint le règlement en touchant la pierre après son lancer. Kennedy a aussitôt nié, Eriksson a maintenu ses propos, les échanges se sont envenimés - ponctués d’insultes - et Kennedy a finalement écopé d’un avertissement pour comportement inapproprié de la part de World Curling.
Aucune sanction sportive n’a toutefois été prise sur le moment, l’arbitre indiquant ne pas avoir vu l’incident. Des ralentis vidéo semblent montrer le doigt du joueur canadien effleurer la pierre, sans permettre une conclusion formelle.
Sur les réseaux sociaux, les réactions ont été immédiates, certains internautes accusant le Canada de ternir l’image d’un sport réputé pour son fair-play.
Dans l’après-match, Eriksson a affirmé vouloir un jeu « honnête et propre », expliquant avoir signalé ce qu’il considérait comme une irrégularité. Kennedy, de son côté, a fermement rejeté toute accusation, assurant qu’il n’aurait « jamais triché » et rappelant son respect pour son adversaire.
Son coéquipier Brad Jacobs est également monté au créneau, estimant que les Suédois cherchaient à intimider son équipe.
Face à la polémique, World Curling a reconnu que ses arbitres ne peuvent pas surveiller toutes les lignes de lancer en permanence et que l’assistance vidéo n’est pas utilisée pour réviser les décisions. L’organisation a néanmoins annoncé le déploiement de deux officiels supplémentaires pour observer les lancers sur l’ensemble des pistes.
Le lendemain, lors du match Canada–Suisse, très attendu, aucun nouvel incident majeur n’a été signalé. Les Suisses l’ont emporté neuf à cinq, et la compétition s’est poursuivie.
Cette affaire met en lumière les limites du système actuel, dans un sport où les règles sont techniques : les joueurs peuvent toucher la poignée de la pierre avant la ligne, mais jamais le granit lui-même. Une infraction souvent difficile à détecter à l’œil nu.
Résultat : Marc Kennedy, pourtant médaillé d’or olympique en deux mille dix et de bronze en deux mille vingt-deux, se retrouve désormais malgré lui au centre d’une tempête médiatique - devenu, aux yeux du public international, « le Canadien jurant », symbole inattendu d’une discipline soudain sous haute tension.