Mise à jour: 26 janvier 2026 à 13:10

Accidents mortels : une hausse pour les seniors

Par Kendy Antoine
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En janvier 2026, seize personnes ont perdu la vie sur les routes locales, une hausse inquiétante par rapport à l’an dernier. Les seniors de 60 ans et plus représentent près de la moitié des victimes.

Les chiffres des accidents mortels sur les routes locales, excluant Rodrigues, du 1er au 23 janvier 2026, révèlent une tendance inquiétante par rapport à la même période en 2025. En l’espace de trois semaines, il y a eu douze accidents mortels contre neuf l’an dernier. Le nombre de morts sur les routes est encore plus alarmant : treize personnes ont perdu la vie en 2026, contre neuf en 2025. Et durant le weekend encore trois morts ont été enregistrés. Ce qui fait qu’au 25 janvier, il y a eu seize morts sur la route. 

L’âge des défunts met en lumière une évolution préoccupante. Aucune mort n’est recensée dans la tranche 16–25 ans pour les deux années à la même période. Les morts augmentent chez les 26–50 ans (de quatre à cinq) et surtout chez les seniors de 60 ans et plus, dont le nombre inquiète, passant de trois à huit pour la période du 1er au 25 janvier 2026. Cette tranche d’âge représente près de la moitié des morts enregistrés en 2026 à ce jour.

Passagers

L’analyse du portrait des morts montre une évolution. Les passagers figurent parmi les plus touchés en 2026 avec trois morts, alors qu’aucun n’avait été recensé à la même période en 2025. Les piétons et les conducteurs enregistrent également une hausse, passant respectivement de deux à trois morts et de trois à quatre. En revanche, le nombre de motocyclistes affiche pour l’heure une baisse légère.

Concernant les heures les plus meurtrières, la tranche horaire 12 h 01 à 18 heures se démarque nettement. Sept personnes ont trouvé la mort pendant cette tranche en 2026, contre seulement deux l’année précédente. Les accidents nocturnes, de 18 h 01 à minuit, restent élevés avec quatre morts, contre trois en 2025. À l’inverse, une baisse est observée durant la nuit et la matinée.


Permis à points - Barlen Munusami : «Une mesure utile, mais pas une solution miracle»

À l’approche de l’entrée en vigueur du permis à points, prévue à la fin de janvier, la question de son efficacité face à la recrudescence des accidents mortels continue d’alimenter le débat. Pour Barlen Munusami, expert en sécurité routière et ancien sergent de police, cette mesure peut contribuer à améliorer le comportement des usagers de la route, mais elle ne saurait, à elle seule, enrayer les accidents.

« Le permis à points a une efficacité réelle pour provoquer un changement de comportement et d’attitude. Mais il faut rester très réaliste : on ne peut pas dire que cette mesure va résoudre tous nos problèmes ni éliminer les accidents mortels », explique-t-il. Selon lui, l’impact du permis à points se fera surtout dans le temps. « Une personne ne perd pas ses quinze points du jour au lendemain. C’est souvent lorsqu’elle est disqualifiée qu’elle commence à réagir », souligne-t-il.

Barlen Munusami insiste sur le fait qu’aucun changement brusque ne doit être attendu dès l’entrée en vigueur du système. « Le 30 janvier, il ne faut pas s’attendre à un changement soudain de comportement sur nos routes. » L’effet dissuasif du permis à points repose sur une accumulation progressive des sanctions.

Répression

L’expert souligne également que le permis à points s’inscrit avant tout dans une logique de répression. « La répression est une arme pour amener un changement de comportement, et le permis à points en fait partie, car il s’appuie sur un cadre légal plus sévère », dit-il. Toutefois, il met en garde contre une approche uniquement punitive.

Pour Barlen Munusami, les véritables leviers du changement durable restent l’éducation, la sensibilisation et la formation. « Ce sont là les éléments les plus importants. C’est un travail de longue haleine, mais c’est avec l’éducation qu’on peut instaurer une véritable culture de la sécurité routière au sein de la société. » Selon lui, c’est cette culture qui influencera profondément les attitudes et les comportements des usagers de la route.

Enfin, l’ancien sergent de police rappelle que la lutte contre les accidents mortels passe aussi par d’autres facteurs essentiels. « Une bonne infrastructure routière, une signalisation adéquate et des véhicules plus sûrs. Le permis à points peut réduire les accidents à un certain degré, mais il faut être réaliste. Ce n’est pas du jour au lendemain que les accidents mortels vont diminuer. »
 

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