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Accident spectaculaire au rond-point du Caudan - Deux rescapés : «Lapriyer ki’nn sap nou»

Par Le Dimanche /L' Hebdo
Publié le: 5 avril 2026 à 11:00
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accident
L’une des voitures impliquées dans la collision a été réduite en amas de ferraille.

Miraculés après le spectaculaire accident au rond-point du Caudan mardi, deux conducteurs témoignent. Ils attribuent leur survie à la force de leur foi.

Mardi matin, 31 mars. Sur l’autoroute à hauteur du rond-point du Caudan, une bétonneuse de la compagnie Betonix perd le contrôle, percute un autobus, s’en prend à une Honda Fit, qui emboutit à son tour une Honda Vezel, avant de se renverser sur la chaussée. Quatre blessés. Un embouteillage monstre dans la capitale. Et deux conducteurs qui, depuis, n’arrêtent pas de remercier le ciel.

Ce matin-là, Fabien (prénom d’emprunt), 40 ans, fait route vers son lieu de travail à Riche-Terre. Nous sommes en période de carême pascal, et dans l’habitacle de sa voiture, il écoute des prières. « Nou dan semenn karem-la. Mo ti pe ekout lapriyer dan loto kan mo ti pe roule. »

Puis, un bruit assourdissant. En une fraction de seconde, il voit la bétonneuse arriver sur lui. Il n’a pas le temps de réagir. « Mo ferm mo lizie mo dir ariv seki ariv. » Le choc est violent. Sa Honda Fit est percutée de plein fouet. Dans les secondes qui suivent, des témoins le sortent du véhicule.

Aujourd’hui, Fabien a le bras plâtré, des blessures à la tête et sur différentes parties du corps. Il est toujours hanté par les images de l’accident. Mais il est rentré chez lui. Et pour lui, une seule explication : « Se lapriyer ki’nn sov mwa. »

À quelques mètres de là, Anitabhye, 41 ans, employée d’une firme bancaire, s’apprêtait ce matin-là à garer sa Honda Vezel dans une aire de stationnement près du rond-point, quand la Honda Fit, projetée par le choc avec la bétonneuse, a percuté son véhicule. Elle en est sortie avec une douleur à la main et un coup dans le dos. Pas davantage. 

« Tou dimounn pe get mwa, pe etone ki mo’nn sorti drwat. Mo’nn gagn enn kou dan lame avek enn kou dan ledo. » Même le médecin qui l’a examinée aux urgences de l’hôpital Dr A. G. Jeetoo n’en revenait pas. « Kan nou’nn rant lopital, dokter inn etone, li dir mwa ‘kouma ou nef ou, zot tou inn blese’. Se enn mirak pou mwa. »

De retour au travail, son téléphone n’a pas arrêté de sonner. Collègues, amis, proches, tous appelaient pour s’assurer qu’elle allait bien. Et tous lui disaient la même chose. « Mo fer boukou lapriyer. Dan mo travay, tou mo bann koleg pe telefonn mwa, pe dir mwa mo lapriyer ki’nn sap mwa zordi. »

Le chauffeur de la béton-neuse et son aide, deux ressortissants indiens, n’ont pas eu la même chance. Tous deux ont été admis à l’hôpital Dr A. G. Jeetoo dans un état plus sérieux. La police des Line Barracks a ouvert une enquête. L’hypothèse d’une défaillance mécanique du système de freinage du poids lourd est évoquée, mais une analyse approfondie de la bétonneuse devra permettre aux enquêteurs de déterminer si c’est un problème mécanique ou une erreur humaine qui a provoqué la collision.

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