Mise à jour January 4, 2026, 8:30 pm

Accident de la route - Sohail Sesungkur : le chauffard sous influence que rien ne semble freiner

Par Le Dimanche /L' Hebdo
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Capture d’écran de Sohail Sesungkur, visiblement sous l’influence, au volant de sa voiture le jour de l’accident. Des éléments de la Special Mobile Force (SMF) ont dû intervenir après la collision pour calmer les tensions.
  • Un couple et son enfant de 8 ans frôlent la mort

Testé positif à la drogue après avoir percuté une famille à Plaine-Lauzun, Sohail Sesungkur a été autorisé à repartir. Un énième incident pour ce récidiviste qui semble défier toute autorité.

Lundi 29 décembre, sur l’autoroute de Plaine-Lauzun, une voiture zigzague dangereusement entre les voies. Au volant, Sohail Sesungkur, 27 ans, fils de l’ancien ministre Sudhir Sesungkur. Incapable de maîtriser sa Mazda, sous l’influence de la drogue, il percute violemment une voiture qui roule sur la voie de gauche. À l’intérieur : un couple et son fils de 8 ans.

Le choc est d’une violence inouïe. « Li’nn vinn tap ar mo loto, lor mo flan kote drwat. Sa vites li ti pe vini la, li’nn sarye mo loto, kan li pe tape, li pa ti lor frin me pe kontign akselere », raconte le conducteur, encore sous le choc.

L’impact projette son véhicule vers le bord de la route, frôlant un profond caniveau. « Sa aksidan ti pou bien grav. Sa distans li’nn ris nou, nou ti kav perdi lavi si nou ti tomb dan sa gro kanal-la. Mo’nn resi pez frin pou aret loto lor rebor kanal », nous explique-t-il, conscient d’avoir échappé au pire.

Dans l’habitacle, c’est la panique. « Mo’nn koumans plore, nou’nn gagn enn sok, zanfan inn sorti par deryer vinn devan », confie l’épouse du conducteur, la voix tremblante. Le traumatisme est immédiat. « Touletan dimounn dir kan ale pa retourne, nou’nn kone kiete sa… Ankor nou’nn kit enn zanfan ek granmer », ajoute-t-elle, réalisant l’ampleur du drame évité de justesse.

Sous le choc mais déterminée à comprendre, la femme se précipite vers la voiture du chauffard. Ce qu’elle découvre la sidère. « Kan mo’nn desann pou get li, li’nn soule enn kalite, so lizie ferme, so lalang lour e pe vire, li pa pe kav mem leve dan loto pou sorti pou gete », décrit-elle, incrédule face à l’état du conducteur.

Mais Sohail Sesungkur semble déjà avoir sa stratégie. Il veut régler l’affaire à l’amiable et se tirer de cette impasse. « Mo dir li get sa leta ki ou ete, li dir mwa fer papie. Mo dir li non, mo ena fami ki pe vini, li fer komsi rien ete, li dir fer lamiab », rapporte la victime, stupéfaite par le culot du chauffard.

« To dan nisa »

Sur l’autoroute, d’autres automobilistes s’arrêtent. Témoins de la scène, ils viennent soutenir la famille accidentée et fustigent le chauffard. « To pe zigzage lor sime nef, to dan nisa. Li pe roule, li’nn tap avek enn fami », lance l’un d’eux, indigné.

Mais Sohail Sesungkur persiste et signe, comme si de rien n’était. « Kan loto inn tape ou fer enn konsta a lamiab saem tou », réplique-t-il, imperméable aux reproches.

La situation devient si tendue que des policiers de la Special Mobile Force doivent intervenir pour empêcher qu’elle ne dégénère. Puis arrivent les policiers des Line Barracks. Ils constatent immédiatement l’état de Sohail Sesungkur : somnolence, yeux rouges, il bégaie lorsqu’on l’interroge sur les circonstances de l’accident. Tous les signes d’une personne sous influence. Un test de dépistage de drogue est pratiqué. Résultat : positif. Après ce test, Sohail Sesungkur, comptable de profession, est autorisé à repartir.

Les occupants de la voiture accidentée n’en reviennent pas. Ils réclament des actions sévères contre ce type de chauffard et rappellent une promesse du Premier ministre Navin Ramgoolam. « Li antor li’nn konsome, li’nn vinn tap ar nou. Premie minis Navin Ramgoolam ti dir li pou sezi loto kouma ariv bann problem parey », lance l’un d’eux, amer.

Effectivement, en février 2025, quelques mois après sa prise de pouvoir, Navin Ramgoolam avait haussé le ton à la suite d’un accident survenu à D’Épinay, où des volontaires distribuaient de la nourriture aux pèlerins de Maha Shivaratree. « Nou pou pran bann mezir bien bien sever. Enn bann mezir nou pou fer divan, kouma enn dimounn, ladrog dan so loto ou bien li’nn bwar, so loto pou sezi. Nou pou bizin sanz lalwa, li pou bizin vinn bien bien server sa lalwa-la. Ladrog ek labwason pa gagn drwa pran ek kondir loto », avait martelé le Premier ministre. Des paroles qui résonnent aujourd’hui comme une promesse non tenue pour les victimes de cet accident.

Un habitué des ennuis

Pour Sohail Sesungkur, habitant de Moka, ce n’est qu’un énième chapitre d’une longue série de démêlés avec la justice. Le jeune homme collectionne les ennuis avec la police comme d’autres collectionnent les timbres.

En novembre dernier, il avait été écroué pour détention illégale d’arme à feu. Les faits : Sohail Sesungkur avait tenté d’accéder à l’aire de stationnement du VIP Lounge de l’aéroport de Plaisance à bord d’une voiture. Lors d’un contrôle, il avait justifié sa présence en affirmant qu’il venait récupérer l’Attorney General.

Mais en vérifiant la liste des VIP, le policier avait constaté que le nom de l’Attorney General ne figurait pas parmi les personnalités présentes. Interpellé et soumis à une fouille, les policiers avaient découvert en sa possession une arme à feu, des seringues ainsi que plusieurs clés de voiture.

En août 2025, vers 2 heures du matin, il avait été repéré par des policiers chargés d’assurer la sécurité aux abords de la résidence du Premier ministre Navin Ramgoolam à River Walk, Floréal, ainsi qu’à l’entrée principale de Clarisse House, résidence officielle d’État. Interpellé et conduit au poste de police de Vacoas, il avait été questionné sur sa présence aux abords de la demeure du Premier ministre à cette heure tardive de la nuit. Sa réponse ? « Mo’nn perdi sime, misie. »

En 2018 déjà, il avait été inquiété pour conduite sous l’influence de l’alcool, affichant 48 microgrammes d’alcool, après que sa voiture a terminé sa course contre un poteau électrique à Belle-Rose.

Lundi 29 décembre sur l’autoroute de Plaine-Lauzun, une famille a frôlé la mort. Un enfant de 8 ans aurait pu ne jamais fêter le Nouvel an. Tout cela à cause d’un chauffard sous l’influence de la drogue, au volant d’une voiture qu’il ne maîtrisait pas.Un chauffard qui, malgré son test positif, a été autorisé à repartir.

Chassez le naturel, il revient au galop. Et pour Sohail Sesungkur, visiblement, rien ne semble pouvoir le freiner.

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