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Abus de médicaments : les stimulants sexuels bientôt sur ordonnance

pharmacy L’arrivée de nouvelle mesures réjouit certains pharmaciens.

Un abus de certains médicaments a été observé. Ce qui a incité le ministère de la Santé, à la demande des pharmaciens du privé, à revoir la liste des médicaments qui peuvent être délivrés en vente libre et ceux qui nécessitent une ordonnance.

Selon la Pharmacy Act, tous les médicaments devraient être vendus sur ordonnance. Mais la réalité est toute autre, ce qui a entraîné l’abus de certains produits disponibles en « vente libre », c’est-à-dire sans la prescription d’un médecin. À la demande des pharmaciens du privé, le ministère espère mettre fin à cette pratique en reclassifiant les médicaments qui peuvent être délivrés sans ordonnance et ceux qui nécessitent une prescription. Cela devrait limiter l’accès à certains produits, selon Arshad Saroar, président de la Pharmaceutical Association of Mauritius (PAM). Cette mesure devrait prendre effet dans quelques mois. « Le comité vient d’être mis sur pied et nous sommes encore au stade de discussions », nous a confié un pharmacien.

« Les lois régissant la vente des médicaments doivent être amendées », explique Arshad Saroar. Il ajoute qu’au niveau de la PAM, cette reclassification viendra établir la liste des produits pharmaceutiques afin qu’il n’y ait pas de confusion pour les pharmaciens et pour le public.

La démarche du ministère de la Santé vise à mettre fin ou tout au moins freiner l’abus dans la prise de certains médicaments. Parmi les produits qui sont les plus cotés : stimulants sexuels, cortisone et anti-inflammatoires. « Un jeune de moins de 30 ans n’a pas besoin de prendre des stimulants sexuels mais ils sont nombreux dans cette tranche d’âge qui en font la demande », souligne une pharmacienne.

Certains clients veulent en acheter pour soigner une simple grippe alors que cela n’est pas nécessaire. « En tant que pharmacienne consciencieuse, je vais refuser d’en donner, mais malheureusement il y a des brebis galeuses dans la profession qui ne vont penser qu’aux bénéfices financiers ». Idem pour les anti-inflammatoires dont l’abus peut causer des problèmes cardiovasculaires, explique-t-elle.

La pharmacienne ajoute qu’il n’y avait pas une vraie classification des médicaments et qu’à l’exception de certains produits classifiés sous la Dangerous Drugs Act tels que les produits psychoactifs et les antibiotiques, pratiquement tous les produits pharmaceutiques sont disponibles en vente libre. « C’est mieux qu’un patient consulte un médecin avant de prendre un produit pharmaceutique. Il aura un meilleur suivi », explique-t-elle.

La pharmacienne se réjouit de l’arrivée prochaine de ces nouvelles mesures. Pour elle, la reclassification viendra mettre de l’ordre dans cette jungle qu’est actuellement la vente de médicaments qu’on trouve aussi bien dans les grandes surfaces que dans les boutiques. « Cela va contribuer à assainir la profession », dit un pharmacien.

Vente illégale

La vente de médicaments dans les grandes surfaces, les boutiques et sur les trottoirs est une mauvaise pratique, selon nos différents interlocuteurs. Avec les nouvelles mesures à venir, les autorités devraient interdire ce genre de pratique. Le ministère de la Santé, celui du Commerce et la police devraient intervenir pour mettre fin à cette pratique.