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Abdool Aslam Noursing : «Mo pann gagn lazistis»

Par Le Défi Quotidien
Publié le: 25 May 2026 à 13:30
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Abdool Aslam Noursing réclame justice après l’acquittement de Vishal Shibchurn.
Abdool Aslam Noursing réclame justice après l’acquittement de Vishal Shibchurn.

Dix ans après une violente agression au sabre qui lui a coûté ses deux poignets, Abdool Aslam Noursing, 37 ans, se bat toujours pour se reconstruire. Devenu dépendant au quotidien, ce père de famille réclame justice après l’acquittement de l’homme qu’il accuse d’avoir bouleversé sa vie à jamais.

Abdool Aslam Noursing, âgé de 37 ans, est un homme meurtri. Sa vie a basculé brutalement le 1er mars 2016, lors d’une agression au sabre qui lui a coûté ses deux poignets. Dix ans après les faits, ce père de deux enfants tente toujours de se reconstruire. Il dépend quotidiennement de l’aide d’une tierce personne pour prendre son bain, manger, s’habiller ou encore préparer ses repas. Cet habitant de Port-Louis affirme que sa vie est toujours menacée.

Assis sur une chaise, le regard chargé de tristesse, Abdool Aslam Noursing, ancien chauffeur de dépanneuse, s’est retrouvé du jour au lendemain sans emploi, avec deux enfants mineurs à sa charge après son divorce. Toutefois, dit-il, grâce au soutien de ses proches et à sa foi en Dieu, il a pu surmonter cette épreuve, tant bien que mal. Aujourd’hui, il affirme être plus indépendant, même si certaines tâches du quotidien lui restent impossibles sans assistance, comme manger, se doucher ou s’habiller.

Mais l’homme refuse de baisser les bras : « Li bien difisil pou mwa pou mo viv koumsa. Mo pann gagn lazistis. Mo reklam zistis ek mo dimann ki direkter pourswit piblik (DPP) relev sa ‘case’-la. »

Dans cette affaire, Sitaram Roshiswar (Vishal) Shibchurn, âgé de 52 ans, a été blanchi, le 22 mai 2026, par la cour intermédiaire, en raison d’incohérences dans le témoignage du déclarant, Abdool Aslam Noursing, et d’un manque de preuves suffisantes. (Voir plus loin)

Revenant sur cette nuit dramatique, Abdool Aslam Noursing raconte : « Vers 23 h 30, j’ai reçu un appel pour une panne de véhicule à Cluny afin de transporter la voiture jusqu’à Dubreuil. J’ai indiqué à mon interlocuteur, Vishal Shibchurn, que le coût serait de Rs 3 000. Il m’a répondu qu’il n’avait que Rs 2 200 sur lui et que la différence me serait payée à son arrivée à Dubreuil. »

Arrivé sur place, le trentenaire explique avoir stationné son véhicule devant celui en panne. Alors qu’il retirait une chaîne, il affirme que Vishal Shibchurn l’a surpris par-derrière et lui a asséné un coup de sabre à la tête. En se retournant, il dit avoir reçu plusieurs autres coups aux épaules, puis aux hanches et aux jambes, provoquant une importante perte de sang avant qu’il ne s’effondre au sol. « Mo lame ti anba lor sol », souligne-t-il. C’est alors que Vishal Shibchurn lui aurait porté un autre coup au bras avant qu’il ne perde connaissance.

Son cousin, Fadil Mohammad Edoo, qui était sur place, a, lui aussi, été agressé. Il a pu prendre la fuite avant que la situation ne dégénère davantage.

À son réveil, le lendemain, à l’hôpital Jawaharlal Nehru de Rose-Belle, il retrouve à son chevet ses proches : sa mère, son père et ses trois sœurs. Sa mère l’aide à boire une tasse de thé. Abdool Aslam Noursing remarque que ses deux mains sont bandées, sans comprendre pourquoi. Sa mère lui dit :« Nou pou demann remet to lame ».

Toujours sous le choc, il apprend que ses poignets ont été sectionnés. Le médecin lui annonce également qu’il pourrait ne plus marcher en raison de la gravité de ses blessures. Prenant son courage à deux mains, le trentenaire tente alors de se lever, mais s’effondre, affaibli. Il se relève une deuxième fois et réussit à faire quelques pas. « Sa moman-la, mo bizin dir ki Allah inn donn mwa kouraz. San Li, kitfwa mo pa ti pou kapav marse », confie-t-il. « Zot tou ti gagn sok kan monn leve ek marse », ajoute-t-il.


Les raisons derrière cette agression

Selon Abdool Aslam Noursing, avant l’agression, sa mère, qui voyageait à bord d’un autobus, avait eu une altercation avec un receveur. Ce dernier aurait exigé de voir son visage, alors qu’elle portait le voile. Elle lui aurait alors présenté sa carte de transport pour personnes âgées, mais le receveur voulait s’assurer que la photo correspondait bien à la passagère. Il affirme que sa mère aurait été agressée lors de cet incident et qu’une plainte avait été consignée au poste de police de Plaine-Magnien. Elle avait également reçu des soins à l’hôpital à la suite de cette altercation. Pour Abdool Aslam  Noursing, cette attaque serait liée à un acte de vengeance. « Se enn vanzans ek zot ti anvi donn mwa enn pinision », confie-t-il.

Les impacts et séquelles

Au moment des faits, Abdool Aslam Noursing avait la responsabilité de ses deux fils, Ismaël et Ibrahim, alors âgés de 15 et 12 ans. Il évoque : « Vremem pa fasil viv avek sa andikap-la. Bizin ed mwa toulezour pou manze, abiye ek begne. Mo remersie mo fami ki toultan ek mwa. Zame zot finn fer mwa resanti mo andikap. Pou mo bann zanfan, li ankor difisil. ». Il avance que ce drame a bouleversé la vie de tous ses proches. Les larmes aux yeux, cet homme raconte qu’il n’a pas pu prendre ses enfants dans ses bras à cause de son handicap, une douleur encore très vive aujourd’hui. Sans emploi, il vit uniquement grâce à une aide sociale de Rs 20 500. « Cet argent n’est pas suffisant. Heureusement, mes parents m’aident financièrement », dit-il. Petit à petit, il tente de se reconstruire. Le trentenaire arrive aujourd’hui à utiliser son téléphone, allumer un interrupteur et parfois même à s’habiller seul, selon le type de vêtements. Mais utiliser les toilettes reste compliqué. « Mo montre zot ki mo for. Me li pa fasil ditou » lâche-t-il. Abdool Aslam Noursing évoque aussi le regard des autres, difficile à supporter. « Dimounn get ou kouma dir zot mal alez, ou mem ou santi ou mal lerla » , explique-t-il.

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