People

Aarti, une femme au grand courage

La vie ne lui a pas fait de cadeau. Mais Aarti, qui vit seule avec sa mère âgée, est une battante et veut s’en sortir malgré son handicap. Voici l’histoire poignante d’Aarti, personne de petite taille.

Publicité

Aarti, la dernière d’une fratrie de six enfants, n’a pas  eu une enfance de tous repos à cause de son handicap. Âgée de 44 ans, elle vit seule avec sa mère dans le village de Laventure (Est). Les deux hommes qui étaient à leurs côtés ne sont plus de ce monde.

« Mon père est décédé, il y a une vingtaine d’années. Mon frère, qui prenait soin de ma mère et de moi, est lui aussi décédé, il y a deux mois », raconte Aarti. Elle explique que son frère a sombré dans le désespoir et a cherché refuge dans l’alcool, après le décès de son épouse diabétique, il y a environ deux ans.

Depuis la disparition du frère, Aarti et sa mère ont été livrées à elles-mêmes. La vie d’Aarti est un combat de tous les instants, car elle doit se déplacer à l’aide d’un déambulateur. « Je peux cuisiner, passer un coup de balai dans la maison. Je peux aussi faire la lessive et ma mère m’aide pour le séchage », déclare-t-elle.

La cuisine aménagée spécialement pour Aarti.

Malgré sa débrouillardise, elle a du mal à accomplir certaines tâches. Elle compte beaucoup sur sa mère qui, malgré son âge avancé, n’a jamais cessé de prendre soin de sa fille. C’est elle qui va faire les courses au supermarché ou au marché de Flacq. « Malheureusement, il y a des chauffeurs de bus qui refusent de s’arrêter, quand ils la voient à l’arrêt d’autobus », regrette sa fille.

Aarti et sa mère.

La mère d’Aarti est légèrement dur d’oreille et converse en bhojpuri. Dans sa jeunesse, elle travaillait aux côtés de son mari dans un champ de cannes loué à bail.

La tristesse dans ses yeux et le timbre de sa voix révèlent qu’Aarti souffre de la solitude. « Personne ne nous rend visite. Personne ne vient prendre des nouvelles de notre santé ou nous demander si nous avons besoin de quelque chose. Ma mère fait son possible, mais quand nous avons besoin d’un coup de main, nous faisons appel à quelqu’un contre une modeste rémunération », déclare-t-elle. Aarti ajoute qu’il y a un jeune homme qui va heureuse­ment chercher le gaz pour elles gratuitement.

Est-ce que les associations sociales du village sont au courant de la situation des deux femmes ? « Il ne semble pas y avoir de fraternité à Laventure. Du moins, je n’en ai pas été témoin. Je dois dire que ma mère n’appartient à aucune association. Donc, nous sommes esseulées », répond Aarti.

Et les autorités ? Est-ce que la Sécurité sociale ou le ministère de la Santé s’inquiètent de leur bien-être ? « Non, pas vraiment. Il y a quelqu’un de la Santé qui passe une fois par an », dit-elle. Et ses sœurs ? « Elles viennent nous voir pour le Nouvel An. Elles ne viennent pas régulièrement », indique-t-elle.

Faute de moyens et d’aide pour sortir, Aarti passe toutes ses journées dans sa petite maison d’une chambre à coucher, d’une cuisine et d’une petite dépendance. « Quand mon père était encore vivant, il m’emmenait en taxi faire des visites. Mais depuis qu’il n’est plus là, nous n’avons personne pour nous sortir. Et puis, nous n’avons pas les moyens pour payer un taxi », avance-t-elle.

Ridiculisée

Aarti quitte la maison seulement quand elle doit se rendre à l’hôpital. Cet exercice, dit-elle, lui est parfois pénible. Non seulement à cause de son incapacité physique, mais aussi parce qu’on se moque d’elle quand elle pose des questions ou cherche de l’aide.

De plus, elle doit acheter ses médicaments. « Je dois débourser régulièrement près de Rs 2 000. Quand j’ai voulu savoir si je ne pouvais pas avoir les médicaments dont j’ai besoin de l’hôpital, au lieu de me répondre correctement, on m’a ridiculisée », regrette-t-elle.

La vie n’a pas fait de cadeau à Aarti, mais elle veut se battre jusqu’au bout. Bien qu’elle soit très limitée physiquement, elle fait un effort pour garder sa maison propre. « L’hygiène est importante à mes yeux. J’arrive à nettoyer tout ce qui est au bas. Mais cela se complique quand je dois m’occuper de tout ce qui se trouve hors de ma portée », déclare-t-elle. Aarti révèle que sa mère et elle aiment bien regarder les séries indiennes sur leur petit téléviseur. Pour le moment, sa mère prend soin d’elle. Que se passera-t-il quand elle ne sera plus là ?

Aarti cherche de l’aide. « L’insécurité m’angoisse. Et si quelqu’un s’en prenait à nous ? Les gens sont très mauvais de nos jours. Je lance un appel pour nous aider à sécuriser notre cour. Je ne demande pas d’argent. Je voudrais plutôt que quelqu’un nous fasse don d’une haie métallique et la fasse installer sur le petit mur en bloc qui existe déjà. Notre cour n’est pas grande », déclare-t-elle, la voix remplie d’espoir.

 

Notre service WhatsApp. Vous êtes témoins d`un événement d`actualité ou d`une scène insolite? Envoyez-nous vos photos ou vidéos sur le 5 259 82 00 !