À 2 ans, il meurt étouffé par une friandise : «Tout dans cette maison respire Azrael»
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Le Dimanche /L' Hebdo
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Chez les Sournoise, à Résidence Ville-neuve, Sodnac, chaque objet raconte désormais l’absence d’un enfant. Un jouet oublié dans un coin, une voix qui ne résonne plus dans la maison, un silence qui semble trop lourd pour être réel. Depuis lundi après-midi, Emmanuel et Sandra tentent d’apprendre à vivre avec l’impensable : la perte de leur petit Azrael, âgé de seulement 2 ans, mort après s’être étouffé avec une friandise.
Quelques jours avant ce drame qui allait bouleverser leur famille, les deux parents avaient pourtant ressenti quelque chose d’étrange. Une inquiétude diffuse, un malaise impossible à expliquer. Comme si, sans savoir pourquoi, leur cœur pressentait qu’un événement douloureux allait survenir.
« Je ne me sentais pas bien du tout. J’avais comme un gros chagrin sur le cœur, dont je ne connaissais pas la raison », raconte Sandra, la voix encore marquée par l’épreuve. Pendant une semaine, ce sentiment ne l’a pas quittée. Elle en avait même parlé à son époux, Emmanuel. Tous deux pensaient alors que cette tristesse soudaine était liée à la fatigue.
Mais le malaise persistait. Sandra était finalement allée consulter et avait obtenu trois jours de congé. « Je priais et je demandais ce qui n’allait pas. Comme Emmanuel est vice-président du Kolektif 420, je pensais qu’il pourrait lui arriver quelque chose dans sa lutte », explique-t-elle.
Pour tenter de chasser cette sensation qui l’oppressait, elle avait cherché à profiter des petits moments de bonheur avec sa famille. Un jour, alors qu’Azrael était à la crèche, elle était partie à la plage avec son époux pour nager un peu.
Ce sentiment étrange n’épargnait pas non plus Emmanuel. Le père d’Azrael ressentait lui aussi un malaise inhabituel. « J’avais comme une brûlure à l’estomac. J’ai cette sensation à chaque fois que je subis un stress. Mais dernièrement, il n’y avait aucune raison que je ressente cela. Tout allait bien », confie-t-il.
Le dimanche précédant le drame, la famille avait encore partagé un moment heureux. Tous étaient partis à la plage de Baie-du-Tombeau. Une sortie que le petit garçon aimait particulièrement. « Azrael adorait ces moments à la mer », se souvient son père.
Puis est arrivé le lundi 6 juillet. Après avoir repris le travail, Emmanuel et Sandra sont rentrés chez eux. Pourtant, le père du petit garçon garde le souvenir d’une journée où il n’avait pas vraiment le cœur à sortir. Des amis lui avaient proposé de venir boire un verre après le travail, mais il avait refusé. « Je voulais voir ma famille, être auprès de mes enfants et profiter d’eux », raconte-t-il.
Cet après-midi-là, la maison était animée. Sandra, son époux, la belle-mère de celui-ci et les enfants étaient tous présents. Des friandises avaient été achetées. Comme souvent, Azrael était heureux de pouvoir en manger. « Il adorait cela. Je me suis mis au lit un instant, simplement pour me reposer un peu », explique Emmanuel.
Pendant ce temps, Sandra donnait le bain à ses fils. Elle s’occupait de chacun d’eux à tour de rôle dans la salle de bains. Azrael, lui, était à proximité, en train de manger une friandise. Puis, en quelques secondes, l’atmosphère de la maison a changé.
Le petit garçon s’est approché de sa mère, paniqué. Il lui a montré sa gorge. Sandra comprend immédiatement ce qui vient de se produire. « J’ai tout de suite compris qu’il avait avalé cette friandise. Je lui ai tapé dans le dos, puis je suis allée chercher son père », raconte-t-elle.
Emmanuel se lève immédia-tement. Ayant des connaissances en premiers soins, il tente d’intervenir. Les gestes de secours sont effectués, mais rien ne permet de dégager les voies respiratoires de l’enfant. « On a aussi essayé de retirer la friandise de sa gorge, mais sans succès. Il fallait faire vite », raconte le père.
Alors, sans même prendre le temps de réfléchir, les parents prennent leur enfant et quittent la maison. Pieds nus, ils descendent les escaliers et montent dans la voiture en direction de l’hôpital Victoria, Candos. Pendant le trajet, Sandra garde son fils contre elle. Elle tente de le maintenir dans une position qui pourrait l’aider. « Je ne cessais de demander à Dieu de sauver mon fils », murmure-t-elle.
Aux urgences, Azrael est immédiatement pris en charge par l’équipe médicale. Mais malgré les efforts des médecins, le petit garçon ne survit pas. « Ils ont tout fait pour sauver notre enfant. Ils ont essayé de le ranimer. Tout cela se passait sous nos yeux. Puis, le médecin est venu nous annoncer qu’Azrael avait succombé », raconte Emmanuel.
Depuis cette soirée, les images du drame reviennent sans cesse. Pour Sandra, chaque pièce de la maison rappelle son enfant disparu. « Ces images défilent en boucle dans ma tête. Je n’arrive pas à m’en détacher. Tout dans cette maison respire Azrael », confie-t-elle.
Avec le recul, la mère de famille donne aujourd’hui un autre sens à ce sentiment qui l’avait habitée durant toute la semaine précédente. Elle y voit un avertissement, un signe qu’elle n’avait pas compris. « C’était comme une prémonition qui m’avertissait du malheur qui allait s’abattre sur nous. Je pensais que c’était mon époux qui allait avoir des ennuis. Mais c’est de mon fils dont il s’agissait », dit-elle.
Pour Emmanuel, son fils était bien plus qu’un enfant. « C’était un petit ange de passage dans notre vie. C’était encore un innocent », souffle-t-il.
Aujourd’hui, la famille avance avec une douleur immense, mais aussi avec ce qui lui reste : la foi et l’amour des siens. Les parents puisent leur force auprès de leurs autres enfants et dans leurs prières. « Nous sommes très religieux et nous prions beaucoup. Sans cela, je crois que j’aurais pu partir avec mon fils ou faire une dépression », confie Sandra, sous les yeux de sa mère Linda.
Cette dernière était celle qui accompagnait chaque matin Azrael à la crèche. Ces trajets étaient devenus leur petit rituel, un moment de complicité entre une grand-mère et son petit-fils. Aujourd’hui, les matins ne sont plus les mêmes. Les rires d’Azrael ont laissé place au silence.
Mais ses proches veulent croire que cette séparation n’est pas définitive. « Nous savons que nous le reverrons », disent-ils.