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100e voyage global : escale du Peace Boat à Port-Louis

Konnichiwa Maurice… C’est aux aurores que le Peace Boat a jeté l’ancre au Christian Decotter Cruise Terminal à Les Salines, le mardi 15 janvier. Il a repris la mer le même jour vers 18 heures. Son escale de douze heures à Maurice s’inscrit dans le cadre de son 100e voyage mondial. Embarquons.

13 h 36 : Contrôle de sécurité. Tout de suite après, on retrouve les escaliers menant aux différents étages du Peace Boat qui fait 2 m 50 de long avec un tirant d’eau de 7,5 m. Louise Nygaard Sorensen, la coordinatrice internationale du Peace Boat, nous invite à découvrir les lieux. Dès l’ouverture des portes, c’est l’émerveillement. On se croirait dans un hôtel qui flotte ! Réception, boutiques de souvenirs, restaurants, salles de détente, piscine, salles de conférence, salles de cinéma, gym, : une réplique de la série télévisée La croisière s’amuse.

Le Peace Boat a accueilli 1000 participants lors de ce voyage.
Le Peace Boat a accueilli 1000 participants lors de ce voyage.

1 000 passagers à bord

Le Peace Boat permet des dialogues et des échanges entre les participants.
Le Peace Boat permet des dialogues et des échanges entre les participants.

Le Peace Boat compte environ 1 000 passagers à son bord. Parmi, 70 % sont des Japonais et les 30 % restants sont de nationalités diverses. « Fondé en 1983, le Peace Boat est une ONG internationale basée au Japon qui a pour mission de promouvoir la paix, les droits de l’homme, le développement durable et le respect de l’environnement, entre autres », explique Louise Nygaard Sorensen. Et d’ajouter que l’ONG exerce ses principales activités via Ocean Dream, un navire à passagers, affrété par Japan Grace Co. Ltd. Le Peace Boat effectue tous les ans trois voyages à travers le monde et un court voyage régional en Asie.

100e voyage global

Le Peace Boat a quitté Yokohama le 26 décembre pour entamer son 100e voyage global. Après une première escale en Chine et une deuxième à Singapour, il a accosté à Port-Louis. Cela, avant de mettre le cap sur l’île de La Réunion le même jour. S’ensuivront : Madagascar, l’Afrique du Sud, la Namibie, le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay, le Chili, les Easthern Islands, Tahiti et Samoa, pour ensuite regagner le Japon le 1er avril.

Louise Nygaard Sorensen.
Louise Nygaard Sorensen.

Initialement passagère sur le Peace Boat pour réaliser des recherches pour sa maîtrise en anthropologie, Louise Nygaard Sorensen a par la suite rejoint l’ONG en tant que volontaire afin d’enseigner l’anglais à son bord. Ayant pris goût aux activités et causes de l’ONG, elle a fini par intégrer le personnel.  

35e anniversaire d’existence

Louise Nygaard Sorensen précise que ce voyage est également spécial, car elle marque le 35e anniversaire du Peace Boat. Elle raconte que le premier voyage du Peace Boat a été organisé en 1983 par un groupe d’étudiants japonais. C’était une réponse créative à la censure du gouvernement par rapport à l’agression militaire perpétrée par le Japon dans la région Asie-Pacifique.

« Ils ont affrété un navire pour se rendre dans les pays voisins, dans le but de recueillir des informations sur la guerre directement auprès de ceux qui l’ont vécue et d’initier des échanges interpersonnels », explique-t-elle.
Aujourd’hui, le Peace Boat est un petit village flottant pour la paix et sert en tant qu’espace neutre au-delà des frontières. Elle promeut l’esprit  communautaire et permet des dialogues et des échanges intellectuels entre les participants à bord et ceux qui rejoignent le navire aux différents ports où il jette l’ancre.

Conférence de Percy Yip Tong

Percy Yip Tong (au centre), était ‘guest educator’ à bord.
Percy Yip Tong (au centre), était ‘guest educator’ à bord.

Louise Nygaard Sorensen indique que le Peace Boat a accueilli, lors de son escale à Singapour, Percy Yip Tong qui les a rejoints en tant que « guest educator ». Lors de son passage à bord, le Mauricien en a profité pour parler de l’identité créole, d’histoire, d’art et de la culture de son pays, avant de regagner Maurice le 15 janvier. La coordinatrice internationale fait ressortir que les activités à bord du Peace Boat s’articulent autour de la paix, des droits de l’homme, du développement durable et du respect de l’environnement.

Le navire invite des « guest educators », appelés Mizuans. Ces derniers sont des artistes, journalistes, musiciens, auteurs, activistes d’ONG, intellectuels, etc. Le Peace Boat jouit d’un statut consultatif spécial auprès du Conseil économique et social des Nations unies.