Zine Ben Yahmed : «C’est la femme qui éduque les générations de demain»

Par Patrice Donzelot O commentaire
Zine Ben Yahmed

Zine Ben Yahmed, Head of Institutional Relations et Head of Business Development du groupe Jeune Afrique, était en visite à Maurice la semaine dernière. Le Défi Quotidien l’a rencontrée alors qu’elle prépare l’édition 2018 de l’Africa CEO Forum.

L’un des principaux thèmes du dernier Africa CEO Forum a été l’accès des femmes aux plus hauts postes de responsabilité des entreprises. En tant que femme et avec votre expérience, quelle lecture faites-vous de la situation en Afrique ?
La dernière édition a proposé deux initiatives destinées aux femmes. Nous leur accordons davantage d’importance. Nous identifions dans chaque pays une ambassadrice pour motiver les femmes et rassembler les plus influentes d’entre elles. Nous avons aussi identifié de jeunes leaders. Pour moi, qui voyage dans de nombreux pays, notamment en Afrique, je dirais qu’il n’y a pas partout les mêmes mentalités et les mêmes pratiques. J’ai vu des choses très différentes.

Dans certains pays, les femmes accèdent à des postes de haut niveau et elles sont très écoutées, comme au Sénégal. Dans d’autres pays, il y a encore beaucoup d’efforts à faire, il y a un vrai combat à mener. C’est la femme qui éduque les générations de demain. Elle a donc un rôle énorme à jouer et elle le joue dans beaucoup de pays africains, où les femmes sont le moteur de l’économie. Il faut montrer ces exemples, montrer ces femmes qui ont réussi.

Peut-on s’attendre à voir un jour Maurice accueillir un événement de Jeune Afrique, tel que l’Africa CEO Forum, par exemple ?
Concernant l’Africa CEO Forum, Maurice a évidemment toutes les infrastructures nécessaires et les prestations de services sont impeccables. Dans l’absolu, cela aurait été une très bonne idée. Le seul inconvénient reste la connexion aérienne. Bien souvent, quand un chef d’état se déplace, il reste une demi-journée, voire trois ou quatre heures.

Il n’est pas évident de faire un vol de 12 heures avec une escale pour venir à Maurice. Néanmoins, nous aimerions sonder les besoins des patrons mauriciens et de la région pour voir comment le groupe Jeune Afrique peut les accompagner, avec un partenaire local solide et monter un événement qui réponde à leurs besoins.