[Vidéo] Xplik Ou K Santé : une femme enceinte sur sept atteinte du diabète gestationnel

Par Jean-Marie St Cyr O commentaire
Xplik Ou K Santé

Avoir le diabète n'est pas une fatalité. Mais les femmes souhaitant fonder une famille doivent prendre les mesures appropriées. C'est ce qu'ont fait ressortir les invités de l'émission Xplik ou K Santé de Radio Plus. Nouvelle plateforme du Défi Média Group, un site de santé a été lancé ce jour-là.

Une femme sur sept est affectée par le diabète de grossesse (diabète gestationnel). Cette situation est préoccupante. Les centres hospitaliers du ministère de la Santé offrent l'encadrement nécessaire pour les femmes enceintes qui y suivent leur traitement. C'est ce qu'a affirmé l'obstétricienne et gynécologue Himla Bhoma à l'hôpital Dr A. G. Jeetoo. Des examens d'urine sont effectués à la 24e semaine de la grossesse pour vérifier si la femme n'a pas le diabète de grossesse.

La femme a été placée au centre de la Journée mondiale du diabète, qui a été observée, le mardi 14 novembre, car de par son rôle et ses responsabilités, elle a droit à un avenir en bonne santé. « La femme occupe plusieurs positions de responsabilités au sein de la société, dont celle de mère et d'épouse », a expliqué le diabétologue Yaasir Oozeer à l'hôpital de Souillac. Ainsi, en sensibilisant les femmes, c'est toute la famille qui est sensibilisée car la femme a souvent le rôle d'éducatrice au sein de la famille, a-t-il souligné.

Trois principaux repas

Dans bien des foyers, la femme est aussi celle qui prépare les repas, a ajouté Aryamah Doomun, chef nutritionniste au ministère de la Santé. « À travers elle, c'est toute la famille qui peut profiter d'un repas sain et équilibré. » La nutritionniste a aussi souligné l'importance des trois principaux repas de la journée : le petit-déjeuner, le déjeuner et le dîner. « Les trois doivent être équilibrés, afin d'avoir toutes les sources d'hydrates de carbone, protéines et vitamines nécessaires au bon fonctionnement de l'organisme. »

Au cours de cette émission, l'accent a aussi été mis sur l'importance d'une bonne prise en charge de la femme diabétique, si elle souhaite fonder une famille, les moyens à mettre en œuvre pour prévenir le diabète gestationnel et la gestion de la maladie, afin de ne pas mettre en péril le fœtus. Pour Aryamah Doomun, les adolescentes devraient faire des bilans de santé régulièrement afin qu'elles soient en bonne santé pour avoir une bonne grossesse à l'âge de fonder une famille. « Cela est important pour une femme enceinte, pour sa santé et celle de son enfant. »

Le diabétologue a fait ressortir que la mauvaise alimentation et la vie sédentaire ont une incidence non seulement sur la santé de la femme qui va procréer, mais aussi sur celle de l'enfant qu'elle va porter. L'obésité et une mauvaise alimentation peuvent contribuer au développement du diabète gestationnel. Dans d'autres cas, la femme est peut-être diabétique, avant même la conception. Mais en l'absence d'un test de dépistage, c'est au moment de la grossesse qu'elle découvre son état de santé réel.

Les trois invités du plateau de l'émission Xplik ou K Santé ont ainsi mis l'accent non seulement sur une alimentation saine,  équilibrée et la pratique d'une activité physique régulière, mais aussi sur l'importance du test de dépistage du diabète. Cela dès la vingtaine.


Possible accouchement difficile

Une des conséquences du diabète pendant la grossesse, c'est le stress de la maman et un accouchement difficile. La délivrance peut être provoquée dès la 37e semaine de grossesse, explique le Dr Bhoma. Cette étape peut être plus douloureuse car il y a plus d'interventions pour déclencher l'accouchement. Dans certains cas, la césarienne peut s'avérer nécessaire, surtout si le bébé est trop gros. Mais cela comporte des risques d'infections.

L'obésité et la mauvaise alimentation sont les principaux facteurs qui engendrent le diabète gestationnel. Une patiente diabétique est plus à risques d'avoir une infection et les complications ne sont pas à écarter. Le diabète de grossesse peut disparaître après l'accouchement, mais ,dans certains cas, les femmes peuvent avoir été diabétiques avant la grossesse. Si la femme n'est pas diabétique après l'accouchement, elle encourt le risque d'un retour de la maladie à la ménopause. Si une femme a eu le diabète gestationnel lors d'une grossesse antérieure, elle est à risques d'avoir à nouveau le diabète au cours d'une prochaine grossesse.


Repas équilibré

« Ce n'est pas compliqué d'avoir un repas équilibré. Cela ne demande pas de gros efforts non plus et c'est très simple. » C'est ce qu'a affirmé Aryamah Doomun. Ce sont des changements acceptables comme supprimer le sucre qu'on peut retrouver dans d'autres aliments. Les trois repas majeurs doivent être équilibrés et obligatoires, car c'est cela qui va donner l'énergie dont on a besoin pour fonctionner correctement.

La collation est possible entre les repas mais pas le grignotage. Il est possible de prendre un yaourt, un fruit ou un sandwich. Les trois principaux repas doivent être sains, équilibrés et variés pour que le corps ait tout ce dont il a besoin: énergie (riz, farine, pain); protéines qui est essentiel surtout pendant la grossesse.


Pathologie

Trois types de diabète

Il y a trois types de diabète : type 1, type 2 et diabète gestationnel. Le diabète de type 1 touche quelque 700 personnes à Maurice. Il survient dans certains cas à la suite d'une maladie pouvant engendrer un mauvais fonctionnement du pancréas. En sus d'une bonne alimentation et la pratique régulière d'une activité physique, la personne doit faire une injection d'insuline 4 fois par jour pour pouvoir contrôler son diabète.

Le diabète de type 2 peut être, soit héréditaire, soit le résultat d'une mauvaise hygiène de vie qui résulte de l'obésité et du cholestérol. Là, il y a une résistance à l'insuline et cela va faire grimper le taux de sucre. Avoir une alimentation équilibrée, la pratique d'une activité physique et la perte de poids aideront à mieux contrôler le diabète. Il y a aussi la prise de médicaments qui est primordiale.


Maladie silencieuse

Les femmes ne sont pas plus vulnérables que les hommes s'agissant du diabète. Elles ont toutefois six fois plus de risque de développer les maladies cardiovasculaires et cérébro-vasculaires. Le risque n'est que de deux à trois fois plus élevé chez les hommes. C'est ce qu'a fait ressortir le diabétologue Yaasir Oozeer.

Le diabète est une maladie silencieuse qui ne présente aucun signe dans de nombreux cas. Quand on découvre la maladie il est souvent trop tard, les organes étant déjà affectés. Les symptômes connus du diabète sont une sensation de soif, l'envie d'aller uriner régulièrement, la faim et une perte de poids en même temps, la lente cicatrisation d'une plaie ou encore des engourdissements dans les mains et les pieds. Il est possible également d'avoir le sommeil agité ainsi qu'une fatigue inexpliquée. Les infections urinaires récurrentes sont un autre signe possible du diabète.

Il est important de faire régulièrement un test de dépistage du diabète, afin de bénéficier d'une rapide prise en charge. Ce conseil s'applique à tout le monde, particulièrement à ceux qui ont des antécédents familiaux. Le diabète est une maladie chronique. Il est toutefois possible de bien vivre avec la maladie en suivant son traitement convenablement et en adoptant un mode de vie sain. Être prédiabétique ne signifie pas qu'on aura automatiquement le diabète. En changeant son mode de vie et en ajustant son poids, il est possible d'inverser la tendance et ne pas avoir le diabète. « L'espoir est là, il faut juste faire l'effort », a soutenu le Dr Yaasir Oozeer.

Une femme qui a déjà eu le diabète gestationnel doit se faire à l’idée qu'elle peut avoir le diabète, car c'est un des facteurs de risque. Mais il y a aussi l'obésité et le facteur héréditaire.