Violence conjugale : à 76 ans, elle cherche un ‘Protection Order’ contre son époux de 81 ans

Par Reshad Toorab O commentaire
Mariette

C’est un véritable cri de détresse que lance une aveugle de 76 ans. Elle est prisonnière, dit-elle, dans sa propre maison et subit les violences de son mari. Des démarches sont en cours pour qu’elle puisse obtenir un ‘Protection Order’. 

« Li  dir mwa : dir gramerci senyer, si mo karakter ti kouma avan mo kas kiksoz ar twa »

La police de Roche-Bois a enregistré une plainte pour violence conjugale contre un ségatier de 81 ans. L’épouse de ce dernier, une aveugle, l’accuse de la battre et d’entretenir une relation extraconjugale avec une autre femme. Ne pouvant plus supporter les brutalités qu’elle endure depuis 55 ans, Mariette a décidé de demander un Protection Order.

La vie n’a jamais été facile pour Mariette. Après son mariage, elle a donné naissance à cinq enfants. Puis, elle a fini par développer plusieurs maladies, dont le diabète, avant de perdre la vue, il y a cinq ans. En sus de son combat contre la maladie, elle dit devoir faire face à un mari violent. Elle n’en peut plus. « Toulezour lager, zoure bel bel betiz… Semenn pase li pe sorti li pe ale avek so beki, pa kone ki li dir mwa, mo reponn li. Li vini li pran sa bekil la, li fons dan mo ledo. Li  dir mwa : dir gramerci senyer, si mo karakter ti kouma avan mo kas kiksoz ar twa », nous confie la septuagénaire.  « C’est mon lot quotidien.Touletan pa kapav kum sa », lance-t-elle.

Dans un triste état

Le vendredi le 14 juillet, elle s’est retrouvée à l’hôpital. Sa fille, qui s’occupe d’elle, l’a trouvée dans un triste état ce jour-là. Elle se tordait tellement de douleur que sa fille a jugé urgent d’appeler ses frères et sœurs. Ceux-ci ont finalement décidé d’emmener leur mère au poste de police avant de la conduire à l’hôpital. Mariette a porté plainte.

Le Family Support Bureau, a été saisi de cette affaire. Le nécessaire sera fait, ce lundi, pour que la septuagénaire obtienne un Protection Order.  

Nous avons rencontré Mariette à son domicile, dans un faubourg de la capitale. La vieille dame nous a fait le récit de son calvaire. « Je vis seule avec mon époux. Celui-ci a interdit à mes enfants d’habiter chez nous. Ils sont obligés de faire le va-et-vient pour jeter un œil sur moi. Mo finn marie an 1962 e depi 50 an, mo enn fam batu. Monn fatige met plint lapolis, al minister lafam… Partou mo finn ale pou rod led. Personn pann pran mwa kont », dit-elle.

Les enfants de Mariette expriment, eux aussi, leur chagrin. Ils ne semblent pas entretenir de bonnes relations avec leur père. Mario, l’un des fils, souhaite que les autorités concernées prennent les doléances de sa mère en considération. « Quand nous voulons rappeler notre père à l’ordre, à chaque fois qu’il frappe notre mère, il joue à la victime. Nou oule ki minister fer so lanket pou trouv laverite ek pran aksion ki bizin kont li », ajoute-t-il.

Les enfants du couple disent détenir des preuves que leur père néglige leur mère. Cette dernière serait laissée seule à la maison, tandis que l’octogénaire se la coule douce dans les bras de sa maîtresse. « Nous avons des photos qui prouvent son infidélité », dit Mario.

Le mari nie

Sollicité pour une réaction, l’époux de Mariette nie en bloc les allégations portées contre lui. Il affirme que ses enfants ont monté cette histoire de toutes pièces. « Je compte 55 ans de mariage et je mène une vie de couple heureuse. Je suis un artiste de carrière et mes enfants veulent nuire à ma réputation. En ce qui concerne les preuves qu’ils disent détenir, j’ai une explication toute simple. Je suis photographe et je fais des photos artistiques. Après tout, c’est ma vie privée », explique l’octogénaire.