Un Mauricien tué à La Réunion - La mère de Ziyaad Poomun : «Zot finn dekoup li kouma zanimo»

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Ziyaad Poomun

Muhammad Ziyaad Poomun, un marchand ambulant vivait à Saint-Denis, à l’île de la Réunion depuis 4 ans.

Son cadavre mutilé a été découvert par sa mère et son frère. Le présumé meurtrier, Johan Maruejouls, un récidiviste notoire de 25 ans. Sarah Poomun se confie pour la première fois sur « la barbarie » dont elle a été témoin.

« Monn rantre, monn kriye Ziyaad leve ! Kan monn rod lev so lekor, enn larivier disan koule. So lekor ti pe detase...»

Le visage carbonisé, les doigts sectionnés à la scie, une cinquantaine de plaies béantes sur tout le corps… C’est dans une baignoire que Sarah et Rezah Poomun ont découvert le cadavre mutilé de Ziyaad. Selon les témoins, tout laisse imaginer que le meurtrier du jeune homme a conservé le corps pour le vider de son sang avant de le découper à la un scie électrique.

Le vendredi 30 juin 2017, Sarah Poomun, la mère de Ziyaad qui vit à la Réunion, reçoit un appel téléphonique anonyme. Son interlocuteur lui demande de se rendre à une certaine adresse, car son fils est peut-être déjà mort. Sarah Poomun pense que son fils a fait un malaise. En arrivant devant la maison indiquée, la porte est fermée, mais la musique joue à fond. Sarah, son fils Rezah et une autre personne pénètrent à l’intérieur. Trois hommes, dont le présumé meurtrier, sont assis sur un sofa avec un verre à la main. Sur la table, une bouteille d’alcool et un paquet de cigarettes. Sarah leur demande où se trouve son fils. On lui répond que Ziyaad n’est pas là.

Crime sur fond de jalousie ?

Quand Sarah et son fils cherche à vérifier dans les chambres Johan Maruejouls les en empêche. C’est à ce moment que Rezah aperçoit ce qu’il pense être le pied de son frère. Quand il pousse la porte de la salle de bains, c’est l’effroi. « Kan monn trouv figir Ziyaad, mo gagn choc. Monn kriye », dit-il.

Sarah raconte que son fils portait un short. « Il était torse nu et son corps était couvert de blessures. Monn rantre monn kriye Ziyaad leve ! Kan monn rod lev so lekor, enn larivier disan koule. So lekor ti pe detase. So bann ledwa ti koupe kouma fey palmis. Lor so lekor, ti ena ene santenn trou. Kouma dir finn pik li ar kouto », raconte la mère.

Le meurtrier présumé de Ziyaad tentera de les enfermés dans la salle de bain, mais face aux coups de Rezah et de celui qui les accompagnait, il n’a pu résister.
Les gendarmes sont arrivés et ont procédé à l’arrestation de Johan Maruejouls, 25 ans, et de ses complices. Selon la police réunionnaise, le principal suspect est un récidiviste notoire. Il vient de sortir de prison. Les gendarmes pensent que le motif du crime est la jalousie. Ce qui aurait poussé le meurtrier à s’en prendre à sa victime avec une telle violence.

Ziyaad, un homme doux et serviable

À Terre-Touge où vit la famille Poomun, à Maurice, on raconte que Ziyaad était un homme sans histoire. Il travaillait tantôt comme colporteur tantôt comme chauffeur de van scolaire. Cela fait quatre ans qu’il s’est installé à l’île de la Réunion. Selon ses proches, s’était un homme doux qui aimait rendre service. Son frère raconte qu’il trouvait toujours les mots justes et était incapable de dire non à quiconque faisait appel à ses services.

Sarah se souvient de la dernière fois qu’elle a parlé à son fils. « Il était joyeux ce jour-là », dit-elle. Ziyaad devait rencontrer quelqu’un. Avant de sortir, il avait demandé à manger à sa mère. Elle ne s’attendait pas à retrouver son fils dans un tel état. « Zot finn dekoup li kouma zanimo, li pa ti merit enn lamor parey », lâche-t-elle.

Après ces événements, Sarah est amère. Selon elle, sa famille a entamé des démarches auprès de l’ambassade de Maurice à La Reunion pour le rapatriement du corps de son fils, mais « personne n’a levé le petit doigt pour nous aider ». « Je voudrais remercier Shakeel Anarath, du service mortuaire Al Ihsaan. C’est lui qui s’est occupé du rapatriement du cadavre. Cela, sans aucun frais », soutient Sarah Poomun.

C’est une mère en larmes qui nous a raconté son calvaire. « Ce que ces gens ont fait à mon fils est barbare… »