À trois jours des examens du SC et du HSC : Est-ce le moment pour des revendications ?
Par
Melanie Duval
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Melanie Duval
Les revendications autour du paiement des frais des examens du SC et du HSC ont marqué élèves, managers et enseignants. Quel est le risque d’effets négatifs sur certains candidats ? Analyse.
Soondress Sawminaden attribue toute cette agitation à la mauvaise gestion du dossier par le ministère de l’Éducation. Le président des recteurs et des assistants-recteurs des collèges d’État appelle au dialogue avec toutes les parties concernées. « Ce n’est pas le moment de provoquer des manifestations. Les examens sont pour bientôt et c’est mettre une pression inutile sur les élèves », fait-il ressortir.
Ce recteur explique qu’il y a une situation de panique au sein du ministère de l’Éducation. « Nous avons eu des directives pour rappeler les parents dont les enfants n’ont pas respecté le taux de présence qu’ils doivent passer au collège pour signer des formulaires puisque la date de paiement a été repoussée au 30 décembre », dit-il. Selon lui, cette situation n’arrange pas les recteurs qui doivent trouver du temps pour tout expliquer aux parents.
En tant que parent, Kajal Amboule précise que les manifestations auraient pu être évitées. « Ce n’est pas le moment d’encourager des manifestations. Les élèves doivent travailler pour leurs examens », souligne-t-elle. La présidente de la PTA du collège Medco Cassis soutient que c’est dur pour les parents qui n’ont pas les moyens de payer les frais d’examens. « Les élèves doivent aller en classe et ne pas s’absenter pour un oui ou un non. C’est l’endroit privilégié pour étudier parce que les enseignants sont là et ils peuvent poser toutes les questions qu’ils souhaitent », ajoute-t-elle.
Alors que sa fille est en Form IV, elle affirme avoir reçu une circulaire de l’école au courant de l’année pour l’informer des conditions sur le taux de présence. Ayant pris note, elle a fait le nécessaire pour que son enfant ne s’absente pas du collège.
« Les examens riment avec calme et concentration. Il faut éviter toute source de stress qui pourrait empiéter sur le bon déroulement des épreuves. Le moment est très mal choisi », estime Vikash Ramdonee. Le président de la Government Secondary School Teachers Union (GSSTU) fait remarquer que certains élèves ont oublié leurs priorités parce qu'ils se sont laissé emporter par la vague de protestations. « Les institutions ont failli quelque part à inculquer les valeurs essentielles aux élèves. D'où l'importance d'une refonte totale du système à tous les niveaux: le programme d'études, la pédagogie, une vraie formation des enseignants, la reconnaissance des talents tant au niveau des élèves qu'au niveau des enseignants, les infrastructures, la bonne gouvernance, une administration adaptée aux besoins du 21e siècle et aussi la clairvoyance » préconise-t-il.
Les protagonistes n’en démordent pas. Ils ne s’avouent pas vaincus malgré l’affirmation de la ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun à l’effet que : « Le chapitre est clos ».
Le vice président de l’Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE), Munsoo Kurrimbaccus souligne avoir demandé aux élèves d’arrêter toutes les manifestations jusqu’à la fin des examens. « C’est le moment pour les élèves de se concentrer sur leurs révisions et examens. Nous reprendrons nos activités après les épreuves… » promet-il.
Il affirme que le gouvernement doit tenir ses promesses. « Le problème de l’absentéisme est complexe, certes, mais une promesse est une promesse. » Munsoo Kurrimbaccus avance que les autorités ne doivent pas se voiler la face. Il soutient qu’il y a des parents qui peuvent payer les frais d’examens alors que d’autres doivent travailler après les heures de classes pour aider les parents pour les dépenses courantes. Il précise aussi que les parents doivent prendre leurs responsabilités afin que les enfants ne soient pas pénalisés.
Munsoo Kurrimbaccus affirme aussi que si les autorités ne retournent pas sur leur décision, des options sont envisagées. « Nous allons manifester encore une fois. Si les décisions sont maintenues, nous irons vers nos hommes de loi pour décider de la marche à suivre. Nous pensons aux fonctionnaires qui ont 21 jours de congé maladies, 11 jours de casual leave et 33 jours de vacation leave. Nous devons réfléchir pourquoi les autorités permettent d’avoir ces jours de congé et en considérer pour les élèves… » dit-il encore.
Soondress Sawminaden avance que le ministère doit revoir toute sa position afin d’éviter toute cette polémique en 2017. Vikash Ramdonnee avance que les revendications auraient dû se faire au tout début, soit au moment où la première circulaire a été émise en mai 2015. « C'est à ce moment-là que la population estudiantine aurait dû prendre les taureaux par les cornes et exprimer leur désaccord. Or, il nous semble que les élèves ont pris toutes communications à la légère et ont fait fi du règlement de l'école de même que leurs parents. Sans une bonne communication, il n'y a pas d'éducation », conclut-il.