Interview http://defimedia.info/categorie/interview fr Shalinee Ruhee, CEO d’OnlineKorp : «L’avenir des entreprises repose sur la digitalisation et l’automatisation des processus» http://defimedia.info/shalinee-ruhee-ceo-donlinekorp-lavenir-des-entreprises-repose-sur-la-digitalisation-et-lautomatisation-des-processus <span>Shalinee Ruhee, CEO d’OnlineKorp : «L’avenir des entreprises repose sur la digitalisation et l’automatisation des processus»</span> <span><span lang="" about="/users/quotidien" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Defi Quotidien</span></span> <span>ven 21/03/2025 - 14:24</span> <div class="field field--name-field-main-picture field--type-image field--label-hidden field--item"> <img src="/sites/default/files/styles/node_content_picture/public/210325_shalinee.jpg?itok=WjzOdq6n" width="1280" height="720" alt="" typeof="foaf:Image" class="img-responsive" /> </div> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field--item"><p>Confrontées à des défis réglementaires, administratifs et financiers, les entreprises mauriciennes doivent moderniser leur gestion pour rester compétitives. OnlineKorp propose une solution digitale innovante, automatisant les formalités et garantissant conformité et efficacité, pour une gestion simplifiée et un accès facilité aux marchés internationaux.</p> <p><strong>1. Quels sont les principaux défis auxquels les entreprises mauriciennes font face aujourd’hui, et comment OnlineKorp va les aider à les surmonter ?</strong><br /> Aujourd’hui, les entreprises mauriciennes font face à plusieurs défis majeurs qui freinent leur croissance et leur compétitivité. Parmi eux :<br /> • Une complexité réglementaire accrue : Avec des exigences de conformité de plus en plus strictes en matière de KYC, de fiscalité, et de reporting, les entreprises doivent consacrer énormément de temps et de ressources pour rester conformes.<br /> • Des processus administratifs lourds et chronophages : La gestion des formalités juridiques, comptables et administratives est souvent source de frustration pour les entrepreneurs, retardant le lancement et la gestion efficace de leurs entreprises.<br /> • Un manque d’automatisation et d’intégration des services : Beaucoup d’entreprises utilisent encore des processus manuels et éparpillés, ce qui ralentit la prise de décision et augmente le risque d’erreurs.<br /> • Des coûts élevés pour l’externalisation des services : Engager plusieurs prestataires pour la gestion d’une entreprise entraîne des frais importants et un manque de coordination entre les différents intervenants.<br /> &nbsp;<br /> <strong>Comment OnlineKorp répond&nbsp;à ces défis ?</strong><br /> OnlineKorp est une plateforme digitale révolutionnaire qui simplifie la création, la gestion et la conformité des entreprises en offrant une solution 100% en ligne et intégrée.<br /> • Un guichet unique pour toutes les formalités : OnlineKorp centralise les services essentiels pour les entreprises, permettant aux entrepreneurs de gérer leurs incorporations, documents juridiques, obligations fiscales et conformité depuis une seule plateforme intuitive.<br /> • Automatisation intelligente et conformité simplifiée : Grâce à une intelligence artificielle intégrée et des processus digitalisés, les vérifications KYC, les dépôts de documents et les rapports réglementaires sont générés automatiquement, réduisant ainsi les erreurs et les retards.<br /> • Un gain de temps et d’efficacité : Avec OnlineKorp, les entreprises peuvent économiser jusqu’à 70% de leur temps administratif, leur permettant ainsi de se concentrer sur leur cœur de métier.<br /> • Un accès aux opportunités de marché international : OnlineKorp accompagne les entreprises mauriciennes dans leur expansion en Afrique et au Moyen-Orient, en facilitant les procédures d’incorporation dans ces régions et en leur offrant des services de structuration adaptés.<br /> • Un coût réduit pour une meilleure rentabilité : Plutôt que de recourir à plusieurs prestataires, les entreprises bénéficient d’une solution complète à moindre coût, avec une transparence totale sur les tarifs et les services.<br /> En résumé, OnlineKorp est la solution idéale pour les entreprises mauriciennes souhaitant se développer rapidement, rester conformes aux réglementations, réduire leurs coûts et accéder à de nouveaux marchés sans complexité administrative. Nous transformons la gestion d’entreprise en une expérience simple, fluide et digitale, alignée sur les exigences du monde des affaires moderne.<br /> &nbsp;<br /> <strong>2.Pouvez-vous expliquer en détail les services proposés par OnlineKorp et comment ils fonctionnent ?&nbsp;</strong><br /> OnlineKorp propose une large gamme de services d’entreprise numériques conçus pour simplifier les opérations commerciales. Certains des services clés incluent :<br /> • Création d’entreprise : assistance à la création d’une entreprise, y compris l’enregistrement et la conformité.<br /> • Enregistrement GoAML : enregistrement sur la plateforme GoAML pour la conformité aux réglementations financières.<br /> • Contrôle KYC : une plateforme de vérification des clients et d’évaluation de leurs profils de risque.<br /> • Rapports FATCA et CRS : outils de conversion des données de rapport au format XML à des fins de conformité.<br /> • Accords et contrats : modèles bien structurés qui peuvent être modifiés pour répondre à des exigences spécifiques.<br /> &nbsp;<br /> <strong>Comment fonctionne OnlineKorp ?</strong><br /> 1️. Inscription sur la plateforme : L’utilisateur se connecte à OnlineKorp et sélectionne le service souhaité.<br /> 2️. Soumission des documents : Toutes les formalités se font en ligne avec un suivi en temps réel.<br /> 3️. Traitement et validation : Nos experts analysent les demandes et assurent la conformité réglementaire.<br /> 4️. Livraison des documents : Tous les certificats, licences et documents sont transmis électroniquement.<br /> &nbsp;<br /> <strong>Pourquoi choisir OnlineKorp ?</strong><br /> • Une solution 100% digitale pour une gestion simple et rapide.<br /> • Automatisation et gain de temps : réduction des délais et des coûts administratifs.<br /> • Sécurité et conformité garanties grâce à des processus validés par des experts.<br /> • Accompagnement personnalisé pour répondre aux besoins spécifiques des entreprises.<br /> Avec OnlineKorp, gérer une entreprise devient facile, rapide et sans stress. Nous transformons la bureaucratie en une expérience fluide et efficace pour tous les entrepreneurs, qu’ils soient locaux ou internationaux.&nbsp;<br /> Des services automatisés supplémentaires seront prochainement intégrés, tels que ceux relatifs à la fiscalité, à la gestion de la paie et à l’intégration numérique.<br /> Pour plus de détails sur chaque service, vous pouvez visiter notre site www.onlinekorp.com ou nous contacter sur info@onlinekorp.com</p> <p><strong>3. OnlineKorp se positionne comme une plateforme 100 % digitale. Quelles sont les technologies clés qui la rendent unique ?</strong><br /> OnlineKorp est une plateforme digitale de nouvelle génération qui utilise les dernières avancées technologiques pour transformer la gestion d’entreprise en une expérience fluide, automatisée et sécurisée. Son avantage concurrentiel repose sur plusieurs technologies clés qui rendent ses services uniques et ultra-performants.<br /> &nbsp;<br /> Les technologies innovantes qui différencient OnlineKorp :<br /> 1. Automatisation intelligente &amp; Intelligence Artificielle (IA)<br /> • Traitement automatisé des demandes : OnlineKorp utilise des algorithmes avancés pour générer, vérifier et soumettre automatiquement des documents d’incorporation, des déclarations fiscales et des contrats juridiques.<br /> • Analyse KYC et conformité AML/CFT optimisée par l’IA : Le screening des clients et la vérification des documents se font en temps réel grâce à un moteur d’intelligence artificielle qui détecte les anomalies et risques potentiels en quelques secondes.<br /> • Suggestions intelligentes : Dans quelques mois, nous viendrons avec la possibilite de proposermdes recommandations aux utilisateurs sur les meilleures structures d’entreprise adaptées à leurs besoins a travers l’AI.<br /> 2. Cloud Computing &amp; Accessibilité 24/7<br /> • OnlineKorp fonctionne sur une infrastructure cloud sécurisée, garantissant un accès rapide et fluide depuis n’importe quel appareil (ordinateur, tablette, smartphone).<br /> • Les entrepreneurs et investisseurs peuvent suivre leurs dossiers en temps réel, télécharger leurs documents légaux et gérer leur entreprise à distance, sans avoir besoin d’une présence physique.<br /> • Stockage sécurisé des documents sur le cloud avec cryptage avancé, garantissant la protection des données et l’accessibilité instantanée.<br /> 3. Sécurité &amp; Blockchain pour la gestion documentaire<br /> • La plateforme utilise des protocoles de sécurité de niveau bancaire avec authentification multi-facteurs (MFA) et cryptage des données.<br /> • Une technologie blockchain est intégrée pour certifier l’authenticité et la traçabilité des documents d’entreprise, garantissant une protection totale contre la fraude.<br /> • Audit automatisé et traçabilité : Chaque action effectuée sur OnlineKorp est enregistrée, assurant une transparence totale et un suivi en temps réel des transactions et des documents.</p> <p>4. Expérience utilisateur optimisée et Interface intuitive<br /> • Tableau de bord interactif avec indicateurs financiers et juridiques en temps réel.<br /> • Chatbot et assistant virtuel intelligent pour guider les utilisateurs à chaque étape et leur fournir des réponses instantanées.<br /> • Génération automatisée de documents avec des modèles conformes aux régulations en vigueur.<br /> &nbsp;<br /> Pourquoi ces technologies font d’OnlineKorp une plateforme unique ?<br /> 1. Des processus automatisés permettant de réduire de 70 % les délais administratifs.<br /> 3. Toutes les formalités sont 100 % digitales, sans déplacement ni documents physiques.<br /> 4. Un système basé sur l’IA, la blockchain et le cloud computing, garantissant précision, sécurité et transparence.<br /> 5. Adaptée aux startups, PME et grandes entreprises. La plateforme se positionne pour donner un accès mondial en quelques clics.<br /> &nbsp;<br /> <strong>4. Vous mettez en avant l’automatisation des formalités administratives. Quels sont les principaux processus que vous digitalisez ?</strong><br /> Dans un univers où le numérique est devenu un outil de compétitivité, OnlineKorp propose une réponse sur mesure aux exigences des entreprises contemporaines.<br /> • Une gestion automatisée et simplifiée - Les déclarations fiscales, les rapports annuels et les obligations légales sont gérées, offrant un gain de temps significatif.<br /> • Une option économique – Il n’est plus nécessaire de recruter du personnel administratif additionnel.</p> <p>Sur notre plateforme, le Chatbot IA est à votre disposition pour répondre à toutes vos interrogations concernant les services proposés.</p> <p>Nous avons une seconde phase du projet qui vise à intégrer davantage d’automatisation sur le site et à permettre un processus d’intégration numérique entièrement digitalisé.</p> <p><strong>5. Comment assurez-vous la sécurité des données et la conformité réglementaire sur la plateforme ?</strong><br /> Chez OnlineKorp, la sécurité des données et la conformité réglementaire sont au cœur de notre engagement envers nos utilisateurs. Nous avons mis en place des protocoles de sécurité avancés, incluant le chiffrement des données, l’authentification à plusieurs facteurs et un système de surveillance en temps réel pour prévenir toute tentative d’intrusion.</p> <p>Par ailleurs, notre plateforme est développée en conformité avec les normes internationales de protection des données, telles que le RGPD et les réglementations locales applicables. Nous collaborons avec des experts en cybersécurité et en conformité pour assurer une mise à jour continue de nos protocoles et garantir un environnement sécurisé à nos utilisateurs.</p> <p>Enfin, nous adoptons une approche proactive en matière de sécurité, incluant des audits réguliers, des tests de pénétration et une sensibilisation accrue des utilisateurs et des collaborateurs aux meilleures pratiques en matière de protection des données. Avec OnlineKorp, vous avez l’assurance d’une plateforme fiable et conforme aux exigences les plus strictes du secteur.<br /> &nbsp;<br /> <strong>6. L’interface utilisateur a-t-elle été conçue pour être accessible aux entrepreneurs sans compétences techniques ?</strong><br /> Absolument ! OnlineKorp a été conçue pour être une solution intuitive et accessible à tous, y compris aux entrepreneurs qui n’ont pas de compétences techniques. Nous savons que lancer et gérer une entreprise peut être un parcours complexe, et notre mission est de simplifier ces démarches en offrant une plateforme ergonomique, fluide et facile à utiliser.</p> <p>Grâce à une interface épurée et à des fonctionnalités guidées, chaque utilisateur peut naviguer en toute simplicité, que ce soit pour la création d’une entreprise, la gestion administrative ou la conformité réglementaire. Nous avons intégré des outils intelligents et un support client réactif pour accompagner chaque entrepreneur à chaque étape de son développement.</p> <p>Que vous soyez un créateur d’entreprise, un travailleur indépendant ou un dirigeant aguerri, OnlineKorp vous permet de vous concentrer sur ce qui compte vraiment : faire grandir votre activité, sans être freiné par la complexité administrative.</p> <p><strong>7. Comment se passe la phase de préinscription et quel a été le retour des premiers utilisateurs ?</strong><br /> La phase de préinscription sur OnlineKorp a été pensée pour être fluide, rapide et sans complication. En quelques clics, les utilisateurs peuvent créer leur compte, accéder à une interface intuitive et commencer à explorer les services offerts. Nous avons voulu éliminer toute complexité pour permettre aux entrepreneurs de se concentrer sur l’essentiel : le développement de leur activité.</p> <p>Le retour des premiers utilisateurs a été extrêmement positif. Ils apprécient particulièrement la simplicité de navigation, la clarté du processus et la rapidité avec laquelle ils peuvent accéder aux fonctionnalités essentielles. Beaucoup nous ont fait part de leur satisfaction quant à l’expérience utilisateur et à l’accompagnement personnalisé que nous offrons tout au long du parcours.</p> <p>Cette première phase nous a également permis d’ajuster et d’optimiser encore davantage la plateforme en fonction des retours reçus, afin d’assurer une expérience toujours plus fluide et efficace pour tous nos utilisateurs</p> </div> <div class="field field--name-field-disqus field--type-disqus-comment field--label-hidden field--item"><drupal-render-placeholder callback="Drupal\disqus\Element\Disqus::displayDisqusComments" arguments="0=Shalinee%20Ruhee%2C%20CEO%20d%E2%80%99OnlineKorp%20%3A%C2%A0%C2%ABL%E2%80%99avenir%20des%20entreprises%20repose%20sur%20la%20digitalisation%20et%20l%E2%80%99automatisation%20des%20processus%C2%BB&amp;1=http%3A//defimedia.info/shalinee-ruhee-ceo-donlinekorp-lavenir-des-entreprises-repose-sur-la-digitalisation-et-lautomatisation-des-processus&amp;2=node/169709" token="0BtWXAH-iiAjuUG_CtrkJ0ufJc7SYK_QPnEeEKDQXIQ"></drupal-render-placeholder></div> Fri, 21 Mar 2025 10:24:42 +0000 Defi Quotidien 169709 at http://defimedia.info Renaud Azema : «Le recours à la main-d’œuvre étrangère témoigne d’un dynamisme économique fort» http://defimedia.info/renaud-azema-le-recours-la-main-doeuvre-etrangere-temoigne-dun-dynamisme-economique-fort <span>Renaud Azema : «Le recours à la main-d’œuvre étrangère témoigne d’un dynamisme économique fort»</span> <span><span lang="" about="/users/pdaby" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Pradeep Daby</span></span> <span>sam 08/03/2025 - 09:28</span> <div class="field field--name-field-main-picture field--type-image field--label-hidden field--item"> <img src="/sites/default/files/styles/node_content_picture/public/050325_renaud.jpg?itok=3U0GPPsn" width="1280" height="720" alt="" typeof="foaf:Image" class="img-responsive" /> </div> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field--item"><p>Avec près de 30 ans d’expérience dans la formation aux métiers de l’hôtellerie à Maurice, Renaud Azema, CEO de Vatel Mauritius, connaît bien ce secteur. Il en dresse un portrait sans complaisance, énumérant un à un les défis auxquels il est confronté.</p> <p><strong>Vatel Mauritius a fêté ses 15 ans d’existence en 2024. Comment les formations ont-elles évolué depuis la création de l’école ? Ont-elles su s’adapter aux mutations du secteur ?</strong><br /> Mon parcours à Maurice a débuté en 1996, lorsque j’ai eu l’opportunité de participer à la création de l’École Hôtelière de Maurice, à Ébène. Cette décision répondait aux besoins de l’industrie de l’époque. Nous avons alors lancé plusieurs filières adaptées aux nouvelles exigences et formé des professionnels à divers métiers : guide touristique, agent de voyage, animateur en hôtellerie, entre autres.&nbsp;</p> <p>Nous avons également introduit un diplôme en tourisme et lancé le National Apprenticeship Scheme (NAS) pour l’hôtellerie dans un contexte particulier. À cette époque, l’école hôtelière recevait près de 2 000 candidatures pour seulement 200 places disponibles, un signe indéniable de l’attrait du secteur.</p> <p>Parallèlement, nous avons ouvert aux jeunes Mauriciens la possibilité de poursuivre leurs études en licence à l’ESTHUA à Angers. Cette opportunité a permis de former de nombreux professionnels qui, par la suite, ont apporté leur contribution à l’essor d’une industrie en pleine expansion.&nbsp;</p> <p>Avec le recul, force est de constater que les formations n’ont pas toujours su anticiper les évolutions du secteur avec suffisamment de proactivité. Par exemple, il y a 15 ans, nous avons proposé des formations en revenue management avec Vatel, mais l’industrie ne mesurait pas encore l’importance de cette fonction, alors associée à des pratiques de discount.</p> <p>Autre exemple : depuis plusieurs années, nous préconisons la formation en alternance à Maurice. Bien que ce modèle soit difficile à mettre en place localement, il répond à un besoin réel de l’industrie et à une forte demande des jeunes. Il n’est pas trop tard pour adapter ce modèle aux spécificités mauriciennes.</p> <p>De nombreux sujets doivent encore être intégrés aux formations pour préparer les professionnels de demain à une collaboration efficace et à un secteur en constante évolution. Parmi eux : l’impact des nouvelles technologies sur l’hôtellerie, le développement durable, la gestion intergénérationnelle, le management bienveillant et une plus grande agilité face aux défis futurs.</p> <p>Ajuster les formations aux évolutions du secteur est évidemment un processus continu, qui nécessite une grande aptitude au changement. Des efforts sont nécessaires pour faire évoluer les mentalités et les pratiques, notamment au sein des départements RH.&nbsp;</p> <blockquote> <p>Des efforts sont nécessaires pour faire évoluer les mentalités et les pratiques, notamment&nbsp;au sein des départements RH».</p> </blockquote> <p><strong>Quel était votre état d’esprit en termes d’adaptation lorsque vous-même vous êtes arrivé à Maurice ?</strong><br /> Lorsque je suis arrivé à Maurice, les choses étaient plus simples. Nous avions un objectif clair, et l’île bénéficiait d’une image haut de gamme. Sur le plan international, les acteurs du secteur touristique n’étaient pas aussi nombreux qu’aujourd’hui. À l’époque, il n’existait pas de véritable filière de formation en tourisme en dehors de l’École Hôtelière.&nbsp;</p> <p>Après un bref passage à La Réunion à la suite d’un tour du monde, j’avais réellement envie de contribuer au développement du tourisme mauricien. J’étais prêt à faire de nombreuses concessions, notamment sur le plan salarial, pour avoir le privilège de participer à cette aventure. C’était une vraie aventure !</p> <p>13 ans plus tard, en 2009, lorsque j’ai implanté Vatel à Maurice, j’avais la même envie : servir une industrie dont j’avais appris à connaître les rouages et les acteurs. Nous avons pu guider des centaines de jeunes vers des carrières passionnantes. Dès le départ, j’ai misé sur l’implication, la patience et l’excellence, des valeurs que je continue à transmettre aux étudiants parce que je crois dur comme fer que rien ne résiste à une bonne vision doublée d’un engagement sincère.</p> <p><strong>Le secteur touristique mauricien, incluant l’hôtellerie, a-t-il fait preuve de résilience durant la Covid-19 ? À quoi doit-on l’embellie constatée après la réouverture des frontières ?</strong><br /> Le secteur touristique mauricien, y compris l’hôtellerie, a indéniablement fait preuve de résilience durant la crise de la Covid-19. Les acteurs du secteur ont dû se réinventer en adoptant des protocoles sanitaires stricts et en ajustant leurs offres à une nouvelle réalité. Le gouvernement a également mis en place des mesures de soutien aux entreprises, incluant des aides financières et des programmes de relance.</p> <p>Cette période a permis à l’industrie de se réinventer, de renforcer ses liens et de se préparer activement à la reprise. La modernisation des infrastructures, le renforcement de la formation des équipes et l’amélioration de l’offre touristique ont permis d’aborder la réouverture des frontières dans des conditions optimales. Cette préparation a favorisé une reprise rapide et une embellie significative. L’attractivité de Maurice, portée par ses plages idylliques, son hospitalité légendaire et son engagement en faveur du développement durable, a su rassurer et séduire à nouveau les voyageurs.</p> <p>Je crois que l’embellie qui a suivi découle à la fois de la volonté des touristes de renouer avec le voyage et de la collaboration efficace entre les acteurs privés et publics. Ensemble, ils ont su restaurer l’image de la destination et dynamiser la demande en répondant aux attentes des voyageurs en matière de sécurité, de santé et d’expérience client.</p> <blockquote> <p>Cette vague de départs (durant le confinement) a entraîné&nbsp;une baisse significative du niveau de compétence global des équipes»</p> </blockquote> <p><strong>Les besoins en formation ont-ils été pris en compte durant le confinement compte tenu des enjeux économiques et sociaux soulevés par la crise ?</strong><br /> Durant le confinement, pour être honnête, la priorité a surtout été de réduire les coûts, et la formation en a pâti. Par ailleurs, cette période singulière a vu de nombreux professionnels hautement qualifiés quitter l’industrie, parfois contraints, parfois par choix. Cette vague de départs a entraîné une baisse significative du niveau de compétence global des équipes.&nbsp;</p> <p>Ce n’est qu’avec la reprise, marquée par un rebond d’une intensité imprévue, que l’on a pris pleinement conscience de l’inadéquation qualitative et quantitative de la main-d’œuvre face aux exigences du secteur.<br /> Il faut quand même souligner que durant cette période, le gouvernement, en collaboration avec les acteurs privés, a déployé plusieurs initiatives pour soutenir les travailleurs du secteur. Parmi elles, la formation à distance, la mise à jour des compétences et des programmes de reconversion destinés aux employés licenciés ou dont l’activité avait été fortement impactée. Une attention particulière a été accordée aux formations en gestion des protocoles sanitaires, en sécurité et en service à la clientèle, permettant ainsi aux professionnels du secteur de s’adapter aux nouvelles exigences du marché.</p> <p>Certaines entreprises, en particulier dans le secteur touristique, ont également pris conscience de l’importance de renforcer la formation continue de leur personnel afin de relever des défis tels que la gestion de la motivation et du bien-être des employés durant cette période difficile. Ce soutien s’est révélé essentiel pour préserver une certaine résilience sociale au sein du secteur.</p> <p><strong>Le secteur hôtelier mauricien fait face à un manque de main-d’œuvre depuis ces dernières années. Quelles en sont les causes ?</strong><br /> Le manque de main-d’œuvre est un problème complexe causé par plusieurs facteurs. Les salaires insuffisants et les perspectives de promotion restreintes sont souvent cités comme des freins importants. Même si des efforts ont été faits pour améliorer les conditions salariales, l’écart avec d’autres secteurs, ou d’autres pays, reste un défi majeur.&nbsp;</p> <p>Par ailleurs, l’orientation professionnelle, la formation et l’accompagnement ne sont pas toujours suffisants pour faire comprendre qu’une évolution rapide est possible dans l’hôtellerie. Certains jeunes perçoivent – à tort – le secteur comme offrant peu d’opportunités de carrière.&nbsp;</p> <p>Au-delà de ces aspects, nous ne devons pas sous-estimer le problème structurel, à savoir l’inadéquation croissante entre les besoins de l’industrie et les compétences disponibles localement. Les besoins en main-d’œuvre augmentent et dans le même temps les ressources (population, diplômés, volontaires) diminuent. Mathématiquement, la main-d’œuvre se fait de plus en plus rare.</p> <p><strong>La décision de certains hôtels de mettre en pré-retraite des personnes formées durant le confinement était-elle mal inspirée ?</strong><br /> Il est facile de juger a posteriori, mais il faut se rappeler de l’incertitude dans laquelle l’industrie était plongée. Les acteurs du secteur ont dû s’adapter à cette situation sans précédent, sans aucune visibilité sur l’avenir. C’est cette incertitude quant à la durée de la crise qui a conduit à la mise en place de plans sociaux, et aucune entreprise ne s’est séparée de ses employés de gaieté de cœur. Il est essentiel de se rappeler que cette période a été marquée par une profonde angoisse, où la survie même des entreprises était en jeu.</p> <p>Ceci dit, ce fut aussi la période de « la grande démission » dans notre secteur. Il n’y a pas eu que des licenciements. De nombreux employés ont eux-mêmes choisi de partir et se sont reconvertis avec succès, soit en changeant complètement de domaine, soit en développant leur propre activité.</p> <blockquote> <p>Le manque de main-d’œuvre est un problème complexe causé par plusieurs facteurs. Les salaires insuffisants et les perspectives de promotion restreintes sont souvent cités comme des freins importants».</p> </blockquote> <p><strong>La présence d’une main-d’œuvre étrangère dans certains établissements hôteliers ne va pas sans poser certains défis. Comment favoriser une meilleure intégration de ces travailleurs avec les Mauriciens ?</strong><br /> Je crois qu’il faut d’abord rappeler que la présence de la main-d’œuvre étrangère est une tradition dans le secteur touristique à l’échelle mondiale. À Maurice, cela fait partie du paysage depuis l’essor du tourisme. Cependant, si par le passé cette main-d’œuvre étrangère concernait principalement les postes de direction, aujourd’hui, elle est également bien présente dans les métiers d’exécution.&nbsp;</p> <p>Plusieurs facteurs expliquent cette évolution : désintérêt des jeunes Mauriciens pour le secteur, manque d’attractivité, baisse démographique, etc. Face à ces défis, il est devenu incontournable de recourir à cette main-d’œuvre étrangère et c’est une bonne chose. Cela témoigne d’un dynamisme économique fort. Personnellement, je fais partie de ceux qui estiment que nous devrions être reconnaissants envers ces travailleurs, qui apportent une contribution précieuse au soutien de notre économie.</p> <p>La véritable question réside dans la manière dont cette main-d’œuvre étrangère est accueillie, traitée et formée pour accomplir les tâches qui lui sont confiées. Il me semble que les situations varient considérablement d’un établissement à l’autre, ce qui rend urgent le besoin d’harmoniser les bonnes pratiques. Il est essentiel de garantir que ces employés bénéficient d’une formation adéquate, d’un traitement respectueux et d’un environnement de travail propice à l’épanouissement.</p> <p>La réussite de leur intégration repose avant tout sur la qualité du recrutement. Celui-ci doit être rigoureux, centré sur des profils adaptés aux besoins spécifiques du secteur, mais qui, au-delà de leurs compétences techniques, doivent également faire preuve de capacité à s’adapter au contexte mauricien.&nbsp;</p> <p>Par ailleurs, il est crucial que les recruteurs respectent leurs engagements envers ces travailleurs, en leur garantissant un environnement de travail juste et équitable. Enfin, il est essentiel que les Mauriciens eux-mêmes fassent preuve de respect envers ces travailleurs, qui ne constituent pas une menace, mais bien une véritable opportunité pour soutenir et dynamiser notre économie.</p> <p>Pour cela, la formation mutuelle des uns et des autres s’avère indispensable, et nous avons déjà formulé des propositions en ce sens. Cependant, ces initiatives n’ont pas encore été mises en place, et c’est là que naissent les tensions. Si elles sont bien gérées, les talents étrangers peuvent devenir un levier de croissance majeur pour le secteur. Ils ont la capacité d’apporter des solutions adaptées aux besoins spécifiques du secteur tout en contribuant à son dynamisme et à son développement durable.</p> <p><strong>Comment les salaires ont-ils évolué dans le secteur ?</strong><br /> Il faut dire que la situation salariale s’est nettement améliorée au cours des quatre dernières années, bien qu’il reste encore du chemin à faire. Les acteurs du secteur, notamment les hôtels, se sont engagés dans un processus de renforcement de leur « marque employeur », dans le but de rehausser l’image de l’industrie et d’attirer davantage de talents qualifiés.&nbsp;</p> <p>Actuellement, les « EVP » (Employee Value Proposition) sont revues avec une grande attention par tous les groupes, qui déploient beaucoup d’énergie pour séduire, attirer et retenir les talents à tous les niveaux. Cette compétition féroce entre recruteurs profite directement aux employés, en leur offrant de meilleures opportunités et conditions de travail.</p> <p>Les bénéfices, d’ailleurs, ne se résument pas seulement au salaire. Des efforts considérables sont déployés pour améliorer le bien-être au travail. Il y a davantage de flexibilité, et à la rémunération s’ajoutent des avantages qui peuvent séduire davantage qu’auparavant.</p> <p><strong>L’intelligence artificielle s’installe petit à petit dans notre quotidien. Le secteur hôtelier mauricien s’y prépare-t-il ?</strong><br /> Bien sûr ! Les intelligences artificielles (IA) sont déjà omniprésentes dans le secteur du tourisme. De la réservation à la gestion de la relation client, elles se révèlent être de véritables alliées pour améliorer la performance et optimiser l’expérience client.</p> <p>Il est essentiel de bien comprendre que les enjeux sont considérables. Les intelligences artificielles doivent non seulement faciliter une gestion plus efficace des réservations en ligne, mais aussi permettre une analyse plus pertinente des données clients. Elles contribuent également à l’amélioration des processus et de la productivité à tous les niveaux, afin de maintenir la compétitivité et la visibilité à l’échelle mondiale.</p> <p>Le secteur n’a donc pas d’autre choix et tous les opérateurs devront s’adapter, sous une forme ou une autre. Toutefois, le coût d’investissement dans ces technologies peut être élevé, surtout pour les petits opérateurs, en fonction de l’IA qu’ils souhaitent intégrer.</p> <p><strong>Comment les hôtels mauriciens doivent-ils faire face à la « concurrence » des bateaux de croisière sur le marché des talents ?</strong><br /> La concurrence des bateaux de croisières n’est pas la seule à laquelle les hôtels sont confrontés. En réalité, tous les secteurs d’activité, en particulier les plus rémunérateurs et les moins contraignants, attirent les jeunes talents. C’est le cas depuis le début des années 2000, au moment où l’économie s’est considérablement diversifiée. Il y a ensuite la concurrence venant de l’étranger. Des pays comme Dubaï, la France et plus encore l’Australie et le Canada sont des « aspirateurs » de talents. &nbsp;Il faut donc aborder le problème de manière globale.</p> <p>Il est inutile de se battre contre les salaires offerts ailleurs, même s’il est essentiel de rémunérer dignement ceux qui travaillent dans l’industrie. Une approche possible consisterait à introduire des mécanismes comme des « service charges », un modèle déjà adopté par certains établissements, basé sur une pratique courante sur les croisières.&nbsp;</p> <p>Une rétribution basée sur les résultats serait aussi une option, ce qui permettrait de récompenser les employés en fonction de leur implication et de leur performance, tout en contribuant à une rémunération plus équitable. Ce type de mécanismes, qui reconnaît l’engagement et l’effort des employés, pourrait renforcer l’attractivité du secteur face à la concurrence, notamment celle des bateaux de croisière.</p> <p>Il est également important de permettre aux employés de vivre des expériences enrichissantes, comme celles offertes par les bateaux de croisière, tout en leur offrant la possibilité de revenir. Travailler sur un bateau peut être une expérience unique qui permet aux employés d’acquérir de nouvelles compétences et d’enrichir leur parcours professionnel, tout en bénéficiant d’une rémunération souvent plus attrayante. Cette approche peut être bénéfique pour les hôtels, car elle crée un échange de compétences et d’expériences qui profitera à l’ensemble du secteur touristique.</p> <p>Enfin, plutôt que de subir les recrutements sauvages réalisés par des intermédiaires, les hôtels devraient envisager de nouer des partenariats directs avec les compagnies de croisière. Ces partenariats pourraient permettre d’établir un cadre de recrutement plus structuré, sans dépendre de recruteurs externes, et favoriser une collaboration qui bénéficierait aux deux secteurs.&nbsp;</p> <p>En travaillant directement avec les croisiéristes, les hôtels pourraient offrir des opportunités de travail enrichissantes à leurs employés. Cela garantirait un haut niveau de qualité et de professionnalisme dans les deux secteurs, tout en assurant des flux entrants et sortants réguliers, mais maîtrisés.</p> <p><strong>Faudrait-il davantage d’écoles hôtelières à Maurice ?</strong><br /> D’après moi, le nombre d’écoles est suffisant, et les effectifs insuffisants qui fréquentent ces établissements aujourd’hui en sont la preuve. Tant qu’aucune initiative n’est prise pour attirer davantage de jeunes vers les métiers du tourisme, augmenter le nombre d’écoles de formation n’aura que peu d’impact. Il est essentiel de susciter d’abord l’intérêt des jeunes pour ce secteur avant d’envisager une expansion du nombre d’établissements.</p> <p>Cependant, je pense également que ces établissements pourraient mieux répondre aux besoins des employeurs. Cela nécessiterait une collaboration étroite entre les écoles et les entreprises, afin de mieux cerner et satisfaire les exigences du marché. Une telle synergie permettrait de former des professionnels véritablement adaptés aux attentes des employeurs.</p> <p>Je crois aussi que les employeurs devraient jouer un rôle plus actif dans le processus de formation, en contribuant à l’élaboration des programmes et en s’impliquant de manière plus directe dans la formation des jeunes. Pour réduire le décalage entre leurs besoins et l’offre de formation existante, certains groupes ont créé leurs propres centres de formation. Certains d’entre eux se sont même associés à des marques reconnues pour renforcer leur expertise.</p> <p>L’avenir nous dira si cette démarche est pertinente. Cependant, de manière plus pragmatique, je suis convaincu qu’une utilisation optimale des écoles existantes serait plus efficace et bénéfique à court terme.<br /> Enfin, pour conclure, et dans l’intérêt même du secteur de la formation et du tourisme, notamment avec le projet de créer un pôle d’attractivité à travers le Knowledge Hub, je pense qu’il est crucial de garantir que les centres de formation opèrent dans la légalité et que les formations qu’ils proposent soient dûment accréditées.&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p> </div> <div class="field field--name-field-disqus field--type-disqus-comment field--label-hidden field--item"><drupal-render-placeholder callback="Drupal\disqus\Element\Disqus::displayDisqusComments" arguments="0=Renaud%20Azema%20%3A%C2%A0%C2%ABLe%20recours%20%C3%A0%20la%20main-d%E2%80%99%C5%93uvre%20%C3%A9trang%C3%A8re%20t%C3%A9moigne%20d%E2%80%99un%20dynamisme%20%C3%A9conomique%20fort%C2%BB&amp;1=http%3A//defimedia.info/renaud-azema-le-recours-la-main-doeuvre-etrangere-temoigne-dun-dynamisme-economique-fort&amp;2=node/169042" token="Urf9quWQYSpG7lidv4I2C9CAM1xW8Dp_aidADqnWUR0"></drupal-render-placeholder></div> Sat, 08 Mar 2025 05:28:00 +0000 Pradeep Daby 169042 at http://defimedia.info Jayen Chellum : «La transparence sur le calcul des prix ne peut reposer uniquement sur les importateurs»  http://defimedia.info/jayen-chellum-la-transparence-sur-le-calcul-des-prix-ne-peut-reposer-uniquement-sur-les-importateurs <span>Jayen Chellum : «La transparence sur le calcul des prix ne peut reposer uniquement sur les importateurs» </span> <span><span lang="" about="/users/fthomas" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Fernando Thomas</span></span> <span>ven 07/03/2025 - 06:25</span> <div class="field field--name-field-main-picture field--type-image field--label-hidden field--item"> <img src="/sites/default/files/styles/node_content_picture/public/jayen_chellum_1_0.jpg?itok=-znkWQzU" width="1280" height="720" alt="" typeof="foaf:Image" class="img-responsive" /> </div> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field--item"><p>Face à la flambée des prix, l’Association pour la protection des consommateurs de l’île Maurice (Acim) plaide pour des mesures plus ciblées afin de protéger les foyers les plus vulnérables.</p> <p><strong>Le gouvernement a annoncé une baisse de prix sur certains produits surgelés et en conserve. Est-ce une réponse suffisante à la flambée des prix ?&nbsp;</strong><br /> C’est un pas dans la bonne direction, surtout avec la hausse des prix des légumes qui se poursuit depuis l’année dernière, sans la traditionnelle baisse saisonnière en hiver. Toutefois, cette décision, qui inclut aussi les lé-gumes empaquetés, demeure insuffisante. Il faut se rappeler que les prix des légumes frais dans le commerce au détail ont grimpé bien plus fortement que ceux des foires.</p> <p><strong>L’inflation reste pourtant une préoccupation majeure. Comment expliquer que, malgré les aides et les me-sures gouvernementales, le panier de la ménagère se vide aussi vite ?&nbsp;</strong><br /> Le panier de la ménagère comprend une variété de produits et services tels que l’alimentation, la santé, l’éducation, les transports, l’équipement domestique, les vêtements et bien d’autres. Or, la plupart de ces caté-gories ont subi des hausses de prix. En conséquence, non seulement le panier de consommation technique (défini par l’indice des prix à la consommation), mais aussi celui qui se remplit réellement en magasin sont lourdement impactés.&nbsp;</p> <p><strong>L’Acim a souvent dénoncé le manque de transparence dans la fixation des prix. Avez-vous été consulté avant ces annonces et estimez-vous que ces baisses sont réellement justifiées ?&nbsp;</strong><br /> L’Acim plaide depuis longtemps pour un contrôle plus strict des prix sur un plus grand nombre de produits que ceux actuellement régulés. Les baisses de prix, lorsqu’elles ont lieu, sont bien souvent illusoires, la véritable concurrence étant trop souvent de façade. La transparence sur le calcul des prix, notamment les marges (mark-up), ne devrait pas être laissée à la seule responsabilité des importateurs. Notre rôle reste le plaidoyer, les campagnes de sensibilisation et la participation aux comités lorsqu’elle y est invitée. Certains estiment que les distributeurs et importateurs bénéficient trop souvent d’une liberté totale sur leurs marges.&nbsp;</p> <p><strong>Faut-il un contrôle plus strict des prix sur les produits de base ?&nbsp;</strong><br /> Le marché mauricien est caractérisé par son exiguïté, la domination de certains opérateurs dans divers sec-teurs qui dictent les tendances des prix, un manque réel de concurrence – cette dernière étant souvent fac-tice – et une liberté de fixation des prix qui tient davantage de l’affichage idéologique que d’un véritable libé-ralisme économique. Plusieurs pays, pourtant acquis aux principes du libéralisme, ont mis en place un contrôle des prix. Parmi eux, on peut citer des pays européens, dont la France et l’Allemagne, mais aussi la Russie, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Chine et l’Inde, qui applique un MRP (Maximum Retail Price ; NdlR).&nbsp;</p> <p><strong>Au-delà des produits surgelés et en conserve, quels autres postes de dépenses pèsent aujourd’hui le plus lourd sur le budget des foyers mauriciens ?&nbsp;</strong><br /> Comme évoqué plus haut, les dépenses médicales – &nbsp;incluant le coût des médicaments, des consultations et des soins dentaires –, représentent une charge importante. S’ajoutent à cela les vêtements, les chaussures, les boissons non alcoolisées et plusieurs autres produits du quotidien. Sans oublier les repas populaires, tels que les gâteaux divers, dholl puri et pains fourrés, entre autres.&nbsp;</p> <p><strong>Le gouvernement affirme que ces mesures visent à soulager les ménages les plus modestes. Ces baisses toucheront-elles vraiment les plus démunis ?&nbsp;</strong><br /> Ces mesures toucheront une partie des ménages les plus modestes, ainsi qu’une frange de la classe moyenne aisée, et au-delà. Il est essentiel d’avoir une vision claire et une évaluation objective du pouvoir d’achat des plus démunis afin de réellement les soulager dans leurs dépenses et leur donner le sentiment que leur porte-feuille est protégé.&nbsp;</p> <p><strong>L’Acim milite depuis longtemps pour une réforme en profondeur du système économique. Quelles me-sures prioritaires préconisez-vous pour lutter contre la vie chère ?&nbsp;</strong><br /> Le système économique est largement dominé par le grand capital, qui influence profondément les choix de politique économique. Le manque de vision claire et ouverte, le poids de l’argent et l’absence d’une véritable inclusion de ceux et celles qui souhaitent contribuer freinent trop souvent l’émergence d’un développement véritablement accessible à toute la population. La lutte contre la vie chère passe par plusieurs mesures essen-tielles : la réduction des coûts à l’importation, une politique d’encouragement aux pratiques de jardinage pour les ménages les plus modestes, une véritable autosuffisance alimentaire et le développement de nos capacités de pêche, tant industrielle qu’artisanale.&nbsp;</p> <p><strong>Quels conseils donneriez-vous aux consommateurs pour faire face à la hausse des prix ?&nbsp;</strong><br /> Achetez l’essentiel. Comparez les prix en faisant le tour des marchés et des promotions. Consultez votre famille avant de faire des achats importants. Plantez vos propres légumes lorsque cela est possible. Plusieurs écono-mistes estiment que la dépréciation de la roupie est l’un des principaux facteurs de l’inflation.&nbsp;</p> <p><strong>Le gouvernement en fait-il assez pour stabiliser la roupie et protéger le pouvoir d’achat ?&nbsp;</strong><br /> La dépréciation de la roupie influe négativement sur le coût des produits importés, les rendant plus chers. Dans certains cas, le commerce international en devises nationales pourrait s’avérer une solution bénéfique. La montée du dollar a longtemps pesé sur notre pouvoir d’achat, contribuant à son érosion.</p> <p><strong>Ces baisses ciblées ne risquent-elles pas de masquer des hausses sur d’autres produits de première néces-sité ?&nbsp;</strong><br /> La possibilité existe. Il faut néanmoins commencer par certains produits, mesurer leur impact et explorer d’autres solutions. L’Acim a souvent dénoncé l’existence de cartels et d’ententes entre certains importateurs.</p> <p><strong>Voyez-vous dans ces récentes mesures un effort pour casser les monopoles ou une simple opération de communication ?&nbsp;</strong><br /> Je pense que le gouvernement est conscient des dangers réels de l’inflation et s’attelle à la combattre. Toute-fois, il faut prendre le taureau par les cornes. Ne pas agir reviendrait à laisser le système perpétuer une poli-tique de commerce exploitant les consommateurs à outrance.</p> <p><strong>On parle souvent de « shrinkflation », cette pratique où les marques réduisent discrètement les quantités sans baisser les prix. Avez-vous constaté une aggravation de ce phénomène à Maurice ?&nbsp;</strong><br /> Ce phénomène existe et a pris une ampleur réelle, surtout depuis la crise de la Covid-19, lorsque les consom-mateurs ont perdu leurs repères en matière de prix.</p> <p><strong>Avec la montée des prix, de plus en plus de familles se tournent vers les produits de moindre qualité. Y a-t-il un risque pour la nutrition et la sécurité alimentaire ?&nbsp;</strong><br /> Ce risque est bien réel. Les ménages les plus modestes se tournent vers des produits de qualité inférieure. Cer-tains planteurs augmentent les doses de pesticides et mettent leurs produits sur le marché sans toujours res-pecter les délais prescrits pour chaque légume. La consommation devient involontairement malsaine, avec des conséquences directes sur la santé.<br /> <br /> &nbsp;</p> </div> <div class="field field--name-field-disqus field--type-disqus-comment field--label-hidden field--item"><drupal-render-placeholder callback="Drupal\disqus\Element\Disqus::displayDisqusComments" arguments="0=Jayen%20Chellum%20%3A%C2%A0%C2%ABLa%20transparence%20sur%20le%20calcul%20des%20prix%20ne%20peut%20reposer%20uniquement%20sur%20les%20importateurs%C2%BB%C2%A0&amp;1=http%3A//defimedia.info/jayen-chellum-la-transparence-sur-le-calcul-des-prix-ne-peut-reposer-uniquement-sur-les-importateurs&amp;2=node/168999" token="jWZbEM5WeJTN9RMtilJKRTMFIww4omvMOq96VliNIHw"></drupal-render-placeholder></div> Fri, 07 Mar 2025 02:25:00 +0000 Fernando Thomas 168999 at http://defimedia.info Baljinder Sharma, entrepreneur and writer : “More Indian presence in Africa means more importance for Mauritius” http://defimedia.info/baljinder-sharma-entrepreneur-and-writer-more-indian-presence-africa-means-more-importance-mauritius <span>Baljinder Sharma, entrepreneur and writer : “More Indian presence in Africa means more importance for Mauritius”</span> <span><span lang="" about="/users/newsonsunday" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">News on Sunday</span></span> <span>dim 02/03/2025 - 13:56</span> <div class="field field--name-field-main-picture field--type-image field--label-hidden field--item"> <img src="/sites/default/files/styles/node_content_picture/public/020325_baljinder.jpg?itok=NvVqo6W3" width="1280" height="720" alt="" typeof="foaf:Image" class="img-responsive" /> </div> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field--item"><p>An entrepreneur and author of India: An Imperfect View, Baljinder Sharma sees no connection between the Indian Prime Minister’s trip to the US and the announced visit to Mauritius later this month. From the outset, he states that geopolitics has evolved, citing the US stance regarding Russia. About the India-Mauritius links, Baljinder Sharma is of the view that more can be achieved in terms of trade and business.</p> <p><strong>Mid-February, Narendra Modi, Prime Minister of India, travelled to the US, being one of the first head of states to meet President Donald Trump. What’s the pertinence of such a visit?</strong><br /> We speak at a time when geopolitics is in a state of unprecedented flux. The US voting in favour of Russia against the UN resolution condemning Russia’s invasion of Ukraine, has shocked the world.<br /> Till recently, Narendra Modi was the only global leader who enjoyed the trust of all the warring parties. He would have played an important role in a settlement but given Donald Trump’s newfound love for Russian President Vladimir Putin and his urge to do a direct deal, Narendra Modi’s role may be reduced in the context of Ukraine. This is just to illustrate how seemingly distant, unrelated events impact the world of geopolitics and your role in it.</p> <p>What I can gather from media is that people are at a loss to absorb how this new realignment of forces (with two traditional adversaries - US and Russia becoming friends) will change the world. What will happen to the non-aligned states like India, China and Brazil to the many client states that both Russia and America have cultivated since the end of World War II? And what would become of BRICS if Russia makes peace with the&nbsp;US?</p> <p><strong>The Indian Prime Minister is announced as the chief guest for Mauritius’ 57th independence anniversary celebrations in March. Should we conclude that Mauritius is of strategic importance to India, as essential as the US are to India? Why?</strong><br /> I don’t see how one can make any comparison between the US and Mauritius vis-a-vis India except for one thing – both countries have a powerful Indian diaspora. Narendra Modi’s visit to Mauritius in March, not long after his visit to the US can be seen by some as related, particularly in the context of some rumours that the Indian Prime Minister is assisting Mauritius in getting a sweetheart deal regarding the Chagos.&nbsp;<br /> I see no connection between his trip to Mauritius few weeks after his meeting with Trump. This could be a mere coincidence. I have often heard of India’s influence on politics in Mauritius and it makes me laugh because India has so many challenges of its own to deal with that it would be preposterous to believe that it has the bandwidth to indulge in other countries&nbsp;affairs.</p> <p>There is a little doubt that Mauritius and India have come closer and closer in the last ten years. This is visible in the many projects that Indian government has supported and funded – from the Supreme Court to the Metro Express. Same is the case with UAE where the reverse has happened. It is the UAE that has invested massively in India. At the heart of any close relationship is the mutual benefit of both parties.<br /> In Mauritius, Prime Minister Modi is perhaps the most popular leader after Indira Gandhi. His cult like following cannot be described in words. Obviously, like any human being he is not perfect but there is something exceptional in him that mesmerizes people.</p> <p>There has been news, consistently, going back to 2019 when he was expected to come for the launch of Metro but those expected trips never materialized. Everyone seem to be happy now that he has finally decided to make it. Does that place Mauritius in a special category? I would agree. Is that a reason to equate US to Mauritius? The answer is probably in the&nbsp;negative.</p> <p><strong>Has India’s rise at the international stage helped Mauritius?</strong><br /> The answer is yes. In terms of trade, commerce and other economic activities, greater cooperation between India and Mauritius has resulted in a steady growth over the years reaching 650 million dollars in 2024. The balance of trade is, however, heavily tilted in favour of India, despite the coming into effect of the Comprehensive Economic Cooperation and Partnership Agreement- which took a lot of time and effort to negotiate. CECPA presents a huge opportunity for Mauritius – one that it has so far failed to realise.</p> <p><strong>Let’s focus on Narendra Modi. Does he want to play a much bigger role on the global scene? Why? And how will Mauritius be of any help in his strategy?</strong><br /> As the elected leader of the world’s largest democracy and the fastest growing large economy, Narendra Modi represents the aspirations of 1.4 billion – mostly youth. This requires him to actively engage with the outside world and constantly help shape it. India is too big a country to be left to the vagaries of international politics. From dealing with tariff wars, to securing defence equipment to embracing technological advancement, India needs a strong leadership that he represents. And that means that India gets “good deals” in the language of US President Donald Trump.</p> <p>India was largely occupied with internal challenges for many decades since independence from Britain in 1947 that left little time to focus overseas. This has changed since 1990s when government realized that the country needs to be more integrated in the global economy and therefore the imperative to influence global events. Part of that initiative is to leverage the influence of Indian diaspora.</p> <p>This is where Mauritius comes in. Across the world, People of Indian origin, control companies with roughly $1.3 trillion in annual revenues. It does help India to use its diaspora for its economic development, as much as for Mauritius to use its connection with India to further its own goals. Mauritius could, for instance, develop its port into a regional hub for transshipment for good flowing in and out of Africa. Let us not forget that 90% of global trade still happens through the sea and there is a vast wealth buried in the Mauritian coastal zone. The blue economy itself has the potential to add a few percentage points to the GDP&nbsp;– an area where India can help.&nbsp;</p> <p>More Indian presence in Africa means more importance for Mauritius. It is now up to Mauritius to define a strategic role for itself and engage with India as an enabler of its ambitions in&nbsp;Africa.</p> <p><strong>Is the visit of the Indian Prime Minister an opportunity to announce more additional funding? Should we be expecting additional loans, knowing that India has provided much more line of credit than any other country over the past decade?</strong><br /> Mauritius has no shortage of friendly countries offering loans. Often there is a competition. The question is whose funding it should accept and what are the conditions attached to it. Indeed, whether it needs it in the first place. India has produced several innovations in the last decade. The Digital Public Infrastructure is one such pioneering initiative that even western governments are keen to adopt.</p> <p>The entire India Stack - of which DPI is a part, can help any government reduce operational costs drastically. It can also help improve public service deliveries in areas such as education, healthcare and benefit payments. Mauritian interests may be better served by seeking support on such digital innovations, which would in turn improve government efficiency, reduce costs and save taxpayers money.&nbsp;</p> <p><strong>Do you see Mauritius as the unique geopolitical playground influenced by India/US/UK on one side and China in the other side?</strong><br /> Small countries can exercise huge geopolitical influence if they choose to. Singapore is one case in point but so is Luxembourg and UAE. The one good thing that Mauritius has been able to do is to maintain its neutrality despite the visible influence of India. India’s influence on Mauritius is fundamentally benign given India is open, democratic and respects international law. So irrespective of the huge difference in size and population, it is one democracy dealing with another on a platform of mutual respect and recognition. Unlike the underhand dealings of many countries, the actions of Indian government overseas are closely scrutinized by the parliament and an unforgivingly aggressive press.</p> <p>The choice between the two blocks - India/US/UK on one hand and China on the other should be quite unambiguous. It is a question of values ultimately - to side with a democracy over an autocracy.</p> </div> <div class="field field--name-field-disqus field--type-disqus-comment field--label-hidden field--item"><drupal-render-placeholder callback="Drupal\disqus\Element\Disqus::displayDisqusComments" arguments="0=Baljinder%20Sharma%2C%20entrepreneur%20and%20writer%20%3A%C2%A0%E2%80%9CMore%20Indian%20presence%20in%20Africa%20means%20more%20importance%20for%20Mauritius%E2%80%9D&amp;1=http%3A//defimedia.info/baljinder-sharma-entrepreneur-and-writer-more-indian-presence-africa-means-more-importance-mauritius&amp;2=node/168939" token="AdVBd0eSvgiEzyhs8i5UDM_8zWDTqkPncO0kOt-dIXw"></drupal-render-placeholder></div> Sun, 02 Mar 2025 09:56:00 +0000 News on Sunday 168939 at http://defimedia.info Dr Siddick Maudarbocus : «Les drogues synthétiques sont extrêmement toxiques et causent des dégâts irréversibles au cerveau» http://defimedia.info/dr-siddick-maudarbocus-les-drogues-synthetiques-sont-extremement-toxiques-et-causent-des-degats-irreversibles-au-cerveau <span>Dr Siddick Maudarbocus : «Les drogues synthétiques sont extrêmement toxiques et causent des dégâts irréversibles au cerveau»</span> <span><span lang="" about="/users/defiplus" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Defi Plus</span></span> <span>dim 02/03/2025 - 07:58</span> <div class="field field--name-field-main-picture field--type-image field--label-hidden field--item"> <img src="/sites/default/files/styles/node_content_picture/public/dr_maudarbocus.jpg?itok=8Zs42IHv" width="1280" height="720" alt="" typeof="foaf:Image" class="img-responsive" /> </div> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field--item"><p><strong>Lorsqu’on parle de drogue, que doit-on inclure dans cette définition ?</strong><br /> Toute substance qui altère le fonctionnement du cerveau et le comportement d’un individu doit être considérée comme une drogue. Cela inclut l’alcool, le cannabis, l’héroïne et toutes les molécules définies par la loi. Cependant, aujourd’hui, nous sommes confrontés à un nouveau type de substances. Ce sont les drogues synthétiques qui posent un problème majeur, car elles sont composées de molécules artificielles qui font beaucoup de tort.</p> <p><strong>Quels sont les dangers de ces drogues synthétiques ?</strong><br /> Elles sont extrêmement toxiques et peuvent causer des dégâts irréversibles au cerveau. Même en tant que médecins addictologues, nous avons encore beaucoup à apprendre sur leurs effets. Elles se développent à une vitesse fulgurante, plus rapidement que les progrès scientifiques permettant d’en étudier les conséquences. Ce que nous constatons déjà, c’est qu’elles sont bien plus destructrices que l’alcool, l’héroïne ou même le cannabis.</p> <p><strong>Quel impact ont-ils sur la perception et la réactivité des consommateurs, en particulier des conducteurs ?</strong><br /> Lorsqu’une personne consomme une drogue, quelle qu’elle soit, sa perception de la réalité change. Elle peut voir un chemin droit tandis qu’il est courbé ou penser qu’elle roule lentement alors qu’elle va à toute vitesse. Cela la met en danger, ainsi que les autres usagers de la route. Or, avec les drogues synthétiques, ces perturbations sont décuplées.&nbsp;</p> <p>Certains consommateurs deviennent suicidaires quelques jours après l’ingestion. D’autres prennent le volant sans mesurer le risque. Il y a une urgence à légiférer pour interdire formellement la conduite sous l’influence de substances psychoactives.</p> <p><strong>Quels sont les signes qui permettent d’identifier une personne sous l’influence de ces substances ?</strong><br /> Le comportement change visiblement. On note une absence de connexion visuelle, une sorte de « voile » dans le regard et un flottement dans une autre dimension. Les expressions faciales et le langage corporel deviennent incohérents, et les réactions sont altérées.</p> <p><strong>La police est-elle formée pour détecter ces signes ?</strong><br /> Malheureusement, non. Aujourd’hui, les policiers effectuent des contrôles de routine, vérifient les permis, mais ils ne sont pas suffisamment formés pour repérer les signes d’une conduite sous influence. Cela pose un problème de sécurité publique. Il est impératif de leur fournir une formation spécifique, et d’intégrer également cette sensibilisation dans les écoles afin que les enseignants puissent identifier les élèves consommant ces substances.</p> <p><strong>Pourquoi, selon vous, tant de personnes se tournent-elles vers la drogue ?</strong><br /> La drogue est une échappatoire. Nous vivons dans une société malade, obsédée par l’immédiateté : « fast-food, fast-sex, fast-everything ». Beaucoup recherchent une sensation d’euphorie parce qu’ils sont déconnectés de leur véritable moi.</p> <p>Malheureusement, toutes les campagnes de sensibilisation menées jusqu’ici ont eu peu d’impact, car elles ne prennent pas en compte un élément fondamental : l’humain est un être émotionnel. Il ne réfléchit pas rationnellement lorsqu’il est face à ses vices. Un exemple serait les médecins qui fument tout en étant conscients que la cigarette a des effets nocifs. Cette attitude démontre qu’il est difficile de contrôler une addiction par le raisonnement et l’intelligence seulement.&nbsp;</p> <p><strong>Quels types de mesures seraient efficaces pour endiguer ce problème ?</strong><br /> D’abord, il faut des sanctions strictes. Toute personne causant un accident sous l’influence de la drogue devrait voir son permis suspendu immédiatement pour au moins un an. Elle ne pourrait le récupérer qu’après avoir passé un test de compétence.</p> <p>Une garde à vue de 24 heures serait aussi dissuasive. Ensuite, un suivi obligatoire en centre de réhabilitation pendant au minimum un mois pour toute conduite sous influence est essentiel. La réhabilitation peut aller jusqu’à quatre mois dépendant des substances consommées.&nbsp;</p> <p><strong>Vous avez évoqué une réflexion sur la dépénalisation du cannabis. Quelle est votre position ?</strong><br /> Le cannabis reste une drogue, et personne ne devrait conduire sous son influence. Cependant, il peut être un outil de réduction des risques. Contrairement aux drogues synthétiques, il est mieux compris et son impact est moins destructeur. En dépénalisant le cannabis de façon réglementée, on pourrait proposer une alternative contrôlée aux consommateurs de substances plus dangereuses.&nbsp;</p> <p>L’exemple de pays comme les États-Unis et certaines nations européennes montre que de nombreux employés accomplis consomment du cannabis sans que cela affecte leur vie professionnelle ou sociale.</p> <p><strong>Pensez-vous que la prohibition est une solution efficace contre la drogue ?</strong><br /> Non. Fermer le robinet ne résout pas le problème, car l’humain a une tendance naturelle à rechercher des sensations fortes. Le corps produit d’ailleurs ses propres opiacés naturels. Cependant, la crise sociale que traverse Maurice, couplée à l’entrée des drogues synthétiques, crée une situation explosive. Il est donc crucial d’agir vite et avec des méthodes drastiques.</p> <p><strong>Un dernier mot sur la situation actuelle ?</strong><br /> Il y a dix ans, je n’aurais pas envisagé un assouplissement de la loi sur le cannabis. Toutefois, aujourd’hui, face à la montée des drogues synthétiques, nous sommes sur une pente très dangereuse. Nous devons repenser notre approche de la dépendance et prendre des mesures radicales pour sauver des vies. Il faut agir vite. Si nous dépassons 2025 sans agir fermement, nous risquons malheureusement d’atteindre un point de non-retour.</p> </div> <div class="field field--name-field-disqus field--type-disqus-comment field--label-hidden field--item"><drupal-render-placeholder callback="Drupal\disqus\Element\Disqus::displayDisqusComments" arguments="0=Dr%20Siddick%20Maudarbocus%20%3A%C2%A0%C2%ABLes%20drogues%20synth%C3%A9tiques%20sont%20extr%C3%AAmement%20toxiques%20et%20causent%20des%20d%C3%A9g%C3%A2ts%20irr%C3%A9versibles%20au%20cerveau%C2%BB&amp;1=http%3A//defimedia.info/dr-siddick-maudarbocus-les-drogues-synthetiques-sont-extremement-toxiques-et-causent-des-degats-irreversibles-au-cerveau&amp;2=node/168904" token="IrJLIk2vqaW-xuxkJ5qQnPk6_HH44CCP-bacFKVjIRc"></drupal-render-placeholder></div> Sun, 02 Mar 2025 03:58:00 +0000 Defi Plus 168904 at http://defimedia.info Haniff Peerun : «Le ministère du Travail doit enquêter sur les raisons derrière les licenciements actuels»  http://defimedia.info/haniff-peerun-le-ministere-du-travail-doit-enqueter-sur-les-raisons-derriere-les-licenciements-actuels <span>Haniff Peerun : «Le ministère du Travail doit enquêter sur les raisons derrière les licenciements actuels» </span> <span><span lang="" about="/users/cvilbrin" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Christina Vilbrin</span></span> <span>mer 12/02/2025 - 06:43</span> <div class="field field--name-field-main-picture field--type-image field--label-hidden field--item"> <img src="/sites/default/files/styles/node_content_picture/public/untitled_design_-_2025-02-10t123045.804.jpg?itok=6hHMnW8R" width="1280" height="720" alt="" typeof="foaf:Image" class="img-responsive" /> </div> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field--item"><p>Haniff Peerun, président du Mauritius Labour Congress, ne reste pas insensible aux cas de licenciements de Star Knitwear et de Kuros Construction. Pour lui, une enquête s’impose. Il se prononce aussi en faveur d’une réunion tripartite pour discuter des mesures du discours-programme.&nbsp;</p> <p><strong>Le ministre du Travail a déclaré cette semaine que la définition du terme « travailleur » dans la « Workers Rights Act » sera revue afin de répondre aux besoins des salariés de plus de Rs 50 000. Que pensez-vous de cette initiative&nbsp;? Et que suggérez-vous à ce niveau ?&nbsp;</strong></p> <p>La « Workers Rights Act » doit être revue de fond en comble. C’est aberrant qu’un travailleur en emploi n’est pas considéré comme tel, car il touche Rs 50 000 à monter. Comment doit-on l’appeler alors ? Par contre, une personne sans emploi qui suit un stage de six mois, un an voire deux ans sous le « Youth Employment Programme » est considéré comme un employé. Tout cela vient fausser les données de Statistics Mauritius sur le chômage et l’emploi. Dans la « Workers Rights Act », le comité disciplinaire est en faveur de l’employeur, car c’est lui qui décide qui doit présider le Board. De même, les conclusions du Board ont force de loi. Ce sont autant d’aspects qu’il faut revoir.&nbsp;</p> <p><strong>Le gouvernement envisage aussi d’introduire la semaine des 40 heures pour les services non-essentiels et le congé parental d’un an. Où en sont les discussions à ce niveau ?&nbsp;</strong></p> <p>L’intention du gouvernement de venir de l’avant avec la semaine de 40 heures est bonne, mais comment se fera la mise en œuvre de ces mesures. C’est cela la grande question&nbsp;? Comment décide-t-il quels secteurs sont essentiels et lesquels ne le sont pas ? À ce jour, cet exercice n’a pas encore été fait. On se rappelle tous que pendant le confinement, la grande distribution était considérée comme un service essentiel. L’est-elle toujours ? Il y a un flou au niveau des services essentiels et non essentiels.&nbsp;</p> <p>Par ailleurs, dans la fonction publique, les employés travaillent de 9 heures à 16 heures, soit 7 heures par jour. Ce qui fait 35 heures par semaine. Ceux qui travaillent les samedis de 9 heures à midi cumulent 38 heures. Ce qui fait moins que 40 heures. La fonction publique sera-t-elle considérée comme un secteur non essentiel. Dans le secteur privé, la majeure partie des salariés travaillent de 9 heures à 17 heures, soit 8 heures par jour, 40 heures par semaine, sauf pour certains secteurs comme la manufacture. Il n’y a donc pas beaucoup de travailleurs qui sont concernés par la mesure de la semaine de 40 heures.&nbsp;</p> <p>Il faut harmoniser les conditions de travail dans le secteur public et le secteur privé. C’est pourquoi nous demandons au ministre du Travail de venir de l’avant avec une réunion tripartite pour en discuter.&nbsp;</p> <blockquote> <h3>La « Workers Rights Act » doit être revue de fond en comble"</h3> </blockquote> <p>Pour ce qui est du congé parental, l’Alliance du Changement avait parlé du congé de maternité d’une année pendant la campagne électorale. Il y a eu beaucoup de critiques et d’interrogations concernant la mise en œuvre de cette mesure. Dans son discours-programme, le gouvernement parle de congé parental, ce qui est complètement différent. Est-ce que ce sera entièrement payant ? Est-ce qu’une salariée qui entre en congé de maternité aujourd’hui ou dans les mois à venir sera prise en considération ? C’est encore flou. Il faut des discussions à ce sujet.&nbsp;</p> <p><strong>Vous avez des craintes que ces mesures ne soient que des effets d’annonce…&nbsp;</strong></p> <p>Nous souhaitons que ces mesures ne soient pas des effets d’annonce. Le ministre du Travail doit convoquer une réunion tripartite avec toutes les personnes concernées pour discuter de toutes les mesures du discours-programme qui concernent le monde du travail. Le plus vite il viendra de l’avant avec ces mesures, le meilleur se sera pour tout le monde. Dans le discours-programme, il y a plusieurs mesures qui peuvent rapidement être mises en place. On ne peut pas juste dire qu’on fera ça et ça... Il faut s’y atteler.&nbsp;</p> <p><strong>Le fait d’avoir deux syndicalistes, à savoir Ashok Subron et Kugan Parapen, comme ministre et Junior Minister au sein du gouvernement devrait-il, selon vous, contribuer à améliorer les relations industrielles et le sort des travailleurs ?&nbsp;</strong></p> <p>Jusqu’à l’heure, et jusqu’à preuve du contraire, je n’ai pas vu notre camarade Ashok, ex-syndicaliste devenu maintenant ministre, prendre position en faveur des travailleurs qui ne touchent pas la compensation salariale. Ceux qui gagnent plus de Rs 50 000 n’ont eu ni le 14e mois ni la compensation salariale de Rs 610. On attend de voir ce qu’il fera. Mais, j’ai espoir que notre camarade Ashok prendra des décisions dans l’intérêt des travailleurs même si ce faisant, il doit aller à l’encontre de ses partenaires au sein de l’Alliance du Changement.&nbsp;</p> <p><strong>Ces derniers jours ont été marqués par des cas de licenciements, notamment de 750 travailleurs étrangers chez Kuros Construction et de plus de 200 employés chez Star Knitwear... Faut-il renforcer la loi pour protéger les intérêts des travailleurs dans les cas de licenciements économiques ?&nbsp;</strong></p> <p>La loi du travail telle qu’elle est plutôt en faveur du patronat au détriment des travailleurs. C’est pour toutes ces raisons qu’on a dit au tout début qu’il faut revoir la loi du travail. Nous demandons aussi au nouveau gouvernement et ministre du Travail de mener une enquête sur les raisons pour lesquelles certaines entreprises ferment leurs portes ou licencient des gens. Dans le passé, on a vu certaines compagnies fermer leurs portes pour délocaliser leurs activités dans un autre pays, car la main-d’œuvre y est à meilleur marché. D’autres ont licencié des Mauriciens pour ensuite engager des travailleurs étrangers. Une enquête s’impose donc.&nbsp;</p> <p><strong>Vous avez déclaré récemment que vous souhaitiez que le gouvernement n’attende pas la fin de son mandat pour mettre en pratique les mesures annoncées dans son discours-programme. Pensez-vous que c’est faisable avec la pression de Moody’s pour que Maurice réduise ses dettes et ses dépenses ?&nbsp;</strong></p> <p>C’est de la pure politique. Avant même la notation de Moody’s, le gouvernement avait commencé à conditionner l’esprit des Mauriciens, d’abord avec le rapport State of the Economy, ensuite avec la possibilité que Moody’s nous rétrograde. C’était comme une sorte de marketing pour dire aux Mauriciens que certaines mesures ne pourraient pas être implémentées.&nbsp;</p> <p>L’actuel gouvernement doit tirer des leçons de ce qui est arrivé à l’ancien régime, qui a énuméré une série de mesures pécuniaires à la veille des élections en pensant remporter la victoire. Le peuple est intelligent et il sait quand on l’embête. Certaines mesures peuvent être mises en place tout de suite comme l’Internet gratuite par exemple. Il est temps que le gouvernement se mette au travail et implémente les projets qu’il a promis. Il a eu suffisamment de temps pour s’installer. L’attente est grande parmi la population et les travailleurs.&nbsp;</p> <p><strong>Vous suivez de près les négociations pour le nouvel accord sur les Chagos. Quelle est votre lecture de la situation ?</strong></p> <p>Notre souveraineté n’est pas à vendre. Le nouveau gouvernement a raison de chercher un accord respectable et convenable pour Maurice. Les Britanniques doivent retourner non seulement les Chagos, mais aussi Diego Garcia. D’ailleurs, toutes les instances internationales y compris la Cour Internationale de Justice a donné raison à Maurice et a condamné l’Angleterre pour occupation illégale des Chagos.</p> <p>On semble partager le même combat que mènent les Palestiniens contre l’occupation israélienne de l’État palestinien. C’est bien de faire ressortir aussi que Diego Garcia a servi comme base militaire pour bombarder Afghanistan et Iraq et nous, en tant que petit pays, nous ne souhaitons pas entrer en guerre. Nous voulons la paix. Il nous faut apporter un amendement dans notre Constitution pour qu’il n’y ait aucune base militaire dans n’importe quel territoire de la République de Maurice. Et aussi nous devons fermer nos ports et aéroports que ce soit à Port-Louis, Port-Mathurin, Agaléga et les autres territoires de Maurice aux avions et bateaux de guerre qui s’en approcheront. &nbsp;</p> </div> <div class="field field--name-field-disqus field--type-disqus-comment field--label-hidden field--item"><drupal-render-placeholder callback="Drupal\disqus\Element\Disqus::displayDisqusComments" arguments="0=Haniff%20Peerun%20%3A%20%C2%ABLe%20minist%C3%A8re%20du%20Travail%20doit%20enqu%C3%AAter%20sur%20les%20raisons%20derri%C3%A8re%20les%20licenciements%20actuels%C2%BB%C2%A0&amp;1=http%3A//defimedia.info/haniff-peerun-le-ministere-du-travail-doit-enqueter-sur-les-raisons-derriere-les-licenciements-actuels&amp;2=node/168244" token="jkJzoIT-UEpUCxUQ2hJoCYM-J6WiKWi1xIUOH3pjxBE"></drupal-render-placeholder></div> Wed, 12 Feb 2025 02:43:00 +0000 Christina Vilbrin 168244 at http://defimedia.info Irfaan Boodhoo : «Les relations commerciales entre Maurice et les États-Unis doivent être repensées en toute urgence» http://defimedia.info/irfaan-boodhoo-les-relations-commerciales-entre-maurice-et-les-etats-unis-doivent-etre-repensees-en-toute-urgence <span>Irfaan Boodhoo : «Les relations commerciales entre Maurice et les États-Unis doivent être repensées en toute urgence»</span> <span><span lang="" about="/users/cvilbrin" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Christina Vilbrin</span></span> <span>dim 09/02/2025 - 08:47</span> <div class="field field--name-field-main-picture field--type-image field--label-hidden field--item"> <img src="/sites/default/files/styles/node_content_picture/public/030225_irfaan.jpg?itok=pghPSDgY" width="1280" height="720" alt="" typeof="foaf:Image" class="img-responsive" /> </div> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field--item"><p>Les perspectives de la roupie dépendent largement de la différence entre les taux directeurs de la Réserve fédérale et de la Banque de Maurice, ainsi que de la position du commerce extérieur de notre île, explique Irfaan Boodhoo. Le Managing Economist chez Centre for Economics and Business Research n’écarte pas le risque que la roupie continue à se déprécier à court terme. Dans cet entretien, l’économiste évoque aussi la position que Maurice doit adopter face aux tensions commerciales entre les grandes puissances.&nbsp;</p> <p><strong>Depuis que Donald Trump a été élu président des États-Unis, le dollar s’est renforcé. Cette tendance va-t-elle perdurer ? Et comment devrait évoluer la roupie sur les douze prochains mois ?&nbsp;</strong><br /> Le débat sur la question de savoir si les politiques de Donald Trump conduiront à un dollar plus fort ou plus faible reflète l’interaction complexe des forces économiques que son administration a mises en mouvement.&nbsp;</p> <p>À court terme, les droits de douane pourraient soutenir le dollar. L’effet inflationniste des droits de douane - l’augmentation des prix à l’importation et des coûts de production nationaux - pourrait inciter la Réserve fédérale à maintenir des taux d’intérêt plus élevés. Ce qui attirerait les investisseurs étrangers à la recherche de rendements plus élevés et renforcerait le dollar. La déréglementation et les mesures de relance budgétaire sont également conçues pour stimuler la croissance et attirer les capitaux étrangers.&nbsp;</p> <p>Toutefois, au fil du temps, l’impact économique des droits de douane (la réduction des échanges, le ralentissement de la croissance et la baisse de la productivité) pourrait affaiblir le dollar à mesure que ces effets structurels se feront sentir.</p> <p>L’orientation finale du dollar dépend des forces qui dominent. La tension entre les objectifs politiques de Trump - stimuler la croissance tout en affaiblissant le dollar - fait de cette période l’une des plus imprévisibles de mémoire récente pour les marchés des devises. Les investisseurs devraient se garder d’une confiance excessive dans un seul résultat.</p> <p>Les perspectives de la roupie mauricienne dépendent largement de la différence entre les taux directeurs de la Réserve fédérale et de la Banque de Maurice, ainsi que de la position du commerce extérieur de l’île. Actuellement, ces deux facteurs sont défavorables, ce qui suggère que la roupie continuera probablement à se déprécier à court terme, à moins que des réformes structurelles soient mises en œuvre pour stimuler les exportations. Il semble que la BoM ait attendu que la Fed réduise ses taux plutôt que d’augmenter son propre taux directeur pour rétablir la prime historique par rapport au dollar. Pour les économies de marché émergentes comme Maurice, le maintien de cette prime est crucial. Car il permet d’attirer les investissements étrangers, de limiter les sorties de capitaux et de stabiliser la monnaie en rendant les actifs nationaux plus attrayants pour les investisseurs mondiaux.</p> <blockquote> <p>Il est temps pour Maurice de changer d’orientation et d’adopter des industries éthiques à forte valeur ajoutée… Il est temps de dépasser nos limites actuelles et d’élaborer une stratégie commerciale qui reflète nos ambitions et nos valeurs.</p> </blockquote> <p><strong>Une autre inquiétude concerne le renouvellement de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) après septembre 2025. À quel scénario doit-on s’attendre avec Trump aux commandes ?&nbsp;</strong><br /> L’AGOA a permis de stimuler les exportations de nombreuses nations africaines, de créer des emplois et d’encourager les investissements étrangers. Si elle venait à expirer sans être renouvelée, les exportateurs africains pourraient être confrontés à des droits de douane plus élevés, perdant ainsi un avantage concurrentiel sur le marché américain.</p> <p>Bien que Trump ait mis l’accent sur le rééquilibrage des accords commerciaux afin de réduire les déséquilibres perçus avec divers partenaires, il n’a pas fait mention de l’AGOA en particulier. Cependant, son approche imprévisible de la politique commerciale introduit de l’incertitude.</p> <p>Le renouvellement de l’AGOA dépendra de l’évolution de la politique commerciale américaine et du soutien du Congrès. Historiquement, l’AGOA a bénéficié d’un soutien bipartisan en raison de ses avantages perçus à la fois pour les économies africaines et pour les entreprises américaines à la recherche d’opportunités de commerce et d’investissement sur le continent.</p> <p><strong>L’administration de Trump augmentera significativement les droits de douane sur plusieurs territoires : 10 % à 20 % sur l’Union européenne, 25 % pour le Canada et le Mexique et 60 % pour la Chine. Quels sont les risques, mais aussi les opportunités pour Maurice ?&nbsp;</strong><br /> L’escalade des tensions commerciales entre les États-Unis et les principales économies : l’Union européenne, la Chine, le Canada et le Mexique pourrait entraîner un ralentissement de l’économie mondiale. Ce ralentissement pourrait réduire la demande pour les exportations mauriciennes de biens, mais aussi de services (tourisme, services professionnels et financiers), affectant des secteurs autres que ceux directement liés au marché américain, bien que cela semble peu probable à ce stade. Trump semble aimer utiliser des tactiques de menace, mais la mise en œuvre est une autre question. Personne ne sort gagnant d’une guerre commerciale.</p> <p>Les relations commerciales de Maurice avec les États-Unis, notre troisième marché d’exportation en 2023, doivent être repensées en toute urgence. Plus d’un tiers de nos exportations vers les États-Unis sont constituées de primates vivants, ce qui nuit à l’image de notre pays alors que le monde s’oriente vers des tests sans animaux. Notre deuxième produit d’exportation, l’habillement, a été entaché par des scandales liés à des pratiques d’exploitation de la main-d’œuvre migrante. Des titres comme : « Barbour and owner of Calvin Klein and Hilfiger among brands to pay £400,000 after report alleges illegal hiring fees, deception and intimidation » soulignent les risques pour la réputation du pays.</p> <p><strong>Que recommandez-vous ?&nbsp;</strong><br /> Il est temps pour Maurice de changer d’orientation et d’adopter des industries éthiques à forte valeur ajoutée. Des produits tels que les sucres spéciaux, les fruits de mer de premier choix et les équipements médicaux de haute qualité représentent des domaines dans lesquels Maurice peut exceller. En montant en gamme, Maurice peut se débarrasser du stigmate d’exportateur à bas coût et à faible valeur ajoutée et se forger une réputation d’une nation de qualité et d’intégrité. Cette évolution nécessite des politiques audacieuses, des investissements ciblés et une stratégie de marque pour attirer des industries et des partenariats de grande valeur. Maurice dispose des ressources et des talents pour réaliser cette transformation. Il est temps de dépasser nos limites actuelles et d’élaborer une stratégie commerciale qui reflète nos ambitions et nos valeurs.</p> </div> <div class="field field--name-field-disqus field--type-disqus-comment field--label-hidden field--item"><drupal-render-placeholder callback="Drupal\disqus\Element\Disqus::displayDisqusComments" arguments="0=Irfaan%20Boodhoo%20%3A%C2%A0%C2%ABLes%20relations%20commerciales%20entre%20Maurice%20et%20les%20%C3%89tats-Unis%20doivent%20%C3%AAtre%20repens%C3%A9es%20en%20toute%20urgence%C2%BB&amp;1=http%3A//defimedia.info/irfaan-boodhoo-les-relations-commerciales-entre-maurice-et-les-etats-unis-doivent-etre-repensees-en-toute-urgence&amp;2=node/167982" token="0k4U9z6jGQNkP8OrQufdlRau1ip5EQjZ5b21OZWrK_o"></drupal-render-placeholder></div> Sun, 09 Feb 2025 04:47:00 +0000 Christina Vilbrin 167982 at http://defimedia.info Kishore Beegoo : «Une enquête sera instituée sur l’achat et la vente des avions» http://defimedia.info/kishore-beegoo-une-enquete-sera-instituee-sur-lachat-et-la-vente-des-avions <span>Kishore Beegoo : «Une enquête sera instituée sur l’achat et la vente des avions»</span> <span><span lang="" about="/users/edinally" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Eshan Dinally</span></span> <span>dim 09/02/2025 - 07:41</span> <div class="field field--name-field-main-picture field--type-image field--label-hidden field--item"> <img src="/sites/default/files/styles/node_content_picture/public/kishore_beegoo.jpg?itok=kPR9OXFs" width="1280" height="720" alt="" typeof="foaf:Image" class="img-responsive" /> </div> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field--item"><p>Fraîchement nommé à la présidence du conseil d’administration d’Air Mauritius, Kishore Beegoo ne mâche pas ses mots. Face aux défis colossaux de la compagnie nationale, il annonce des réformes profondes, des enquêtes sur des décisions controversées et une tolérance zéro envers les privilèges injustifiés. Entre une flotte à optimiser, des finances à redresser et une gestion à moderniser, il entend insuffler un nouvel élan à l’entreprise. Dans cet entretien, il revient sur les erreurs du passé, expose sa vision pour l’avenir d’Air Mauritius et avertit&nbsp;: « L’ère du laxisme est révolue. Il est temps de travailler – ou de partir ! »</p> <p><strong>Comme attendu Charles Cartier a eu sa feuille de route. Il paraît que c’est difficile de dénicher l'oiseau rare pour le poste de CEO en confiant le cockpit à un trio. Est-ce normal que vous soyez à la fois président et membre de cette équipe ?</strong></p> <p>Tout à fait. Le Management Team consiste de trois personnes dont le président. Le CEO est un poste difficile et très « demanding » et nous cherchons l'oiseau rare. Entretemps, nous avons étoffé l'équipe avec l'arrivée d'un Chief Commercial Officer dès lundi. Nous avons aussi déjà renforcé le Département des finances et celui de Strategic Planning. Ce qui veut dire que la compagnie roule déjà à 100 à l'heure. Le CEO est le chef d'orchestre.</p> <p><strong>Votre nomination suscite des interrogations. Certains évoquent un possible conflit d’intérêts, étant donné que votre entreprise est un client important de la compagnie nationale aérienne. N’est-ce pas problématique ?</strong></p> <p>Pas du tout. Tout d’abord, précisons que je n’ai jamais sollicité ce poste. J’ai été invité à revenir en tant que directeur et président du conseil d’administration. Bien que j’aie été initialement réticent, les actionnaires m’ont convaincu, et j’ai accepté ce défi.</p> <p>Par ailleurs, comme je l’ai toujours fait, j’ai déjà soumis une déclaration de mes intérêts en tant que directeur général de Cargotech &amp; EV Cargo à Maurice et à Madagascar. Afin d’éviter toute situation pouvant être perçue comme un conflit d’intérêts, je vais me retirer des séances du conseil concernées. J’ai même demandé au secrétaire de la compagnie de me signaler toute situation nécessitant mon retrait. Tout cela est conforme aux lois et aux meilleures pratiques en matière de gouvernance.</p> <blockquote> <h2>AHL étant devenue un éléphant incontrôlable, nous discutions de la possibilité de la scinder en plusieurs holdings plus spécialisées"</h2> </blockquote> <p><strong>Vous maintenez donc que votre entreprise, Cargotech, ne constitue pas un obstacle à votre présidence du conseil d’administration d’Air Mauritius ?</strong></p> <p>Absolument. Mais puisque vous insistez, permettez-moi de rafraîchir la mémoire de ceux qui feignent l’indignation. Où étaient ces voix critiques lorsque le groupe Rogers siégeait au conseil d’administration d’Air Mauritius alors qu’il possédait Velogic, Rogers Air Cargo et Cargo Express ? Ces entreprises exerçaient exactement les mêmes activités que la mienne.</p> <p>Non seulement Rogers était un partenaire commercial majeur d’Air Mauritius, mais il représentait aussi MK dans plusieurs pays, tout en étant l’agent général de nombreuses compagnies aériennes concurrentes. Et pourtant, à l’époque, personne ne trouvait rien à redire ! Aujourd’hui, on me reproche un supposé conflit d’intérêts, alors que mon implication est bien moindre que celle de certains acteurs du passé. Comprenne qui pourra !</p> <p><strong>Vous dites que votre nomination s’aligne aux meilleures pratiques en matière de gouvernance. Êtes-vous au courant que ce n’est pas l’avis de tout le monde ?</strong></p> <p>Il faut cesser avec une grande hypocrisie ! Certains ont une lecture sélective de la bonne gouvernance, qu’ils adaptent selon leurs propres intérêts. Ils dénoncent des pratiques dans le secteur public, les corps parapublics ou les entreprises d’État, mais lorsqu’il s’agit du secteur privé – dont ils sont souvent les premiers bénéficiaires – ils restent silencieux sur des pratiques qui vont à l’encontre de la bonne gouvernance.</p> <p>À titre d’exemple, un monsieur qui siège dans plusieurs conseils d’administration très fermés s’est permis de donner des leçons, affirmant qu’un homme d’affaires du privé ne devrait pas présider une entreprise publique. Or, ce même monsieur ne trouve rien à redire sur le fait qu’un très petit groupe représentant 0,1% de la population, dont il fait partie, contrôle 50 % de l’économie mauricienne et occupe plus de 80 % des sièges des conseils d’administration des plus grandes entreprises du pays.</p> <p>Pour eux, c’est normal. Mais pour nous, les citoyens ordinaires, ils se permettent de prêcher la bonne gouvernance. C’est un comble !</p> <p><strong>Abordons la situation financière d’Air Mauritius. Comment en est-on arrivé là ?</strong></p> <p>La principale cause de cette crise remonte à la décision de l’ancien gouvernement d’intégrer Air Mauritius (MK) au sein d’Airport Holdings Limited (AHL). Sur le papier, c’était une bonne initiative. AHL détient de nombreux actifs, possède un bilan financier solide avec près de Rs 100 milliards en actifs, et ses filiales génèrent des profits d’environ Rs 1,4 milliard par an.&nbsp;</p> <p>Dans un monde idéal, ce plan aurait fonctionné. Mais dans la réalité, AHL est devenue un éléphant incontrôlable. Lors d’une réunion avec la Mauritius Investment Corporation (MIC), où nous discutions de la possibilité de scinder AHL en plusieurs holdings plus spécialisées, j’ai clairement exprimé mon point de vue : « I am not going to sit on a wild elephant. »</p> <p><strong>Comment AHL est-elle devenue « un éléphant incontrôlable » ?</strong></p> <p>Tout a basculé lorsqu’un événement clé s’est produit : Ken Arian, alors CEO d’AHL – qui est l’actionnaire principal d’Air Mauritius – a été évincé du conseil d’administration d’Air Mauritius. Il est de notoriété publique que Ken Arian et Charles Cartier, CEO d’Air Mauritius, étaient en conflit ouvert. Ils n’étaient pas on speaking terms pour ne pas dire des mots plus forts.</p> <p>Au lieu de collaborer pour redresser la compagnie, ils ont passé leur temps à s’envoyer des courriers officiels, ignorant systématiquement les demandes de l’autre. Imaginez : leurs bureaux étaient situés à seulement 30 mètres de distance, mais ils ne se parlaient que par lettres ! Le résultat a été catastrophique : Air Mauritius s’est retrouvée paralysée.</p> <p><strong>« Paralysée » ? Que voulez-vous dire exactement ?</strong></p> <p>Prenons un exemple concret : le prêt de Rs 8 milliards. Il aurait dû être converti en actions dès 2022, mais cela n’a jamais été fait. Pendant ce temps, les échanges entre MK et AHL se sont éternisés, avec des correspondances envoyées en boucle, sans qu’aucune décision ne soit prise. Résultat : un bilan financier extrêmement négatif pour Air Mauritius, ce qui a gravement compromis sa crédibilité sur les marchés financiers.</p> <p>Je tiens également à souligner la responsabilité de l’ancien conseil d’administration de MK. Il aurait dû tirer la sonnette d’alarme bien plus tôt. Un conseil d’administration ne doit pas être une simple chambre d’enregistrement, une « savate l’éponge » pour ne pas dire un «&nbsp;brède songe ». Il a un rôle essentiel à jouer. Lorsqu’il constate que l’entreprise qu’il supervise est en difficulté, il doit réagir avec fermeté. Pourquoi cela n’a-t-il pas été fait ? Voilà une autre question qui mérite une réponse.&nbsp;</p> <blockquote> <h2>Les ennemis de la compagnie : 0,5% du personnel, des parachutés qui bénéficient de contrats en béton et de privilèges injustifiés"</h2> </blockquote> <p><strong>Le conflit entre les deux anciens Chief Executive Officers (CEO) a-t-il joué un rôle dans le retard de la signature du bilan financier d’Air Mauritius pour l’exercice se terminant en mars 2024 ?</strong></p> <p>C’est même l’une des raisons majeures. Ce qui m’indigne le plus, c’est l’inaction totale du gouvernement sortant face à cette situation. Il n’a pris aucune mesure pour contraindre Air Mauritius et AHL à répondre aux exigences des auditeurs et à agir dans l’intérêt des entreprises concernées.</p> <p>Pourtant, il s’agissait d’une tâche relativement simple. Mais faute de volonté politique, une situation déjà fragile a continué à se détériorer, au détriment des employés, des actionnaires et, plus largement, du peuple mauricien. Aujourd’hui, on peut légitimement se demander pourquoi les décideurs politiques de l’époque ont préféré se mettre la tête dans le sable plutôt que de voir – et surtout résoudre – cette guerre ouverte entre les CEO de MK et d’AHL.</p> <p><strong>Que pensez-vous que le gouvernement de l’époque aurait dû faire ?&nbsp;</strong></p> <p>AHL étant l’actionnaire principal d’Air Mauritius, si le gouvernement estimait que Ken Arian n’avait plus sa place au conseil d’administration de MK, il aurait dû le démettre de ses fonctions à la tête d’AHL. Il ne peut pas y avoir de deux poids, deux mesures. S’il n’était plus apte à siéger au conseil d’Air Mauritius, pourquoi lui laisser les rênes d’AHL, qui pilotait indirectement MK ? Pourquoi a-t-on laissé la situation se dégrader ?</p> <p>Pourquoi cette inertie alors qu’Air Mauritius perdait de l’argent ? L’ancien gouvernement doit répondre à ces questions essentielles.</p> <p><strong>Avec leur mise à l’écart et une nouvelle équipe, le nœud gordien a été tranché ?</strong></p> <p>Absolument. Aujourd’hui, Air Mauritius, AHL et la Mauritius Investment Corporation (MIC), sous la supervision de la Banque de Maurice, collaborent pour satisfaire aux exigences des auditeurs. L’objectif est de s’assurer que le bilan financier soit signé au plus vite et qu’Air Mauritius retrouve une situation stable, avec un bilan renforcé. Nous voulons que le « Paille-en-Queue » ne se contente pas de garder la tête hors de l’eau, mais puisse reprendre son envol et atteindre rapidement sa vitesse de croisière.</p> <blockquote> <h2>Crime économique : des avions partaient avec des sièges vides simplement par manque de coordination"</h2> </blockquote> <p><strong>Avez-vous une stratégie claire pour redresser Air Mauritius ?</strong></p> <p>Je ne vais pas révéler l’intégralité de notre plan, qui est en cours de discussion avec le management, mais plusieurs mesures-clés doivent être prises sans tarder. D’abord, il faut convertir les prêts accordés par AHL en fonds propres (equity). Pour bien comprendre, AHL a financé Air Mauritius mais a récupéré en contrepartie ses actifs. Résultat : une impasse financière qui nous empêche d’avancer.&nbsp;</p> <p>Ensuite, il faut clarifier la situation des financements. J’entends souvent dire qu’Air Mauritius a bénéficié d’une injection de Rs 25 milliards via la MIC. C’est totalement faux ! Cette somme n’a jamais atterri dans les comptes de la compagnie.</p> <p>En réalité, MK a reçu environ Rs 8 milliards, dont Rs 2,7 milliards ont été dirigées directement vers un fonds de pension. Nous travaillons actuellement avec AHL et la MIC pour remettre de l’ordre dans ces fonds.</p> <p>Nous espérons récupérer Rs 12 milliards en fonds propres ou sous forme de restitution d’actifs, comme cela avait été initialement prévu. Enfin, nous devons absolument maîtriser les coûts et augmenter les revenus. C’est notre priorité immédiate.&nbsp;</p> <p><strong>Dans votre premier message aux employés, vous utilisez la métaphore du « mur de Chine » pour dénoncer une structure cloisonnée au sein de la compagnie. Pourquoi vous attaquez-vous à leur « zone de confort » ?</strong></p> <p>En visitant les bureaux, j’ai été frappé par le nombre impressionnant de murs par mètre carré. Il y a des cloisons partout : entre les employés, entre les départements qui ont chacun créé leur propre petit univers fermé, et même entre les équipes et les clients. Cela ne s’arrête pas là. À l’intérieur de ces espaces, chaque employé s’est enfermé dans son propre monde.&nbsp;</p> <p>Ce cloisonnement crée des obstacles à la communication, à la collaboration et à la réactivité, alors que nous évoluons dans un secteur qui exige de l’agilité et une rapidité d’exécution extrême. Nos avions volent à 800 km/h. Nos employés doivent comprendre qu’ils doivent eux aussi accélérer la cadence ! Or, à Air Mauritius, notamment dans les bureaux de Port-Louis, nous faisons exactement l’inverse : nous sommes éloignés les uns des autres, inaccessibles et enfermés dans des routines inefficaces.&nbsp;</p> <p><strong>Vous avez mis en garde les employés moins compétents mais mieux traités. À quoi doivent-ils s’attendre ?</strong></p> <p>Lors de mes rencontres, j’ai constaté que 99,5 % des employés sont dévoués et motivés. Ils veulent voir Air Mauritius se relever. Ils sont prêts à donner le meilleur d’eux-mêmes pour contribuer au redressement de la compagnie.&nbsp;</p> <p>Mais il y a une minorité de 0,5 % qui pose problème. Ces « parachutés » et « protégés politiques » bénéficient de contrats en béton et de privilèges injustifiés, alors qu’ils n’ont ni les compétences, ni la volonté de faire avancer la compagnie. Pire encore, non seulement ils entravent son bon fonctionnement, mais ils démotivent aussi les employés compétents. Ce sont ces mêmes individus qui critiquent bruyamment notre mission de redressement sur les réseaux sociaux.&nbsp;</p> <p>Soyons clairs : ces profiteurs sont les ennemis de la compagnie. Ils devraient avoir honte de percevoir des salaires mirobolants alors qu’ils n’apportent pas de réelle contribution. Mais comme toujours, quand on met de l’ordre, ce sont ceux qui ont le plus à perdre qui crient le plus fort.&nbsp;</p> <p>Ces gens-là sont des lâches. Ils n’ont pas le courage de venir discuter avec la direction en face-à-face. Ils refusent de comprendre que les temps ont changé. Qu’ils le sachent : ils ne seront plus ces grains de sable qui bloquent notre moteur. L’ère du copinage est terminée. Il est temps de se mettre au travail… ou de partir.&nbsp;</p> <p><strong>Une petite compagnie comme Air Mauritius a-t-elle réellement besoin d’un conseil d’administration de quinze membres, soit presque autant que de grandes compagnies aériennes ?&nbsp;</strong></p> <p>Nous nous conformons à la Constitution de la compagnie, qui remonte à près de six décennies. Cette charte prévoit un maximum de quinze administrateurs et un quorum de neuf membres. Peut-être faudra-t-il la revoir en temps voulu.</p> <p>Cependant, compte tenu de la complexité de notre activité, cela n’a rien d’exagéré. En sus des travaux du conseil d’administration, les administrateurs sont répartis en quatre sous-comités stratégiques : audit et gestion des risques ; gouvernance d’entreprise, rémunération et nominations ; investissement et finances ; ainsi que sécurité et conformité.&nbsp;</p> <p>Et croyez-moi, ils ont énormément de travail. Leur implication dans ces sous-comités permet de prendre des décisions plus rapides et mieux éclairées lors des réunions du conseil d’administration.&nbsp;</p> <p><br /> <strong>Vous avez surpris plus d’un en révélant que le département commercial – le poumon de la compagnie – fonctionne en silos. Avez-vous déjà pris des mesures ?</strong></p> <p>Je peux vous assurer que je n’ai pas perdu une seule seconde. J’ai organisé une réunion avec tout le personnel du département commercial. Et là, surprise : c’était la première fois qu’ils se retrouvaient tous ensemble !</p> <p>Le plus préoccupant, c’est que cette absence de synergie a coûté très cher à la compagnie. On m’a rapporté que des avions partaient avec des sièges vides simplement parce que les différentes unités ne partageaient pas leurs informations.</p> <p>Depuis, le management a organisé deux autres réunions, et j’ai moi-même assuré deux suivis. Nous ne pouvons pas laisser l’argent nous filer entre les doigts à cause d’une mauvaise gestion.</p> <p>Un siège non vendu, c’est une perte sèche. Pour une compagnie en difficulté financière, c’est un crime économique. Ce désastre est le résultat direct d’un manque de professionnalisme et d’incompétences à des postes clés.</p> <p><strong>Quels autres dysfonctionnements avez-vous identifiés ?</strong></p> <p>Au-delà du manque de communication interne, j’ai constaté une grave déficience en communication externe. Air Mauritius ne réagit ni aux fausses informations qui circulent, ni aux fake news qui pullulent sur les réseaux sociaux. Ce silence crée un vide, transformant la compagnie en punching-ball national.</p> <p>Résultat : tout le monde pense mieux connaître Air Mauritius que la compagnie elle-même ! Tout le monde devient soudain expert en aviation et propose des solutions miracles. Et pour couronner le tout, nos employés passent pour des imbéciles !</p> <blockquote> <h2>Notre priorité immédiate : maîtriser les coûts et augmenter les revenus"</h2> </blockquote> <p>Cette omerta doit cesser. Laisser planer le doute et la suspicion nuit gravement à notre image. J’ai clairement fait comprendre aux équipes que ma philosophie sera radicalement différente. Nous allons privilégier la transparence et reprendre le contrôle du discours public.</p> <p><strong>Vous rencontrez de nombreux employés, mais qu’en est-il des syndicats ?</strong></p> <p>Cette rencontre aura lieu en temps voulu. Ma priorité immédiate est de redresser les finances de la compagnie.</p> <p>Lors de mes échanges avec les employés, j’ai pu mesurer leur satisfaction face à mon approche de transformation. Ils apprécient cette nouvelle dynamique, fondée sur une communication ouverte, un leadership fort et une culture d’entreprise positive. Nous allons instaurer un climat de stabilité, basé sur des décisions transparentes et objectives.</p> <p><strong>La flotte d’Air Mauritius a fait l’objet de nombreux débats. Est-elle adaptée aux ambitions de la compagnie ou un renouvellement s’impose-t-il ?</strong></p> <p>L’achat d’avions est toujours un pari risqué. D’un côté, une flotte moderne est essentielle à la croissance de la compagnie. De l’autre, c’est un investissement colossal qui exige une exploitation optimale des appareils.</p> <p>Trois Airbus A350 ont été commandés et seront livrés dans les deux prochaines années. Normalement, avant de commander un avion, une compagnie élabore un fleet plan détaillé sur deux à trois ans, avec l’aide d’experts, pour identifier les routes les plus rentables et commander les appareils en conséquence.</p> <p>Or, je n’ai toujours pas vu de fleet plan professionnel pour ces trois avions. Je me demande donc si nous avons mis les bœufs avant la charrue. Si ces appareils ne correspondent pas à nos besoins réels, ils risquent de devenir un fardeau financier qui ralentira considérablement notre redressement.</p> <p><strong>Qu’en est-il des deux Airbus A330-200 pris après la pandémie ?</strong></p> <p>Ces deux avions, âgés de 17 ans, ont terni l’image de la compagnie. Ils posent de nombreux problèmes techniques, entraînent des retards et leurs sièges sont en mauvais état.</p> <p>Quand j’ai interrogé notre équipe technique, elle m’a expliqué que nous avons dû investir une fortune en pièces neuves et coûteuses pour les maintenir en état de vol. Au rythme où vont les choses, quand nous les restituerons, ils seront presque comme neufs !</p> <p>Nous allons donc initier une enquête sur l’achat de ces deux avions ainsi que sur la vente des appareils sous l’administration volontaire. Nous voulons comprendre ce qui s’est passé, tirer les leçons du passé et clore définitivement ce chapitre.</p> <p><strong>Air Mauritius dépend quasiment exclusivement du tourisme. Quels segments allez-vous développer pour diversifier ses revenus ?</strong></p> <p>C’est au gouvernement et aux actionnaires de définir la vision stratégique de la compagnie.</p> <p>Veulent-ils une petite compagnie rentable et solide ? Une compagnie moyenne, moins profitable, mais plus ambitieuse ? Une grande compagnie jouant un rôle clé dans le développement économique du pays ? Ou encore une très grande compagnie, avec un impact économique massif, mais potentiellement déficitaire ? Si certaines routes non rentables sont maintenues pour soutenir le tourisme, alors il faudra trouver un modèle de financement participatif.</p> <p><strong>Que voulez-vous dire par « financement participatif » ?</strong></p> <p>Air Mauritius exploite certaines routes déficitaires qui rapportent pourtant énormément aux hôteliers. Pourquoi ne pas solliciter une contribution financière des hôtels pour couvrir ces pertes ? L’objectif est de créer un modèle au sein duquel Air Mauritius, les hôteliers et l’économie nationale bénéficient mutuellement.</p> <p><strong>Quel type de président serez-vous ? Un stratège discret ou un dirigeant qui tire les ficelles en coulisses ?</strong></p> <p>Je suis connu pour être direct et pas du tout diplomate. J’ai accepté ce poste pour une seule raison : aider le gouvernement à redresser Air Mauritius et en faire une fierté nationale. Il n’y aura aucun compromis.</p> <p>Dans cette mission, je suis influencé par une seule chose : l’intérêt de la compagnie. Le jour où l’on me demandera de faire des choses inacceptables, je plierai bagage.</p> <p>Un président n’a pas de contrat. Il peut être remercié à tout moment. C’est pourquoi je suis déterminé à agir avec intégrité et à faire en sorte que chaque Mauricien puisse être fier d’Air Mauritius.</p> <p>J’ai bien dit dans mon message aux employés que le vrai propriétaire de MK est le peuple de Maurice et nous devons faire en sorte que les Mauriciens soient fiers de nous. Nos actions futures doivent le montrer.</p> <p>Par exemple, allons-nous prendre de l’argent de la MIC soit l’argent des Mauriciens et le donner sous pressions aux employés ? Ou allons-nous nous servir de cet argent pour stabiliser/développer la compagnie ?</p> <p>Peut-on envisager que les employés après avoir été performants aient droit à une part du profit.</p> <p><strong>Quelles seront vos premières mesures concrètes ?</strong></p> <p>Nous allons immédiatement instaurer de nouvelles procédures transparentes pour mettre fin aux abus qui nous font perdre de l’argent.</p> <p>Fini les surclassements de complaisance</p> <p>Fini les excédents de bagages accordés aux « copains »</p> <p>Nous allons mettre en place un programme de fidélité évolué. Nos clients pourront utiliser leurs points pour des surclassements, l’achat de billets ou des excédents de bagages, sans passer par un employé.</p> <p>Je suis convaincu qu’avec l’enthousiasme de nos employés et un management clair, sincère et basé sur des chiffres concrets, nous pouvons sortir la tête de l’eau et devenir une entreprise prospère et respectée.</p> <p>Je songe d’ailleurs à présenter notre bilan financier tous les ans aux employés et aux syndicats, afin qu’ils comprennent la réalité et avancent ensemble. Mon rôle sera de mobiliser nos équipes autour du CEO et du management. Ce qui insufflera une nouvelle dynamique et renouera rapidement avec la rentabilité.</p> </div> <div class="field field--name-field-disqus field--type-disqus-comment field--label-hidden field--item"><drupal-render-placeholder callback="Drupal\disqus\Element\Disqus::displayDisqusComments" arguments="0=Kishore%20Beegoo%20%3A%20%C2%ABUne%20enqu%C3%AAte%20sera%20institu%C3%A9e%20sur%C2%A0l%E2%80%99achat%20et%20la%20vente%20des%20avions%C2%BB&amp;1=http%3A//defimedia.info/kishore-beegoo-une-enquete-sera-instituee-sur-lachat-et-la-vente-des-avions&amp;2=node/168193" token="xSBgaHqdah1AulHMLWSiA_ZrVrPI-LBidIBoNaNeOmk"></drupal-render-placeholder></div> Sun, 09 Feb 2025 03:41:00 +0000 Eshan Dinally 168193 at http://defimedia.info Laura Jaymangal : «Tout contrevenant à la loi électorale doit en assumer les conséquences» http://defimedia.info/laura-jaymangal-tout-contrevenant-la-loi-electorale-doit-en-assumer-les-consequences <span>Laura Jaymangal : «Tout contrevenant à la loi électorale doit en assumer les conséquences»</span> <span><span lang="" about="/users/tlaurent" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Thierry Laurent</span></span> <span>mar 04/02/2025 - 12:15</span> <div class="field field--name-field-main-picture field--type-image field--label-hidden field--item"> <img src="/sites/default/files/styles/node_content_picture/public/laura_jaymangal.jpg?itok=3IUC1mWg" width="1280" height="720" alt="" typeof="foaf:Image" class="img-responsive" /> </div> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field--item"><p><strong>Le cadre légal des dépenses électorales est-il réaliste ? Les plafonds fixés pour les dépenses de campagne sont-ils en adéquation avec la réalité des moyens mobilisés par les candidats lors des élections ?</strong></p> <p>La loi impose des limites aux dépenses des candidats, mais ces montants ont été définis il y a plusieurs années. Avec l’évolution économique, l’inflation et les nouvelles formes de communication en politique (réseaux sociaux, publicité en ligne, etc.), il est légitime de se demander si ces plafonds sont toujours adaptés. Une révision de ces montants pourrait être envisagée pour mieux refléter les coûts réels d’une campagne aujourd’hui.</p> <p>Toutefois, au-delà du montant des dépenses, l’enjeu principal reste la transparence du financement. Financer une campagne électorale est une réalité incontournable à travers le monde, mais ce qui importe avant tout, c’est de savoir d’où vient l’argent et comment il est utilisé. Un système où les plafonds sont ajustés sans un cadre strict de transparence risquerait d’ouvrir la porte à des financements opaques ou à des influences cachées. Ainsi, toute révision des plafonds devrait s’accompagner de mécanismes renforcés pour assurer une déclaration claire et accessible des sources de financement, afin de préserver l’intégrité du processus électoral.</p> <p><strong>Les poursuites engagées contre certains candidats traduisent-elles une volonté réelle de transparence ou relèvent-elles d’une utilisation politique du droit électoral ?</strong></p> <p>Maurice est un État de droit, et le respect des lois s’applique à tous, qu’il s’agisse de simples citoyens ou d’élus. Toute personne qui enfreint la loi électorale doit en assumer les conséquences, car l’application des règles est essentielle pour garantir l’intégrité du processus démocratique.</p> <p>Cependant, il est tout aussi important que ces poursuites ne deviennent pas un outil d’instrumentalisation politique. L’application de la loi doit être équitable, impartiale et fondée sur des faits avérés, afin d’éviter toute perception de règlement de comptes politique. La justice doit être exercée de manière rigoureuse et transparente pour renforcer la confiance des citoyens dans le système électoral et assurer une démocratie saine et juste.</p> <p><strong>La réglementation actuelle favorise-t-elle une opacité des financements électoraux plutôt qu’une transparence effective ? En limitant officiellement les dépenses, mais en fermant les yeux sur des financements indirects, la loi ne crée-t-elle pas un système dans lequel seuls les mieux organisés échappent aux sanctions ?</strong></p> <p>Dans la culture politique mauricienne, une campagne électorale ne se limite pas aux dépenses officielles d’un candidat : d’autres facteurs, comme l’appui logistique, les ressources mobilisées par des tiers ou encore certaines formes d’influence, peuvent jouer un rôle déterminant.</p> <p>C’est pourquoi une loi sur le financement des partis politiques est aujourd’hui plus que nécessaire. Pour être efficace, elle doit non seulement encadrer les financements directs, mais aussi inclure toutes les formes de soutien, qu’elles soient financières, matérielles ou en nature.&nbsp;</p> <p>De plus, il est essentiel d’exiger des comptes audités pour les partis politiques afin de garantir une plus grande transparence et de permettre aux citoyens de savoir d’où proviennent les fonds qui alimentent les campagnes. Un tel cadre juridique renforcerait la confiance du public dans le processus électoral et assurerait une compétition plus équitable entre les candidats.</p> </div> <div class="field field--name-field-disqus field--type-disqus-comment field--label-hidden field--item"><drupal-render-placeholder callback="Drupal\disqus\Element\Disqus::displayDisqusComments" arguments="0=Laura%20Jaymangal%20%3A%20%C2%ABTout%20contrevenant%20%C3%A0%20la%20loi%20%C3%A9lectorale%20doit%20en%20assumer%20les%20cons%C3%A9quences%C2%BB&amp;1=http%3A//defimedia.info/laura-jaymangal-tout-contrevenant-la-loi-electorale-doit-en-assumer-les-consequences&amp;2=node/168014" token="K7sF3Ght2KJakW82uHc1iX2Uxz1WnwTMx0jBUzwQzPk"></drupal-render-placeholder></div> Tue, 04 Feb 2025 08:15:00 +0000 Thierry Laurent 168014 at http://defimedia.info Manisha Dookhony, économiste : «L’argent provenant du bail de Diego devrait entrer dans un fonds souverain» http://defimedia.info/manisha-dookhony-economiste-largent-provenant-du-bail-de-diego-devrait-entrer-dans-un-fonds-souverain <span>Manisha Dookhony, économiste : «L’argent provenant du bail de Diego devrait entrer dans un fonds souverain»</span> <span><span lang="" about="/users/pdaby" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Pradeep Daby</span></span> <span>sam 18/01/2025 - 07:50</span> <div class="field field--name-field-main-picture field--type-image field--label-hidden field--item"> <img src="/sites/default/files/styles/node_content_picture/public/manisha_dookhony_2.jpg?itok=VoFaDAuw" width="1280" height="720" alt="" typeof="foaf:Image" class="img-responsive" /> </div> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field--item"><p>La question du bail de Diego Garcia et les enquêtes liées aux prêts de la Mauritius Investment Corporation sont au cœur d’une brulante actualité. Et l’économiste Manisha Dookhony fait valoir que des liquidités existaient sur le marché local en 2020 et certaines entreprises pouvaient en bénéficier. En même temps, elle reconnait que les fonds provenant de la Mauritius Investment Corporation ont permis de soutenir l’économie mauricienne durant la pandémie. « On voit comment le secteur du tourisme a bien repris&nbsp;», cite-t-elle en exemple.<br /> <br /> <strong>La Mauritius Investment Corporation (MIC) est au cœur de l’actualité. L’ancien gouvernement avait-il d’autres possibilités que de recourir à l’impression de billets de banque, hors du circuit officiel&nbsp;? Pouvait-il emprunter auprès des agences mondiales de financement (Banque mondiale, Union européenne, entre autres) et sous quelles conditions ?</strong><br /> <br /> L’idée qu’un gouvernement soutienne des entreprises en prenant une part d’« equity » ou en avançant des prêts à des taux préférentiels n’est pas nouvelle. Nous avons déjà à Maurice la State Investment Corporation (SIC), par exemple, qui le fait. Le fait que ce soit des instruments convertibles est sans doute un peu plus nouveau. Si on se remémore du temps de la création de la Mauritius Investment Corporation (MIC), il y avait sur le marché local pas mal de liquidités. Certaines entreprises pouvaient emprunter sur le marché local. Si ces entreprises comportaient des risques, et c’était le cas pour toutes les entreprises du secteur du tourisme, le gouvernement aurait pu mettre en place ou accéder à des « guarantee » instruments. D’ailleurs, beaucoup d’entités et d’agences mondiales ont mis en place des instruments de garantie post covid-19. Le EFSD (et maintenant EFSD+) de l’Union européenne propose une large panoplie d’instruments à travers le DFI européen. Ainsi, si le gouvernement s’inquiétait du niveau de la dette et ne voulait pas prendre plus de dettes, ils auraient pu avoir recours à ces instruments.</p> <p>Mais pour moi, le vrai problème c’est que tout en se disant indépendante, la MIC est sous l’égide de la Banque centrale (BoM). Ce qui fait que tout en étant une instance de régulation, la BoM est devenue un ‘market player’. Bon nombre de personnes ont pointé du doigt cet aspect depuis la création de la MIC. J’espère que la nouvelle administration trouvera une solution. Pour moi, il faudrait que les investissements (convertible instruments) de la MIC soient repris par une autre entité (même s’il faut en créer une). L’argent que la BoM a mis dans la MIC devrait lui être remboursé, afin que celle-ci puisse l’utiliser pour défendre la roupie et pour d’autres activités.</p> <p>Je prends l’exemple de deux fonds dans la région : le fonds souverain éthiopien et le Fond Agaciro au Rwanda. En Éthiopie, l’Ethiopian Investment Holdings (EIH) est le plus grand fonds souverain d’Afrique, avec plus de 150 milliards de dollars d’actifs sous gestion et des revenus de dividendes supplémentaires. L’EIH représente les intérêts commerciaux et d’investissement à long terme de l’Éthiopie. Il a dans son portefeuille des entreprises phares comme Ethiopian Airlines et Ethio Telecom. Au Botswana, le Pula Fund est un portefeuille d’investissement à long terme qui a été créé en 1994 dans le but de préserver une partie des revenus des exportations de diamants pour les générations futures. Les réserves de change qui dépassent les besoins à moyen terme sont transférées au Fonds Pula et investies conformément à ces directives d’investissement. Au Rwanda, l’Agaciro Development fund a été créé en 2012/2013 comme un fonds de développement. C’est devenu depuis un fonds souverain dont le principe directeur est de combiner la théorie et la pratique. Il répartit systématiquement les fonds entre les différentes classes de manière à garantir la durabilité et la réalisation des objectifs financiers du fonds. Ce faisant, la taille du fonds dans chaque classe, les risques associés à la classe et la situation financière du fonds sont pris en compte. De ce fait, Agaciro a investi dans plusieurs secteurs : la numérisation du pays à travers Irembo, les entreprises de ‘self sustainability’ comme pour le développement des rizières dans le pays.</p> <p><strong>Les fonds de la MIC ont-ils permis de soutenir l’économie mauricienne durant la pandémie ?</strong><br /> Oui, et on voit bien comment le secteur du tourisme a bien repris. Il n’y a qu’à voir comment les actions d’entreprises qui sont cotées en bourse et qui ont bénéficié du soutien de la MIC ont grimpé. Ainsi, si les instruments sont convertibles et, dépendant des conditions, il est possible pour la MIC de récupérer ses fonds. Mais nous ne connaissons pas les conditions de la convertibilité. Il y a des pays où des pans de l’économie ont souffert énormément sans aucun soutien du gouvernement. Des entreprises ont dû fermer dans ces pays. Ce qui n’a pas été le cas pour le tourisme à Maurice qui avait souffert de la fermeture de nos frontières.&nbsp;</p> <p>La question de la surenchère des promesses durant la campagne électorale de novembre 2024 a été maintes fois décriée. L’opposition d’alors devait-elle en faire, sans s’assurer de la capacité de les honorer ?<br /> Ça, c’est de l’ordre politique. Je pense que dans toutes les élections, il y a des surenchères. Parfois ça paye, parfois non. Mais quand on n’est pas gérant de l’économie, c’est-à-dire pas en majorité, il est difficile de savoir ce qui est maquillé. Les chiffres semblent avoir été maquillés. De ce fait, je pense que les analyses pour les promesses ont peut-être été erronées. Et je suis d’avis que certaines étaient basées sur des revenus externes, c.-à-d. pour la base de Diego Garcia.</p> <p><strong>Après la publication du rapport sur l’état de l’économie mauricienne, le nouveau gouvernement n’hésite pas à parler d’une nouvelle année ‘difficile’. Cette situation est-elle à mettre entièrement sur le bilan de l’ancien gouvernement ?</strong><br /> La focalisation sur certains secteurs, au détriment d’une diversification économique, des dépenses avec une vue à court terme, un changement drastique dans le système de pension, &nbsp;font partie du bilan de l’ancien gouvernement. Les augmentations salariales sans consultation, un manque de planification, l’inefficience dans certains secteurs, des cas non résolus de corruption s’ajoutent à ce bilan. Il y a effectivement certains autres éléments qui reflètent les instabilités externes, dont le conflit militaire en Ukraine, la dépréciation de la roupie, les problèmes liés aux approvisionnements.</p> <p><strong>Deux constats, l’un de Statistics Mauritius et l’autre de la Banque centrale sont récemment tombés. Le premier fait état d’un repli du chômage et le second d’une hausse des réserves du pays. Quelle lecture faites-vous de ces chiffres ?</strong><br /> Le chômage de Maurice est en diminution depuis quelque temps. Mais il faut noter qu’un grand nombre de jeunes et de moins jeunes sont dépendants de la drogue. Et du coup, ils tombent aux marges du marché du travail.</p> <p>Pour les chiffres des réserves, effectivement, avec une dépréciation de la roupie, les réserves en roupie paraissent augmenter. Mais il faut aussi voir si les réserves augmentent en USD. &nbsp;</p> <p><strong>Comment la population risque-t-elle d’accueillir une première année présentée comme ‘difficile’ avec des promesses qui pourraient ne pas être toutes tenues ?</strong><br /> Déjà, des entreprises commencent avec des difficultés. Elles n’avaient pas nécessairement prévu de payer le 14e mois, mais doivent le faire. Certains ont fait face à des augmentations de coûts avec différents ajustements salariaux. Mais avec les négociations pour les Chagos, peut-être qu’il y a une lueur d’espoir. Les revenus viendront augmenter les réserves et permettre d’avoir plus de forex dans le pays. L’offre et la demande permettront de mieux défendre la roupie.</p> <p><strong>Le gouvernement, comme celui de Pravind Jugnauth, mise beaucoup sur le coût du bail de la base américaine à Diego Garcia. Faut-il cet argent à n’importe quel prix, le parti Lalit s’y oppose en faisant valoir la nécessité de se battre pour faire de l’océan Indien – et de l’Afrique – une ‘zone démilitarisée’ ?&nbsp;</strong><br /> Il faut se rendre à l’évidence, l’océan Indien n’est plus une zone démilitarisée. Les Australiens ont commandé une flotte de sous-marins nucléaires. Les Indiens comme les Pakistanais ont l’arme nucléaire. La marine française militaire vogue sur les flots entre La Réunion et les terres australes.</p> <p>Par rapport à l’argent, je propose un fonds souverain qui permettrait à long terme de faire des développements économiques plus importants sur toutes nos iles. L’idéal est de définir les positionnements de ce fond comme celui de la Norvège, c’est-à-dire qu’on ne touche pas au capital, mais nous utiliserons ces fonds pour les projets économiques. Avec Rs 100 milliards de GBP investis, on pourrait avoir, en restant pessimiste, de 4,5 à 5 milliards de recettes par an (base rate de 4,75 % par an au Royaume-Uni). Ce qui nous fait une belle somme de Rs 250 millions par an. Avec ce que nous entendons en ce moment, la somme serait potentiellement plus grande, ainsi les intérêts pourraient être plus conséquents et pourraient du coup permettre pas mal de développements sans toucher au capital initial.</p> <p>L’autre élément clé, c’est que ces revenus étant en Forex, par exemple si c’est en GBP, les autorités pourront faire un swap GBP-USD. Ce qui mettra plus de dollars américains sur le marché de sorte à réduire le déséquilibre actuel.&nbsp;</p> <p>J’ajouterai qu’il y a d’autres sources qui pourront s’ajouter à nos recettes, et peut-être qu’il faut commencer à les explorer. L’une d’elles est les recettes de l’IO qui sont attribuées au BIOT. J’en ai parlé dans le passé, l’IO est de plus en plus populaire, en particulier parmi les startups technologiques et les entreprises SaaS. Ce TLD est attribué au territoire BIOT c.-à-d. l’archipel des Chagos. Les domaines IO sont instantanément reconnaissables et désormais adoptés par les communautés technologiques et les startups. Ainsi, pour moi, il faut certainement demander un transfert de l’IO à Maurice.</p> <p><strong>L’actuel gouvernement est une agglomération de quatre partis qui ne s’étaient jamais alliés, avec surtout Rezistans ek Alternativ considéré comme à gauche et les Nouveaux démocrates, une scission du Parti mauricien social-démocrate. Faut-il conclure que plus grand-chose sur le plan de l’idéologie ne sépare ces partis ?</strong><br /> Aujourd’hui, la plupart des parties à Maurice sont plus ou moins au centre. Certains un peu plus à gauche que d’autres. Je pense qu’il faut redéfinir les idéologies. De ce fait, ce sont plus des personnalités qui émergent.</p> <p><strong>De nombreux partisans de l’Alliance du changement, dont les propres composants de cette alliance, avaient plaidé pour la publication du Memorandum of Understanding entre le gouvernement mauricien et le gouvernement indien sur Agalega. Cette question aurait-elle disparu au nom de la realpolitik ?</strong><br /> Au nom de la transparence, effectivement, il serait intéressant de savoir ce qu’il en est. Les médias indiens ont fait état de plusieurs détails qui n’ont pas été officiellement confirmés par le précédent gouvernement. &nbsp;</p> <p><strong>Comment voyez-vous évoluer les relations du nouveau gouvernement sur la scène régionale et internationale, avec l’arrivée de Donald Trump à la présidence des USA sous peu et sa volonté de durcir les relations commerciales américaines avec la Chine&nbsp;? Maurice est-il concerné par cette configuration ?</strong><br /> Donald Trump a le désir simultané de relancer l’industrie manufacturière nationale tout en s’accrochant à la suprématie mondiale du dollar. L’ironie est évidente. Avec les tarifs, je pense qu’il n’y a pas d’échappatoire. Les droits de douane vont augmenter aux USA, même si je ne pense pas que ce sera généralisé sur tous les produits importés.&nbsp;</p> <p>Il est certain que le président Trump va mener une politique visant à stimuler l’industrie manufacturière aux États-Unis. Ayant travaillé dans ce pays, je suis sceptique quant à la possibilité de rétablir un grand nombre de ces usines. Il existe des villes qui étaient autrefois industrielles et pourvoyeuses d’emplois, mais qui sont aujourd’hui en état de délabrement. Et puisque les tarifs douaniers augmentent, il sera difficile de rétablir ces usines. En plus, il est très probable que le dollar s’intensifie. Ce qui ne va pas nécessairement stimuler les exportations, mais l’establishment économique, en particulier pour faire une Amérique ‘forte’. Ainsi, il est possible que ce soit une Amérique forte au niveau de la sécurité nationale et des industries qui y sont liées. Ce qui inclut les semi-conducteurs qui ont été au centre des préoccupations du gouvernement de Biden. Il y a aussi les équipements de protection individuelle, les produits pharmaceutiques, les produits biomédicaux et toutes les entreprises qui sont liées à la sécurité et à l’armée. Ce sont ces entreprises qui vont probablement être relocalisées, y compris dans le secteur technologique. Dans cette guerre au niveau international avec la Chine, il va sans doute en sortir des opportunités pour Maurice. &nbsp;</p> <p>Avec les Chagos, l’extension de l’ambassade des États-Unis à Maurice, il est très probable que les relations entre Maurice et les USA vont changer. Les États-Unis vont certainement intensifier leur relation avec nous. Ce qui peut inclure la fourniture pour la base de Diego Garcia, du travail sur la base, des investissements américains, des échanges économiques. D’ailleurs, l’océan Indien devenant de plus en plus important pour les Américains, ils vont ouvrir une ambassade aux Seychelles. &nbsp;</p> <p><strong>Est-ce qu’il existe, selon vous, des enjeux locaux – dont la dépréciation de la roupie face au dollar, la précarité des PME, le coût du fret, entre autres – qui ne peuvent être considérés comme « l’héritage » de l’ancien gouvernement ?</strong><br /> La valeur de la roupie reste une grande préoccupation. Dans tous les cas de figure, les mesures des États-Unis risquent d’alimenter l’instabilité mondiale. Ironiquement, une telle instabilité conduit souvent à une augmentation de la demande de dollars. Ce qui compromet les objectifs que Trump cherche à atteindre. Le dollar va sans doute se renforcer, leur déficit commercial persistera et la classe ouvrière américaine continuera d’en faire les frais, sauf ceux des secteurs qui contribueront à la grandeur des États-Unis. Pour nous, la roupie risque de rencontrer des difficultés, car nos importations sont généralement en dollars.</p> <p>Une des solutions pour nous sera que nous convertissions les GBP que nous projetons de recevoir du Royaume-Uni en USD. Ce qui pourrait aider à atténuer la dépréciation de la roupie vis-à-vis du dollar.&nbsp;<br /> La situation des PME est difficile, plusieurs d’entre elles m’ont fait part de leurs déboires. Certaines de ces entreprises pensent mettre la clé sous la porte, car les coûts ont augmenté.</p> <p>Il y a des problèmes qui sont liés aux problèmes internationaux : l’approvisionnement. Notre port a besoin de nouveaux investissements et a besoin de maintenir sa compétitivité.</p> <p>Il est aussi important de redresser notre écosystème administratif que je qualifie d’écosystème de 1960. Il faut un écosystème de 2025 ou même de 2050 !</p> <p>Nous devons mettre en place les mesures pour profiter des accords bilatéraux que nous avons signés avec l’Inde, la Chine et d’autres pays.<br /> &nbsp;</p> </div> <div class="field field--name-field-disqus field--type-disqus-comment field--label-hidden field--item"><drupal-render-placeholder callback="Drupal\disqus\Element\Disqus::displayDisqusComments" arguments="0=Manisha%20Dookhony%2C%20%C3%A9conomiste%20%3A%C2%A0%C2%ABL%E2%80%99argent%20provenant%20du%20bail%20de%20Diego%20devrait%20entrer%20dans%20un%20fonds%20souverain%C2%BB&amp;1=http%3A//defimedia.info/manisha-dookhony-economiste-largent-provenant-du-bail-de-diego-devrait-entrer-dans-un-fonds-souverain&amp;2=node/167352" token="MDP9ny-TXDGqlNF59RR3_n2rN6Ch693t_V5PrfZnB1o"></drupal-render-placeholder></div> Sat, 18 Jan 2025 03:50:00 +0000 Pradeep Daby 167352 at http://defimedia.info