Séquestrée par son ex : «J'avais un monstre en face de moi»

Par Kendy Antoine O commentaire
La victime est encore sous le choc.

Jenny (prénom fictif), une Rodriguaise de 36 ans, s’est retrouvée dans un film d'horreur. Pendant plus de 24 heures, la jeune femme a été à la merci de son ancien petit ami Vicky G., âgé de 34 ans, dans sa maison à Grand-Rivière-Nord-Ouest (GRNO). Dans une tentative de la retenir, il l'avait enchaînée et cadenassée à son lit sous la menace d'une arme tranchante.

Encore sous le choc, admise à l'hôpital, Jenny confie son cauchemar : « Kouma dir enn mons ki ti devan mwa. » Elle vit à Maurice depuis plusieurs années dans un faubourg de la capitale. Elle travaille à Coromandel et d’ailleurs c’est en se rendant au boulot qu’elle fait la connaissance de Vicky G. « Quand je l'ai connu, il n'était pas violent. »

Très vite son amoureux la présente à sa famille dont la maison se trouve à la Route Royale à GRNO. Elle s'y rend à chaque fois que l'occasion le lui permet. Peu après, elle découvre que tout n'est pas aussi rose. « Monn trouve ki li violan. » Il y a quelques mois, Jenny décide de prendre ses distances avant de rompre.

« Li arsel mwa »

Vicky G, est suspecté de séquestration.

Son amoureux n’accepte pas cette rupture. « A sak fwa, li telefonn mwa, li arsel mwa. » Le dimanche 6 août, elle reçoit un appel de son ex. « Il m'a dit de venir car il avait des choses importantes à me dire, j’ai refusé mais il a insisté. » Elle est loin de s’attendre à ce qui va suivre. Après son arrivée chez lui, il commence à hausser le ton et lui reproche d’avoir été infidèle. « Linn tir enn kouto, linn menas mwa. » Ce n’est que le début de l’horreur…

Vicky G. frappe Jenny à la tête. « Puis, il a pris une chaîne qu’il m’a passée à la main gauche avant de m’attacher à son lit en pressant le cadenas, raconte la jeune femme. Je ne le reconnaissais plus. J'avais en face de moi un monstre. J'avais peur mais je ne pouvais pas crier à l'aide. »

Jenny demeure ainsi pendant de longues heures. « Linn rod fors mwa pou manze, me mo pa finn oule. » Le soir venu, il se met à coté d'elle. « Il était constamment derrière mon dos, je le suppliais de me laisser partir mais il ne voulait pas. » À la police, elle a dit que son ex avait voulu abuser d’elle.

Le lendemain, Vicky G. quitte la maison après une dispute. Jenny en profite pour téléphoner. « Dan mo sak ti ena enn kart telefonn. Monn riss lili kot mo sak monn pran kart la. Monn telefonn enn kamarad monn dir li apel la polis. Kan linn vini linn rass portab ek mwa. » Se doutant que la police a été avertie, Vicky G. prend la poudre d’escampette, abandonnant Jenny toujours enchaînée. Entre-temps, des proches du suspect, qui habitent la même cour, accourent et rompent les chaînes afin de libérer la prisonnière. 

Après les premiers soins, Jenny consigne une déposition contre son ancien amoureux pour séquestration. Depuis, le suspect, connu des services de police, est activement recherché. Cependant, nous avons pu rencontrer Vicky G. Il soutient que tout ce que Jenny raconte, est faux. « Je la connais depuis deux ans, elle vit déjà avec quelqu'un et je suis son amant, dit-il. Elle m'a expliqué qu'elle est victime de brutalités. Dimanche, je lui ai dit de venir me voir car je voulais qu'elle quitte son ami. Monn dir li res lamem. Me zame mo pann atass li, menass li, batt li ou viol li. So lindi tou ti korek, monn dir li mo pe al fer enn travay mo pa pou tarde, atann mwa. Pa kone kifer linn all met kes kont mwa. » L'enquête, menée par la police de La Tour Koenig, suit son cours.