Secteur hôtelier : licencié pour une cigarette après quatre ans de service

Par Reshad Toorab O commentaire
Arasen

Arasen Armoogam, 29 ans, habitant de Beau-Vallon, Mahébourg, était employé comme ‘cleaner’ dans un hôtel du Sud. Il n’en revient pas d’avoir été licencié en juillet 2017 après quatre ans de service. La direction l’accuse d’avoir volé une cigarette dans le casier d’un collègue.

À cause d’un vol de cigarette allégué, voilà ses perspectives d’avenir qui partent en… fumée.

Arasen est « scandalisé » et estime son renvoi injustifié. Il a été convoqué devant un comité disciplinaire le 8 septembre dernier. Il a nié les faits qui lui sont reprochés. Depuis, il a porté plainte auprès du bureau du Travail. La direction de l’hôtel qui l’employait comme ‘cleaner’ depuis quatre ans a décidé de se passer de ses services. Il a été licencié sans aucune indemnité.

L’incident se serait produit le 4 juillet 2017 vers 23h30. « Je travaillais dans la deuxième équipe de nuit. J’avais fini mon boulot  et me suis rendu aux toilettes. Il y avait un employé qui tenait une barre de fer à la main. Je lui ai demandé ce qu’il faisait. Il était furieux et me confiait que chaque fois, on force son casier pour voler ses cigarettes. Il a donc décidé de piéger le voleur et a placé un pétard dans une cigarette. Son piège a fonctionné vers 19 heures, mais il ignore le nom de cet employé aux mains longues », confie Arasen.

Vers 00h15, alors qu’il quittait l’hôtel, Arasen remarque que le Duty Manager, l’employé furibond en question et deux agents de sécurité montaient la garde pour retrouver le « voleur ».

Arasen déclare avoir quitté les lieux après que l’agent de sécurité posté à l’entrée a procédé à une fouille des effets des employés qui finissaient leur service.

Le lendemain, il revient travailler normalement. Le 8 juillet, Arasen se blesse sur son lieu de travail et il bénéficie de six jours de congé maladie.

Compensation

Le 14 juillet, il regagne son poste. Vers 10 heures, la direction l’informe qu’il est suspendu de ses fonctions. On lui reproche d’être le voleur de cigarette et d’avoir utilisé un pétard.

Arasen est révolté. « En quatre ans de travail, je n’ai jamais eu aucun problème, avec un vol ou quoi que ce soit d’autre. Il y a une caméra de surveillance, j’invite la direction à visionner la bande vidéo pour découvrir la vérité. Elle n’a pas jugé bon de le faire. J’ai des dettes à régler, ma mère habite avec moi.

Elle aussi est employée comme femme de ménage depuis 30 ans. Au lieu de m’aider à bâtir un avenir, mon employeur détruit mon existence, sans preuve. Du jour au lendemain, je me retrouve sur le pavé sans un sou en poche », déplore Arasen auprès du ministère du Travail. Il souhaite obtenir une compensation pour ses quatre ans d’ancienneté.

Sollicité pour une réaction sur ce dossier, Levy Frivet, responsable de communication au Bureau du Travail, laisse entendre que le ministère a décidé d’engager des poursuites et d’envoyer l’affaire en cour, la partie adverse (la direction) se refusant à entamer des négociations avec l’employé licencié.