Réforme éducative : les premières incompréhensions

By Annick Daniella Rivet O commentaire

Les évaluations des communication skills ont débuté il y a quelques jours. Si certains parents affirment avoir été mis au courant de la tenue des épreuves, d’autres affirment le contraire.

Les communication skills sont une matière introduite dans le cadre du Nine-Year Continuous Basic Education. Elle est connue comme un non-core subject et concerne les écoliers des Grades 5 et 6.

Les résultats figureront sur le Primary School Achievement Certificate (PSAC) à la fin de l’année. L’évaluation se fait à travers des exercices de lecture d’un minimum de 100 mots. Le candidat doit aussi pouvoir s’exprimer sur un thème défini pendant une minute ou 90 secondes. Cela peut aussi se faire sous forme d’un jeu. L’évaluation est continue.

Les enfants seront notés comme suit : proficient, intermediate et basic. L’évaluation de cette matière a commencé dans les différentes écoles il y a un mois. Elle se fait sous la supervision du Mauritius Examinations Syndicate (MES). L’instance régulatrice a eu recours à des retraités de l’Éducation pour agir comme modérateurs auprès des instituteurs. Ces derniers ont eu une seule formation avant de prendre leurs fonctions. 

Manque de communication

« Nous avons été surpris d’apprendre que nos enfants ont déjà passé les premières épreuves de communication skills. Nous sommes étonnés du manque de communication de la part des autorités », martèle Ritesh Heeramun, président de la PTA de l’école Sir Veerasamy Ringadoo (SVR), à Sodnac.

Ce dernier est rejoint par Belinda, dont le fils fréquente une école de la Zone d’Éducation Prioritaire (ZEP) des hautes Plaines-Wilhems. « En allant aux renseignements, j’ai appris que les enfants ont été questionnés sur leur habilité à lire un passage et, de surcroît, que l’examen a été fait en présence d’un inspecteur. L’institutrice m’a aussi dit que les points seront pris en considération pour les résultats du PSAC... »

Belinda fait ressortir que tout parent est en droit de savoir ce qui est fait en classe. « Le PSAC est un examen important. Les résultats détermineront le collège qui sera alloué aux enfants en 2018 pour qu’ils aillent en Grade 7. Nous suivons le progrès de nos enfants chaque jour et si nous avions su qu’il y avait un examen, en tant que parents nous aurions fait le maximum pour les aider... »

Dans une école de Quatre-Bornes, la mère d’un écolier déplore que l’institutrice n’ait jamais averti les parents de la période d’évaluation. « Tous les jours je demande à mon fils comment était sa journée. À ma grande surprise, il m’a appris que sa miss avait dit qu’elle allait poser des questions et les évaluer en fonction des réponses rendues... Je pense que les choses doivent se faire de façon professionnelle, car il s’agit de l’avenir de nos enfants... »

Attitude des modérateurs

Les instituteurs, de leur côté, ne savent pas comment agir et dénoncent l’attitude des modérateurs. Depuis le 15 mai dernier, les instituteurs de Grade 6 reçoivent la visite de ces officiers qui sont sous la responsabilité du MES. Ainsi, les instituteurs doivent présenter les portfolios des écoliers aux modérateurs qui visitent leurs classes.

L’instituteur Deepak Bagueruttee insiste sur le fait que l’organisation de ces évaluations aurait dû se faire de façon professionnelle. « Je n’ai rien contre  ces visiteurs, mais ils donnent l’impression de ne rien savoir de notre quotidien. Il ne faut pas oublier qu’ils ont été coupés du système depuis quelques années... »

L’instituteur soutient que, lors des visites, les modérateurs ont donné quelques conseils sur la tenue de cette classe. Ils ont aussi assisté à l’évaluation en lecture et en conversation.

Candidats privés

Toutefois, les instituteurs disent attendre toujours les documents du MES sur cette évaluation. « Il n’y a pas de cohérence dans ce qui nous est demandé et les informations que nous aurions dû recevoir pour mener à bien ces épreuves. À ce jour, nous n’avons toujours pas reçu la record sheet que le MES devait nous envoyer pour noter les écoliers. C’est ce document qui nous donnerait une idée de la note à attribuer. »

Les communication skills concernent aussi les candidats privés du PSAC. Ces derniers, qui sont au nombre de 500 environ, passeront l’épreuve le 19 juillet. L’examen se tiendra dans des centres spécialement aménagés.


Calendrier des examens

Le PSAC remplace le Certificate of Primary Education, (CPE). Cette année, ils seront 19 633 candidats à y participer. Cet examen se tiendra comme suit : Sciences - 29 août, Histoire-Géographie - 30 août. Au mois d’octobre, les candidats auront les matières suivantes : 24 octobre - Français, 25 octobre - Anglais, 26 octobre - Langues orientales, Arabe et Kreol morisien et le 27 octobre -  Mathématiques. Les résultats seront connus le 12 décembre. Les examens de rattrapage se tiendront vers le 19 décembre et les résultats seront annoncés le 29 décembre.

Coordination

Au ministère de l’Éducation, un responsable assure que tout est fait dans la transparence. D’ailleurs, des dépliants ont été distribués aux parents. Des rencontres ont eu lieu pour leur exposer les conditions de la réforme éducative. Au niveau des communication skills, il avance que c’est un travail d’équipe entre les instituteurs et les modérateurs choisis par le MES.