Ravi Yerrigadoo : de ministre précoce à accusé

Par Ronnie Antoine O commentaire
Ravi Yerrigadoo

À ses débuts en politique, l’ex-Attorney General démarre par le haut de la pyramide en devenant ministre à 25 ans. Ceux qui l’ont côtoyé le racontent.

Pendant la campagne électorale de 2000, Ravi Yerrigadoo n’a que 24 ans.  Quelques jours après les législatives, il fête ses 25 ans et sir Anerood Jugnauth, alors leader du Mouvement socialiste militant (MSM), insiste pour faire de lui le plus jeune ministre de Maurice indépendante. La politique, il l’apprendra sur le tas, se rappellent ses camarades de longue date.

Après des études en droit, Ravi Yerrigadoo intègre le MSM en 1997. À peine trois ans plus tard, il gagne la confiance de son leader et décroche le sésame du ticket à la circonscription Piton / Rivière-du-Rempart (No 7). Il arrive en 4e position, mais se fait repêcher comme député correctif. SAJ fait de lui son ministre de la Jeunesse et des Sports. « Devenir ministre à 25 ans à peine, c’est une lourde responsabilité », raconte Jai Prakash Meenowa, du Mouvement militant mauricien (MMM), son colistier d’alors au sein de l’alliance MSM / MMM.

Apprentissage difficile

« Ce n’était pas facile, mais Ravi Yerrigadoo a vite appris sur le tas, se souvient son colistier. Il m’a laissé le souvenir de quelqu’un de très correct qui savait écouter les conseils de ses aînés. » Il démontre une faiblesse impardonnable pour un politicien : il ne sait pas dire non. « Il avait tendance à dire oui à tout le monde, révèle Jai Prakash Meenowa. Il n’avait pas le franc parler de SAJ, par exemple. »

Bobby Hurreeram, actuel président de l’aile jeune du MSM, une vieille connaissance de SAJ, décrit Ravi Yerrigadoo comme un sérieux professionnel qui dément toute impression de jeune inexpérimenté. « C’est quelqu’un de très légaliste dans son approche professionnelle, explique Bobby Hurreeram. Il respecte les procédures dans ses affaires et il déborde d’énergie. Il travaille toujours jusqu’à fort tard. »

À ce sérieux au travail, Bobby Hurreeram ajoute une forte capacité d’écoute. « Il a un très bon sens de l’écoute et ne tombe pas dans la facilité de jugement, raconte le président de l’aile jeune du MSM. Il essaie toujours de comprendre le pourquoi des choses et est quelqu’un de solution-oriented. Il n’est pas du genre à s’asseoir pour pleurnicher. »

Une description qui ressemble beaucoup à celle que fait Prakash Maunthrooa, son actuel partenaire de la circonscription Piton / Rivière-du-Rempart  (No 7) sur le terrain. « Je connais Ravi de longue date, confie Prakash Maunthrooa. Vous ne le verrez jamais regarder qui que ce soit de haut. Il est toujours prêt à aider. » Ravi Yerrigadoo traîne donc son omniprésent sourire partout dans la circonscription jusqu’à fort tard.

En tant qu’Attorney General, Ravi Yerrigadoo n’a pas présenté grand-chose en matière de projet de loi, sinon un amendement à l’Extradition Bill un peu plus tôt cette année. Quant au Prosecution Commission Bill, qu’il a défendu bec et ongles en décembre 2016, il a dû être avorté après la démission du Parti mauricien social-démocrate (PMSD) du gouvernement, faute de majorité nécessaire à l’Assemblée nationale. On n’a toujours rien vu sur les projets de loi qui l’intéressaient, notamment le Police and Criminal Evidence Bill qui devait revoir de fond en comble le mode opératoire de la force policière.