Problèmes conjugaux : violence domestique, une plaie pour la société

Par Najette Toorab O commentaire
Pooja et ses trois enfants

Décidément, notre société est malade, gangrénée par la violence domestique. Il ne se passe pas une semaine où l’équipe d’Xplik ou K n’enregistre pas de cas. Des femmes subissent la violence de leur époux. Leurs enfants n’en sortent pas indemnes. Mais certaines victimes osent sauter le pas pour dénoncer leur bourreau. À l’instar de Pooja…

Cela fait plus de dix ans que Pooja, 31 ans, subit la violence et les tromperies de son époux. « Cela fait seize ans que nous sommes mariés. Nos relations ont dégénéré depuis que mon mari a commencé à entretenir des relations extraconjugales. Cela fait cinq ans maintenant que lui et moi faisons chambre à part », raconte la mère de trois enfants qui se dit contrainte de vivre sous le même toi que son mari puisqu’elle n’a nulle part où aller.

« Mes enfants et moi sommes sous son emprise, car nous habitons une petite maison de deux chambres qui lui appartient. C’est mon mari qui ramène le pain tous les matins pour les enfants. Dès qu’il n’aime pas quelque chose ou qu’il désapprouve mon point de vue, il me tape. Il s’en prend aussi aux enfants, la plupart du temps à mes aînés », relate Pooja.

Elle ajoute qu’à chaque dispute, son mari la met à la porte avec leurs enfants, pour ensuite lui demander de retourner quelques jours après. « Je suis obligée d’y retourner, car je n’ai pas d’autre toit où me réfugier. Je le fais pour que mes enfants ne dorment pas à la belle étoile », confie la mère de famille.

Un fils qui n’a plus longtemps à vivre

Le comble pour Pooja est que son fils de 13 ans est atteint de dystrophie musculaire (voir hors-texte). Une grave maladie qui le condamne. « Son médecin traitant nous a dit qu’il ne vivrait pas longtemps. » Malgré ce calvaire, cette mère se bat pour assurer le bien-être de ses enfants. Pour cela, elle est prête à subir les excès de colère de son mari. « Parfois, quand j’ai des disputes avec mon époux, ce dernier frappe mon fils qui ne peut plus bouger à cause de sa maladie. Ses muscles ne se contractent plus normalement. Ils perdent de leur vigueur et s’atrophient peu à peu. C’est dur de supporter cela », explique la trentenaire.

La jeune femme avoue qu’elle ne sait plus quoi faire. Elle affirme s’être rendue plusieurs fois dans des refuges. « Mais pour combien de temps encore ? Je suis toujours bien accueillie par les responsables, mais je ne trouve pas de solution permanente. Je suis issue d’une famille pauvre. Mes parents ne veulent plus m’héberger, car ils sont plutôt orthodoxes. Ils soutiennent qu’une fois qu’une fille s’est mariée, peu importe sa situation, elle doit rester auprès de son mari », confie Pooja.

Elle a déjà obtenu un Protection Order, sauf que celui-ci a expiré et elle n’a pas pu renouveler sa demande. Avec son fils handicapé, il lui est difficile de le transporter avec elle.
Il y a cinq jours, Pooja a été de nouveau tabassée par son mari. Elle a dû, une fois de plus, se réfugier avec ses enfants dans un shelter de la région. Pour le moment, elle est en sécurité, mais elle cherche une solution définitive.

La rédaction d’Xplik ou K a parlé de son cas au ministère de l’Égalité des genres, qui a recontacté la jeune femme pour entamer les démarches nécessaires. Pooja a rendez-vous ce mardi 5 décembre à la Police Family Protection Unit. L’équipe d’Xplik ou K suivra les démarches et aidera la jeune mère à se diriger vers les cellules concernées afin qu’elle reçoive l’aide nécessaire.

« Mon fils n’a plus beaucoup de temps à vivre. Je voudrais qu’il le passe à mes côtés, en sécurité et dans la sérénité. Je souhaiterais un emploi entre 9 heures et 14 heures, car mon fils rentre de l’école à 15 heures. Je suis obligée d’être présente pour m’occuper de lui. Il fréquente une école spécialisée. Je perçois une aide sociale de Rs 3 000, mais cela ne suffit pas pour louer une maison. J’ai fait plusieurs demandes d’emploi, mais j’ai essuyé des refus à cause de ma disponibilité au niveau des horaires. Les gens ne comprennent pas », explique la mère courageuse, les larmes aux yeux.


Note aux lecteurs

Ceux qui veulent aider Pooja à trouver une maison pour un loyer ne dépassant pas Rs 3 500 et ceux qui peuvent lui offrir un emploi entre 9 heures et 14 heures sont priés de contacter la rédaction d’Xplik ou K sur le 207 0666 ou le 208 6002.

Dystrophie musculaire

Les dystrophies musculaires correspondent à une famille de maladies musculaires caractérisées par une faiblesse et une dégénérescence progressive des fibres des muscles. Ils s’atrophient peu à peu. Ils perdent de leur volume et donc leur force. La plupart des dystrophies musculaires s’aggravent progressivement. Il n’existe pas encore de traitement curatif. La plus connue et la plus fréquente des dystrophies musculaires est la dystrophie musculaire de Duchenne. Les personnes atteintes de dystrophie perdent peu à peu leur mobilité. D’autres symptômes peuvent s’associer à la faiblesse musculaire : troubles cardiaques, gastro-intestinaux, oculaires.…