Poulailler contaminé : Abdool dénonce l’indifférence des autorités

Par Preity Ramessur-Bhoyroo O commentaire
Poule

Abdool Allyjaun ne mâche pas ses mots. Cet éleveur de poussins attend toujours une indemnisation après que son poulailler a été contaminé par la salmonelle, l’an dernier. Il dénonce « l’indifférence » des autorités à son égard.

« Le 1er août 2016, j’avais acheté, comme d’habitude, 1 000 poussins à l’Animal Production Division (ADP), du ministère de l’Agro-industrie, à Réduit. Je n’ai vendu que 100 poussins à mes clients. Peu après, 425 poussins sont décédés dans mon poulailler qui se trouve à Mont Fertile, Rose-Belle. Cependant, l’annonce de la présence de salmonellose chez les poulets et poussins nous a été communiquée via la radio », nous raconte Abdool Allyjaun. « Suite à cette annonce,  j’ai dû abattre 475 poussins avant de les enterrer à Camp Fouquereaux ». Entre-temps, Abdool Allyjaun dit avoir informé l’ADP.

« Par la suite, mon épouse et moi avions désinfecté le poulailler pour que d’autres volailles ne soient pas contaminées. Hélas, nous n’avons reçu aucune visite des officiers de l’ADP pour les analyses d’usage », soutient l’éleveur. Depuis, Abdool Allyjaun fait le va-et-vient pour réclamer une indemnisation suite à cette perte, mais en vain.

« Un officier de la section vétérinaire de Réduit m’a indiqué que mon nom ne figurait pas sur la liste des éleveurs ayant perdu des poussins à cause de la salmonellose », déplore l’éleveur. Ce dernier affirme pourtant être engagé dans cette  filière depuis quinze ans. « D’ailleurs, tous les soixante jours, j’achète entre 1000 et 2 000 poussins à l’ADP », souligne-t-il. « Comment se fait-il donc que mon nom ne figure pas sur la liste des éleveurs alors que je suis l’un des plus importants » fulmine-t-il.

L’éleveur affirme que ce n’est que le 18 janvier dernier, soit cinq mois après l’épidémie, qu’un officier du ministère est allé inspecter son poulailler. Et le 30 janvier, il a reçu une lettre du ministère de l’Agro-industrie l’informant qu’il ne sera pas remboursé, faute de preuves du préjudice subi. « Les autorités me reprochent de n’avoir pu fournir de preuve que mon poulailler aurait été contaminé par la salmonellose. Comment peuvent-ils prétendre effectuer des analyses cinq mois après le drame ? Si les prélèvements sont aussi importants à leurs yeux, je peux déterrer les poussins morts pour des analyses », lâche Abdool Allyjaun, dépité.

Le ministère de l’Agro-industrie donne sa version des faits. « Tous les éleveurs touchés par la perte de leurs poussins achetés à l’ADP ont été remboursés. Selon les procédures, un éleveur ayant constaté un certain taux de mortalité chez les poussins devait informer le responsable de la section vétérinaire du ministère à Réduit. Des officiers effectuent par la suite une inspection des lieux pour des prélèvements. Si le résultat s’avère positif, l’éleveur est remboursé », nous explique une source à ce ministère. Cette dernière dit avoir pris note du cas d’Abdool Allyjaun. « Nous nous pencherons sur cette affaire dans les plus brefs délais », affirme-t-elle.