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Plaidoyer en faveur d’un référendum avant toute réforme électorale

Pour José Moirt, un des invités, le mal réside dans le Best Loser System.
Le parti de gauche Rezistans Ek Alternativ (R&A) et ses alliés avaient logé une plainte en Cour suprême à la suite de leur non-participation aux législatives de 2010 car 104 personnes avaient refusé de décliner leur appartenance ethnique. L’affaire a été renvoyée en mars prochain. Depuis, la réforme électorale est de nouveau sur le tapis. Michael Jean-Louis et ses invités ont fait le point, mardi, lors du Grand Journal de Radio Plus. Rezistans Ek Alternativ a même frappé à la porte du comité des Droits humains de l’Organisation des Nations unies, qui, dans son rapport, précise qu’obliger un candidat à décliner son appartenance ethnique est une violation des droits fondamentaux de tout candidat. Ainsi, le gouvernement doit entériner les recommandations de ce comité sous forme de réforme électorale. L’avocat Siven Tirvassen estime que Maurice a le devoir « moral » d’appliquer les recommandations de cette instance onusienne. Ancien ministre, ancien Speaker de l’Assemblée nationale et candidat battu aux dernières législatives, Razack Peeroo propose que toute proposition de réforme électorale soit soumise à un référendum. Il souligne que le recensement de 1972 prenait en considération la force numérique des communautés. « Les choses ont changé. Mais il faut garder le Best Loser System pour une représentation des différentes communautés. Mais être obligé de déclarer son appartenance ethnique est un déni d’un droit constitutionnel », estime l’homme de loi. L’avocat Siven Tirvassen souligne que R&A propose l’annulation de l’obligation faite à tout candidat à une élection législative de déclarer son appartenance ethnique. Ce qui, selon lui, met en cause le Best Loser System. « Est-ce qu’un autre système pourrait prendre en compte les craintes des communautés ? », se demande-t-il. Il est d’avis que le réel problème est de trouver le système correspondant à notre réalité. José Moirt, représentant légal de R&A, avance, pour sa part, qu’il est grand temps de mettre un terme au système de quota. « Nous ne pouvons continuer à réfléchir ainsi. Il faut que la compétence et la méritocratie priment. Il faut que les meilleurs éléments soient au service du pays », déclare l’avocat. De ce fait, il estime que le mauricianisme ne doit pas être ressenti qu’à l’étranger mais ici également.  

Coup d’épée dans l’eau

Évoquant son expérience des dernières élections, Razack Peeroo avance que la réforme électorale proposée par l’alliance Parti travailliste-Mouvement militant mauricien était taillée sur mesure pour plaire à certains. Il déplore aussi le fait qu’il est difficile à Maurice pour un membre d’une ethnie minoritaire d’accéder aux fonctions de Premier ministre. Razack Peeroo note que le Premier ministre s’est engagé à instituer un comité ministériel pour examiner la question de réforme électorale. Or, indique-t-il, ce ne sera qu’un groupe de politiciens qui sera concerné et non pas la population. Il soutient que si l’ensemble de la population n’est pas partie prenante, ce sera « comme donner un coup d’épée dans l’eau ». Siven Tirvassen abonde dans le même sens. Pour lui, le gouvernement de Navin Ramgoolam est venu avec une « solution panadol » avec le mini-amendement. Quant à José Moirt, il estime que le mal est dans le Best Loser System. Toutefois, il se dit sceptique à propos d’une éventuelle réforme électorale. Razack Peeroo est d’avis que le souhait de réforme électorale n’est prononcé que du bout des lèvres car il y a, selon lui, des « vested interests ». « Nous changeons pour le mieux et non pas pour le pire. Le BLS a fait ses preuves et a apporté la stabilité. Certes, il n’est pas idéal, mais il faut voir la réalité. C’est le sectarisme qui prévaut aujourd’hui », déplore-t-il.
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