[Vidéo] Paul Bérenger : «Le Premier ministre bluffe sur le combat contre la drogue»

By Patrice Donzelot O commentaire

Le Premier ministre bluffe sur le combat contre la drogue. C’est ce qu’a déclaré le leader du Mouvement militant mauricien (MMM), Paul Bérenger, en conférence de presse samedi 15 avril.

Concernant la saisie de 155 kilos de drogue estimée à plus de Rs 2,3 milliards, Paul Bérenger soutient que «le procédé a déjà été utilisé, la preuve les bonbonnes retrouvées hier [vendredi] à Montagne Jacquot. Les gens veulent savoir où en sont les enquêtes à La Réunion et où est [Navind] Kistnah. Il y a trop de flous.»

Si Maurice est devenu une passoire et une plaque tournante du trafic de stupéfiants, selon Paul Bérenger, c'est qu'il n'y a pas eu assez de surveillance :

«Maurice est devenu un centre de distribution pour la région. Le Premier ministre dit n'importe quoi.»

Le leader du MMM est revenu sur les déclarations du ministre des Services financiers, Sudhir Sesungkur. «Il dit que l’affaire Sobrinho est surmédiatisée. Il n'aurait jamais dû avoir des licences si les enquêtes avaient été faites correctement.» 

«Tout le monde sait comment l'argent du pétrole a été détourné en Angola. C'est le seul pays au monde où le vice-président est poursuivi par le Portugal pour corruption et où le procureur corrompu a été arrêté. Il faut demander l'annulation des ‘management companies’ et le la banque d'investissement.» 

La déclaration de la présidente de la République, Dr Ameenah Gurib-Fakim, à l’effet qu’elle a démissionné de toutes les instances de Planet Earth Institute (PEI), a aussi été commentée par le leader du MMM.

«Peut-elle donner des leçons à la presse et à l’opposition? Je lui reconseille de se retirer avant qu'il y ait des pétitions en ce sens.» 

Autre point abordé, la vente des actions que détenait le défunt groupe BAI au sein de la société kenyanne Britam. 

«C’est une honte. Il faut faire la lumière sur toute l'affaire. Il faut déterminer si des gens ont ‘fané’ et si des politiciens sont impliqués. La commission d'enquête n'est pas crédible. Il est honteux que Bhushan Domah et Sattar Hajee Abdoula soient membres de la commission», a-t-il déclaré.

Concernant la Private Notice Question du leader de l’opposition Xavier-Luc Duval, mardi, concernant la politique gouvernementale sur le combat contre la pauvreté, Paul Bérenger dit que c’est une situation inédite.

«C’est du jamais vu au parlement. Un ministre ne peut répondre à une question lors de la dernière session et trois députés viennent à son secours lors d’une conférence de presse. Qu'il démissionne et qu'il aille faire de la plongée. On n’a jamais atteint un tel niveau d’incompétence.»

La venue à Maurice de Claudine Razaimamonjy, conseillère spéciale du président malgache, a aussi été commentée. Cette dernière est venue à Maurice en jet privé disant qu’elle devait y suivre des traitements médicaux. Cela, alors qu'elle est recherchée par les autorités malgaches dans une affaire de corruption.

«L'équivalent de l'ICAC, Bianco, a arrêté cette femme le 3 avril sous six accusations. Elle tombe sans connaissance lors d'un transfert. Puis elle a pris l'avion alors que deux interdictions de quitter le territoire pèsent sur elle.»

«Elle a été autorisée à atterrir à Maurice et ni le Premier ministre, ni la police ne sont au courant. L'ambassadeur des États-Unis à Madagascar déclare qu'elle doit répondre à la justice malgache. Le Premier ministre et son mentor restent silencieux, ils doivent répondre aux interrogations. Nous devons savoir qui l'a autorisée à venir», a déclaré Paul Bérenger.