Parricide : sursis pour les frères Joypaul

Par Ledweena Ramasawmy-Mohun O commentaire
Vikash et Rishi Joypaul.

Accusés d’avoir mortellement agressé leur père, Vikash et Rishi Joypaul ont chacun été condamnés à deux ans de prison en cour intermédiaire. Le couperet est tombé le mardi 5 décembre 2017.

Un rapport social établira si les frères Joypaul sont aptes à effectuer des travaux communautaires. Leur peine a été suspendue en attendant ce rapport. Une audience dans cette affaire est prévue le 17 janvier 2018.

Les deux frères avaient fait observer qu’ils défendaient leur mère qui était victime d’une énième violence domestique. Leur père, Askurun Joypaul, 64 ans, aurait eu l’habitude de s’en prendre à leur mère. Le 8 août 2010, il aurait agressé son épouse Anita à coups de harpon. Les deux jeunes ont accouru en entendant les cris de leur mère.

Vikash Joypaul, la trentaine et son frère Rishi, 29 ans, répondaient d’une accusation de coups et blessures ayant causé mort d’homme sans intention de tuer.

L’autopsie a attribué le décès d’Askurun Joypaul, le 10 août 2010, à une perforation des intestins. Les frères Joypaul sont défendus par Me Chetan Baboolall. Alors que la poursuite était assurée par Me Yusra Nathire-Beebeejaun.

Dans leurs dépositions à la police, les deux frères ont expliqué que leurs parents habitaient sous le même toit, mais qu’ils faisaient chambre à part. Ils ont ajouté que leur père avait un penchant pour la bouteille et ont indiqué que celui-ci battait souvent leur mère.

« Le jour fatidique, nous avons accouru après avoir entendu les cris de notre mère. Notre père, qui était un pêcheur, agressait notre mère avec un harpon, alors qu’elle faisait la vaisselle à l’extérieur de la maison. Nous nous sommes jetés sur lui pour l’empêcher de frapper notre mère », relate un des accusés.

Les frères ont ensuite transporté leur mère à l’hôpital de Flacq où elle a été admise, après avoir subi une intervention chirurgicale. C’est la police qui a transporté leur père à l’hôpital.
Les deux frères ont ajouté avoir agi sous la colère. Ils ont avancé qu’ils n’avaient pas digéré le fait que leur père s’en prenne à leur mère, d’autant qu’il était sous l’influence de l’alcool. Ils ont présenté leurs excuses et disent regretter leur geste.

Leur mère, Anita, a également témoigné. Elle a soutenu que ses fils ont agi ainsi parce qu’ils voulaient la défendre de son époux qui la battait.

Lors de l’énoncé de la sentence, la magistrate Ida Dookhy-Rambarrun a fait ressortir que les deux jeunes n’avaient pas l’intention de tuer leur père. La cour note qu’ils ne faisaient que défendre leur mère qui était le souffre-douleur de leur père.

Bien qu’il y ait eu mort d’homme, la cour conclut que des travaux communautaires peuvent être accordés aux deux frères.