Parking au Champ-de-Mars : les compagnies d’autobus évincées

Par Ronnie Antoine O commentaire
Champ-de-Mars.

Un seul entrepreneur construira le parking du Champ-de-Mars et fournira les navettes pour circuler autour de Port-Louis. Une situation qui n’enchante guère les compagnies d’autobus qui ne peuvent participer à l’exercice.

Les compagnies d’autobus privées pensaient avoir l’opportunité de participer au projet de décongestion de Port-Louis. Sauf que les conditions imposées par la mairie de Port-Louis les éliminent de la course. Un seul et même contrat sera alloué à celui qui construira le parking de 1 000 places du Champ-de-Mars, celui qui le gèrera et celui qui fournira les navettes pour faire le tour de la ville sur une voie dédiée. Un projet dans lequel les opérateurs privés du transport n’ont pas les moyens de se lancer, indique Swaleh Ramjane, directeur de la United Bus Service (UBS).

« Nous passerons par un Expression of interest, explique le lord-maire Oumar Kholeegan. Nous attendons le feu vert du ministère pour le lancer. Celui qui décrochera le contrat devra construire le parking au Champ-de-Mars, le gérer et fournir le service de navettes autour de la ville. » Sauf que la construction et le transport sont deux secteurs d’activités distinctes.

C’est pourquoi, explique le lord-maire, les offres de consortiums seront acceptées. « Même si c’est un joint-venture, ce n’est pas grave, assure Oumar Kholeegan. Une compagnie d’autobus pourra fournir les navettes et s’allier avec un spécialiste de la construction pour le reste. Ceux qui proposeront des bus électriques partiront avec un net avantage », explique-t-il.

La navette quittera le Champ-de-Mars par la rue Pope Hennessey pour gagner la gare Victoria, avant de se diriger vers la place de l’Immigration via la route Royale. Ensuite, ce sera le retour vers le point de départ à travers la rue Desforges. La Road Development Authority (RDA) éliminera les parkings dans ces rues pour créer des voies dédiées aux navettes. Tout au long de ce trajet en boucle, des arrêts seront placés dans des lieux stratégiques. Les utilisateurs pourront utiliser une smart card pour payer et l’espace parking et l’accès à la navette.

Si le plan d’ensemble intéresse les opérateurs, à l’instar de la UBS, qui se charge normalement du service dans la capitale, l’amalgame de plusieurs contrats en un seul élimine la plupart des opérateurs. « Quelle compagnie d’autobus pourra investir dans la construction d’un terminus et d’un parking ? se demande Swaleh Ramjane. On parle de milliards d’investissements, alors même que pour remplacer nos bus, il nous faut contracter des prêts bancaires. Même avec un partenaire, l’aventure n’est pas envisageable, selon le directeur de la UBS. Ce qui le désole le plus, c’est qu’il y a quelques mois à peine, il était question que sa compagnie desserve cette nouvelle ligne circulaire.

« Nous assurons déjà le service à Port-Louis, explique Swaleh Ramjane. Il était donc logique que nous ayons cette responsabilité. À un moment, la mairie disait que la ligne serait gratuite et qu’elle nous paierait ; après il était question de faire payer les voyageurs. Mais depuis plusieurs mois, on n’entend plus rien. »