Nozipho Mdawe : « Il faut inciter les femmes à rejoindre le secteur maritime »

Par Leena Gooraya-Poligadoo O commentaire
Nozipho mdawe

Le port mauricien émerge en tant que tremplin privilégié dans la région. C’est ce qu’a constaté Nozipho Mdawe, secrétaire générale de la Port Management Association of Eastern & Southern Africa, lors de sa visite dans le cadre de la Semaine maritime. Elle a également parlé des opportunités d’emplois dans le secteur.

Quel est votre constat des opérations du port de Maurice ?
Je trouve que Maurice est dans le Top dans la région de l’océan Indien en ce qui concerne les activités portuaires. Avec les facilités, les plans d’expansion et les directives de la Mauritius Ports Authority, le port mauricien demeure une référence. Les travaux sont effectués au bon moment.

Si nous regardons les projets du port, nous constatons qu’il y a un grand potentiel d’expansion pour d’autres activités, notamment l’économie bleue. Se focaliser sur ce secteur est une bonne mesure pour diversifier les activités portuaires.

Je constate que le port mauricien émerge en tant que tremplin privilégié non seulement dans la région de l’océan Indien, mais aussi dans la région d’Afrique orientale et australe. L’approche de transbordement est l’une des meilleures.

Comment peut-on s’améliorer davantage ?
Il y a une question sur laquelle Maurice doit se pencher en particulier : le développement des compétences dans le secteur maritime. Les activités portuaires sont vastes et on a besoin de gens pour travailler dans différents domaines.

Le tourisme de croisière prend de l’ampleur. Ainsi, il faut s’assurer que Maurice mette le cap sur ce secteur d’activité. Il y a un besoin de chercher des opportunités pour des croisières intégrées. C’est de cette façon que Maurice pourra augmenter sa visibilité en tant que port sûr.

Revenons-en au développement des compétences. Quelles sont les opportunités  d’emploi dans le secteur maritime ?
Le potentiel de faire une carrière dans ce domaine est énorme. Je pense que Maurice doit encourager les femmes à rejoindre ce secteur. Quand on parle d’activités portuaires, il ne faut pas oublier les nombreux professionnels qui sont derrière la scène.

Il s’agit notamment des informaticiens, des comptables et des responsables des ressources humaines, entre autres. La demande pour les économistes maritimes et les économistes de transport est aussi en hausse. Il y a aussi un manque de femmes au niveau du management. Pourtant, je pense qu’elles ont un potentiel énorme.

Le gouvernement mauricien a annoncé un investissement de Rs 44 milliards pour faire du port un « regional hub » dans les années à venir. Est-ce une ambition réalisable ?
Bien sûr que oui. Pour rappel, les marchandises viennent à Maurice principalement par voie maritime. L’expansion du port et les investissements publics rendront les activités encore plus nombreuses. Le problème de bunkering sera aussi résolu.

Les autorités portuaires veillent à ce que la capacité en train d’être créée pour le fret et les logistiques ne soit pas adaptable uniquement au marché actuel mais aussi à celui des années à venir.

Les équipements utilisés permettront également d’optimiser la croissance économique. Développer les activités portuaires est la seule façon de diversifier la croissance économique.