Nicoletta Fortuno : des plats d’antan qui raniment un goût de nostalgie

Par Leena Gooraya-Poligadoo O commentaire
Nicoletta

Rougaille poisson salé et bouillon, ‘cari jacque’, ‘cari papaye’, ‘salmi poule’, ‘salmi canard’… Des plats typiquement mauriciens d’antan. C’est ce que propose Nicoletta Fortuno depuis trois ans. Rencontre dans le petit village de Trou-d’Eau-Douce, dans l’est du pays.

Nicoletta avait toujours une passion pour la cuisine depuis son enfance. « Mon papa était cuisinier à l’hôpital de Flacq. Ma mère est aussi une passionnée de cuisine. Je suis tombée inévitablement dans la marmite. Très jeune, j’étais à ses côtés pour découvrir des recettes traditionnelles. Je pense que c’est héréditaire », raconte notre interlocutrice.

Cependant, après les études, elle n’aura pas eu la chance de se lancer dans ce domaine. « J’étais plutôt dans le domaine de la bijouterie. D’ailleurs, j’ai travaillé chez Adamas et chez Poncini pendant plus de 20 ans », fait-elle ressortir. Toutefois, l’envie de se lancer dans la restauration ne l’a jamais abandonnée. « J’ai toujours rêvé d’ouvrir mon propre restaurant. Après avoir fait suffisamment d’économies, j’ai fait un tour à 360 degrés pour donner une nouvelle orientation à ma carrière », ajoute-t-elle.

En partenariat avec sa sœur Josiane Vincent qui a 40 ans d’expérience dans la pâtisserie à l’hôtel Belle Mare Plage, Nicoletta a pu réaliser son rêve. Aujourd’hui, le restaurant est situé dans le centre de Trou-d’Eau-Douce, sa localité. Toutefois, il y a de nombreux restaurants dans cette région. Il fallait ainsi introduire un nouveau concept afin de se démarquer des autres.

Proposer des plats d’antan était donc la meilleure option. Parmi ses défis : ouvrir le restaurant et obtenir les permis appropriés. L’entrepreneure avance que cela prend du temps pour obtention des permis surtout dans le domaine alimentaire.

Entre Rs 80 et Rs 200 le plat

Les plats de grand-mère ont fait aujourd’hui le succès de Nicoletta. Elle en propose dans les assiettes émaillées, comme auparavant. « Aujourd’hui, je suis très satisfaite de la clientèle. On peut servir 20 à 30 couverts par jour. Nous recevons beaucoup de touristes aussi », dit-elle. Sa sœur fait des gâteaux d’antan, dont le napolitain, le poudine du pain et le gâteau coco, entre autres.

La gérante ne croit pas dans la publicité sur les réseaux sociaux. « Le bouche à oreille marche mieux », souligne notre interlocutrice. Elle confie qu’elle a des clients venant de tous les coins du pays. Cependant, la forte demande pour les plats d’antan auprès des Mauriciens l’intrigue. « Ils sont de plus en plus pris par le travail. Certains n’ont donc pas le temps, par exemple, de couper un jacque, le nettoyer et le préparer. Ainsi, il est plus facile pour eux de le consommer chez moi. C’est un peu comme à la maison », souligne l’entrepreneure.

Les prix de ses plats oscillent entre Rs 80 et Rs 200. Elles sont à trois personnes à travailler dans le restaurant. « Nous sommes ouverts de lundi à samedi de 9 heures à 21
heures », indique-t-elle.

Nicoletta dit n’avoir aucun regret d’avoir quitté la bijouterie pour se mettre à son propre compte. « D’ailleurs, c’est moins stressant. Je peux ainsi gérer mon temps, tout en faisant un métier qui me passionne. C’est une satisfaction personnelle qu’on ne peut décrire », avance la femme entrepreneur.

Après la restauration, son but est de maintenant se lancer dans le transport des étudiants et écolier. « D’ailleurs, j’ai déjà reçu mon permis de bus », dit-elle.

Vie personnelle

Nicoletta Fortuno est mariée et mère d’un garçon de 17 ans. « Il est actuellement en Lower 6 au collège du Saint-Esprit. Il m’aide au restaurant à ses heures libres », dit-elle. Conjuguer vie de famille et business n’est pas chose aisée, avoue la gérante. « Mon époux est aussi dans le domaine de la restauration. Il est Food and Beverages Manager dans un hôtel. Donc, il comprend les contraintes de mon travail », dit-elle. Hormis la cuisine, Nicoletta passe son temps à faire du sport. « Je me fais un devoir d’en pratiquer tous les jours », soutient-elle.