Municipalités - Conseillers bleus : l’exclusion

By Cedric Ramasawmy O commentaire //
Sonoo

Le couperet est tombé. Après le retrait du PMSD du gouvernement le 19 décembre, la présence des élus bleus à la direction des mairies de Quatre-Bornes et Beau-Bassin/Rose-Hill dérange leurs ex-partenaires. Alors que l’adjointe au maire PMSD a été destituée à la ville des Fleurs, les élus du parti ont été écartés de divers comités des villes-sœurs.

Le baisemain de la révocation

Le ministre Roshi Bhadain fait école. Le conseiller du MSM Samad Gunny a fait un baisemain à Arline Kœnig, membre du PMSD, juste après la révocation de cette dernière.

Quatre-Bornes : destitution d’Arline Kœnig

La motion de destitution de l’adjointe au maire de la ville des Fleurs a été présentée par le maire Atmaram Sonoo, le mercredi 11 janvier. Mécontents, les membres du PMSD jugent cette séance « caduque » et envisagent une action en justice.

« Le conseil municipal de Quatre-Bornes est désormais illégitime », déclarait Arline Kœnig après sa révocation du poste d’adjointe au maire. La motion de blâme a été présentée par le maire Atmaram Sonoo sous l’article 36 de la Local Government Act de 2015. Elle a été adoptée à une majorité de 12 voix contre sept, lors d’une séance spéciale. Les élus municipaux du MSM et du Muvman Liberater ont voté en sa faveur. Une décision qui a laissé un goût amer à l’adjointe au maire, membre du PMSD.

Arline Kœnig conteste cette révocation. « Le conseil a voté pour que l’adjointe au maire soit démise de ses fonctions. Ce conseil est illégitime, car nous sommes allés aux élections ensemble. Le peuple a voté pour le PMSD, autant que pour les autres partis. Nous nous réunirons pour en discuter avec le comité exécutif des bleus », nous a-t-elle déclaré.

Les autres conseillers PMSD ont eux aussi été révoqués du comité exécutif. Après cette séance spéciale, les sept élus du PMSD se sont concertés pour décider de la marche à suivre. Un recours en justice est envisagé. « Cette séance spéciale est caduque. Nous contesterons ces révocations injustes et illégitimes. Nous en discuterons lors du prochain comité exécutif du parti. Nous saisirons la justice, car les procédures n’ont pas été respectées. Nous avons sollicité l’avis du Parquet, mais le maire n’a rien voulu entendre », ont martelé Kevin Ochit, Ziyad Goomany et Myrella Dansant.

Réactions

Atmaram Sonoo, maire de la ville des Fleurs :
« Les bleus doivent assumer les conséquences de leur démission du gouvernement (…) Nous n’avons eu d’autre choix que de révoquer l’adjointe au maire. Il n’y a aucune rancune entre nous. Il faut suivre la ligne du parti. Ils peuvent réclamer des élections, mais c’est à nous de décider. »

Robert Pallamy, président du PMSD :
« C’est une motion où l’on révoque le parti majoritaire dans les villes. Comment ces conseillers peuvent-ils rester en poste ? S’ils sont honnêtes envers eux-mêmes, ils doivent démissionner. On ne peut retirer uniquement les conseillers du PMSD. Le PMSD a été la locomotive de ces élections avec 63 % des voix. C’est un jour triste pour la démocratie régionale. »

Une femme succédera à l’ex-adjointe au maire

Une femme succédera à Arline Kœnig au poste d’adjoint au maire. Il est probable que ce soit un membre du Muvman Liberater. L’élection pourrait avoir lieu la semaine prochaine.

Beau-Bassin/Rose-Hill : les conseillers du PMSD effectuent un walk-out

L’année commence mal pour le conseil municipal de Beau-Bassin/Rose-Hill. Les élus bleus ont quitté la première séance du conseil de l’année sur une note de désaccord. Les sept élus du PMSD ont contesté le remaniement du comité de la santé, celui des permis et de l’infrastructure et du comité du bien-être. Déjà, avant le début de la séance, ils se sont tous assis du même côté changeant, ainsi, l’arrangement des sièges.

Ken Fong, le maire des villes-sœurs, a affirmé avoir consulté le conseil légal de la ville avant de remanier les comités. Il a aussi expliqué qu’il en a discuté avec le vice-président du PMSD, Varen Andee. « Je lui ai dit que j’allais mettre un conseiller du PMSD par comité et il est tombé d’accord sur les noms que je lui ai fournis », affirme Ken Fong. Toutefois, les conseillers du PMSD, Olivier Barbe et Wendy Delord, devaient contester ce remaniement.

« La façon dont vous agissez donne l’impression que vous êtes un dictateur », a lancé Olivier Barbe. Le maire devait lui demander de retirer ses mots, mais les choses se sont envenimées lorsque le conseiller Zaed Nahnuck a affirmé que si le maire ne revenait pas sur sa décision, les conseillers quitteraient la salle du conseil.

Les bleus ont finalement quitté la séance, affirmant que la séance qui a succédé leur départ était anticonstitutionnelle. La raison, selon Zaed Nahnuck, c’est qu’avec le départ des sept conseillers PMSD et l’absence de deux conseillers de la majorité, le conseil ne disposait plus du quorum pour continuer. Sans le PMSD, il n’y avait que 15 conseillers sur 24 élus présents. Toutefois, le maire devait affirmer que le règlement est clair : le conseil a besoin d’un quorum d’un tiers ou de la moitié pour siéger.

Dans une déclaration à la presse, Ken Fong dit déplorer l’attitude de l’opposition. « Je leur souhaite bonne chance et qu’ils travaillent comme une opposition digne de ce nom. » De leur côté, les conseillers du PMSD n’ont pas voulu faire de commentaires. Ils préfèrent attendre la conférence de presse de Xavier-Luc Duval, ce vendredi. Alain Cerveau, l’adjoint au maire et chef de file du MSM au conseil, a, lui, expliqué qu’il revient aux conseillers d’assumer leurs responsabilités.