Manisha Dookhony : la force tranquille

By Melanie Duval O commentaire //
Manisha Dookhony

Manisha Dookhony compte un riche parcours de presque 20 ans. Ses convictions et ses compétences l’ont convaincue à s’associer à deux autres femmes pour mettre en place un Think Tank qui s’articule autour de «Mauritius Society Renewal». Le lancement de ce collectif a eu lieu le 3 mars.

Manisha Dookhony est une femme d’exception qui a à cœur l’avancement de Maurice pour l’emmener dans une nouvelle ère. Après ses études primaires, elle entame sa secondaire aux collèges Droopnath-Ramphul et Dr Maurice-Curé. Elle décroche une bourse après le Higher School Certificate et choisit l’Inde pour des études en Economie.

En 2001, elle rentre à Maurice et débute sa carrière au ministère des Finances. Après cinq ans, elle opte pour Enterprise Mauritius avant d’atterrir, en 2006, au Board Of Investment où elle reste deux ans. En 2008, elle fait son come-back au ministère des Finances. « J’y suis retournée mais j’ai ensuite eu envie de reprendre mes études. »

C’est la Harvard Kennedy School qui accueille la jeune Mauricienne pour des études en ‘Public Administration’. « C’est une école spécialisée en secteur public et en leadership et pendant que j’étais aux Etats-Unis, j’ai rejoint le Mason Fellow Harvard Kennedy School. C’est un genre de sororité qui réunit les gens qui viennent des pays en voie de développement et qui souhaitent développer un secteur dans leur pays. » Une expérience bénéfique, affirme Manisha Dookhony.

Elle s’intéresse ensuite aux développements de plusieurs secteurs, tant économique que social, afin de faire profiter plusieurs pays africains de son savoir-faire. « J’ai beaucoup travaillé avec le Rwanda, j’ai été conseillère spéciale des ministres et des institutions en Ethiopie, au Burundi, au Malawi, aux Etats-Unis et au Lesotho. Je leur apportais mon expertise dans des projets de développements. »

Stress positif

Depuis un an, Manisha Dookhony a posé ses valises à Maurice mais ce n’est pas pour se reposer sur ses lauriers. « Je suis revenue pour aider mon pays et avec le Think Tank, nous pouvons proposer de nouvelles idées afin d’améliorer certains axes de notre société. » Elle estime qu’il y a besoin d’une refonte de l’économie et qu’il faut revoir le taux de chômage.

« Le chômage encourage la pauvreté et nous il y a des poches de pauvreté un peu partout à Maurice que ce soit en région urbaine ou rurale. La pauvreté est aussi à l’origine des fléaux sociaux. »

Un des autres axes cruciaux de ce Think Tank, selon Manisha Dookhony, c’est la gouvernance de Maurice. « Actuellement, la gouvernance est plus focalisée sur le gain personnel que sur l’intérêt du pays, argue-t-elle. Il nous faut une nouvelle vision et pour cela, il faut reprendre l’idée originelle derrière l’Indépendance de Maurice afin de générer le développement. »
La jeune professionnelle préconise aussi une ‘Performance Management’ des ministres. « Cela se fait au Rwanda et c’est un système qui marche bien. Cela produit un stress positif sur les ministres qui doivent finir les projets qu’ils ont promis de compléter dans les temps. Au cas contraire, ils sont sanctionnés. »

Dans le cadre de la Journée mondiale de la Femme, célébrée le 8 mars, Manisha Dookhony a invité les femmes à agir autrement. « Ce sont principalement les femmes qui transmettent des valeurs aux générations futures et nous pouvons axer le développement de notre pays sur ce que nous véhiculons. Bon nombre de femmes ont des idées qu’il faut mettre à profit pour notre île. Maurice est prêt pour un leadership féminin et nous devons l’encourager davantage dans le secteur privé. »