Débat

libéralisation des prix - Ashit Gungah : «S’il faut fixer les prix, nous le ferons»

La libéralisation des prix ne profite pas toujours aux consommateurs, ont admis le ministre du Commerce Ashit Gungah et le président du Consumer Advocacy Platform, Mosadeq Sahebdin.

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Il ne cache pas sa déception. Le ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Protection des consommateurs, Ashit Gungah, déplore que les prix des rotis, dholl puris et pâtisseries n’aient pas baissé, suivant la baisse du prix de la farine. Il n’exclut pas l’option que le gouvernement fixe les prix de certains produits. Il annonce l’introduction prochaine d’un Consumer Protection Bill, qui aura des dispositions pour combattre les pratiques déloyales (unfair practices).

Évoquant ce nouveau texte de loi, le ministre ajoute que les débats publics seront privilégiés. « Nous tiendrons compte d’un maximum de propositions pour assurer une meilleure protection des consommateurs. Je reconnais que, si les commerçants sont prompts à augmenter les prix suivant une hausse des intrants, le contraire n’est pas vrai. Ils se montrent réticents à baisser les prix. L’exemple le plus récent est le prix des rotis, dholl puris, et autres gâteaux, après la baisse d’une roupie sur le prix de la farine. » Si le ministre avoue qu’avec la libéralisation des prix, le gouvernement n’a plus le contrôle sur une majorité de prix dans le commerce, il estime néanmoins que les consommateurs doivent tirer profit des baisses de prix décidées par le gouvernement.

Ashit Gungah annonce son intention de rencontrer les marchands de dholl puris, rotis et autres, pour les convaincre de baisser les prix de leurs produits. « S’ils n’obtempèrent pas, le gouvernement prendra les mesures appropriées », menace-t-il.

Un cartel invisible

De son côté, le président du Consumer Advocacy Platform, Mosadeq Sahebdin, explique que la libéralisation des prix était censée apporter une concurrence sur le marché, pour favoriser les consommateurs. « Je déplore qu’à part certaines exceptions, tel n’est pas le cas, vu la structure du marché local. Je n’exclus pas la possibilité, sur un marché aussi restreint que Maurice, que des importateurs imposent leurs prix de revente au détail », dit-il.

Ainsi, les prix de certains articles sont plus ou moins les mêmes, sur tous les points de vente. C’est pourquoi la Competition Commission a exprimé son estime pour les personnes pratiquant un prix de détail imposé. « Je souhaite que cela apporte plus de concurrence et favorise les consommateurs. »

Il ajoute que, dans un contexte de libéralisation des prix, « il est difficile de contraindre les marchands de dholl puris et rotis, entre autres, à baisser les prix de leurs produits, notamment à cause de l’existence d’un ‘cartel invisible’ ». « Si l’un des détaillants augmente son prix, les autres le suivent », avance-t-il.

Faut-il revenir à une politique de contrôle des prix ? Sahebdin Mosadeq souligne que ce n’est pas en ligne avec la politique de libéralisation des prix. S’agissant de la viande de bœuf, il souligne : « Nous avons saisi la Competition Commission pour voir si cette hausse a été provoquée par la position dominante d’un importateur. »

 

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