Lettre en préparation : l’opposition reproche à la Présidente d’avoir transgressé ses prérogatives

Par Rizwaan Khodabux O commentaire

Démissionner de la Présidence « dans l’intérêt de la nation ». C’est ce que comptent demander les élus de l’opposition à Ameenah Gurib-Fakim. Le Dimanche/L’Hebdo est en présence de la lettre que Xavier-Luc Duval a envoyée aux chefs de file des partis de l’opposition pour leur « vetting ».

La lettre a été envoyée au leader du Mouvement militant mauricien, Paul Bérenger, au président du Mouvement Patriotique, Alan Ganoo, au chef de file du Parti travailliste au Parlement, Shakeel Mohamed, au leader du Reform Party, Roshi Bhadain, ainsi qu’aux deux députés siégeant en indépendant dans l’opposition, Kavi Ramano et Danielle Selvon.

Deux motifs ont été avancés par Xavier-Luc Duval pour justifier sa demande. D’abord, le leader de l’opposition estime que la Présidente a transgressé ses prérogatives et ses obligations en tant que chef d’État dans l’affaire Alvaro Sobrinho. Ensuite, il est d’avis qu’Ameenah Gurib-Fakim aurait fait preuve d’un manque de discernement en s’associant avec des personnes à la « réputation douteuse ».

Le leader de l’opposition reproche à la Présidente, ainsi qu’à son personnel, d’avoir « regularly intervened » auprès des institutions pour faciliter et accélérer les démarches du milliardaire angolais dans l’obtention de ses permis. En effet, selon Xavier-Luc Duval, il y aurait de « strong evidences » de la violation des articles 18 et 20 de la Financial Services Act par l’instance régulatrice elle-même, la Financial Services Commission (FSC). Selon lui, Alvaro Sobrinho et certains de ses associés ne seraient pas « fit and proper persons for the purpose of holding licences » dans notre secteur des services financiers. Xavier-Luc Duval est persuadé que la FSC aurait failli dans sa tâche de préserver la bonne réputation de notre secteur financier.


Ameenah Gurib-Fakim : «Les dernières semaines ont été très dures»

La présidente de la République s’est, une nouvelle fois, défendue dans l’affaire Alvaro Sobrinho. Ameenah Gurib-Fakim confie que « les dernières semaines ont été très dures pour moi et ma famille. Je ne souhaite cela à personne ». C’était lors d’un message diffusé sur les ondes de la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC), le jeudi 13 avril.

Elle a demandé à la presse de faire preuve de prudence et de ne pas attaquer la crédibilité des institutions. « Nous apprécions tous l’importance de la liberté d’expression et les critiques constructives. Il faut que cela rime avec responsabilité. Il faut éviter les attaques personnelles, qui frisent l’insulte. Si nous voulons encourager les femmes dans la politique, il faudra les encadrer, car une femme est aussi une épouse, une fille, une maman et une sœur. C’est très grave quand on fait des insinuations et des allégations. C’est grave pour sa réputation et elle sera découragée », a-t-elle expliqué. Ameenah Gurib-Fakim soutient « qu’afin de préserver l’image de marque de la Présidence, [elle s’est] retirée de toutes les instances de Planet Earth Institute ».