Les « élites » et nous : quel amour-haine !

Par Samad Ramoly O commentaire

Jadis, les élites étaient assimilées à une classe de personnes sages pétries de nobles intentions dont le comportement tendrait à susciter respect, adulation et émulation. Elles réunissent une minuscule minorité en position dominante au sein, entre autres, de la politique, du monde des affaires et de l'intelligentsia. Depuis les années 1980, elles fonctionnent pratiquement comme une multinationale, en mode corrompu de la citoyenneté du monde certes, qui transcenderait frontière, religion, couleur de la peau et genre.

Aussi connues comme establishment, elles façonnent les normes de fonctionnement des sociétés et tissent les liens entre citoyens avec un potentiel à dégager un épanouissement collectif ou, le cas échéant, à baliser la voie vers le désenchantement et le chaos. Une grosse colère populaire se dessine ou se manifeste déjà à travers le monde face à un arrangement pas forcément orchestré, mais spontané, sordide et farouchement ancré dans la quête du statu quo. Même si le contrecoup varie en termes d'intensité et d'amplitude d'un pays à l'autre, les ondes négatives n'ont jamais semblé aussi contagieuses.

Toutefois, ce serait absurde de suggérer que l'ensemble de l'establishment s'est transformé en un club de crétins sans vergogne. Ce serait plutôt son pan d'arrivistes qui s'est associé à un autre pan parmi les nouveaux riches exclus dans une course cynique, bourrée d'avidité, vers la Grande Dérive. Pourtant, toute cette supercherie a été tellement prévisible. Le Miracle-en-Carton, la Réforme Fructueuse et le Miracle Cuisiné ont toujours incarné beaucoup plus, voire carrément autre chose, que la bande annonce ou la critique des courtisans et le plébiscite officiel.

Devinez qui a contribué, même inconsciemment, à favoriser le processus pour stimuler la croissance des rentiers et des oligarques ? Nous, les citoyens sans discernement, les médias complaisants, les experts pantins avons maintenant l'opportunité de nous ressaisir et, de surcroît, l'incitation restée hélas insaisissable pendant trop longtemps, pour sortir du Cycle Infernal.

Pour commencer, nous devons nous efforcer de nous libérer de nos chaînes mentales et matérielles. Ai-je formulé que ce serait une partie de plaisir ?