Les boutiques du coin luttent pour leur survie

Par Mario Boutia O commentaire
Les boutiques du coin

Subissant de plein fouet la concurence des grandes surfaces, les boutiques du coin continuent inexorablement leur descente aux enfers. Et même si les petits commerçants n’ont plus besoin de payer les frais de Rs 5 000 pour le permis d’opération, leur situation demeure précaire.

Assis derrière son comptoir, Bye Hassam attend toujours son premier client, une heure après l’ouverture de sa boutique. « Il y a des jours où on ne vend presque rien », glisse-t-il, amer. Sa situation s’est détériorée depuis l’ouverture d’une enseigne qui a la réputation «  d’écraser les prix ».

Chaque année, au moins 300 petits commerces (boutiques, tabagies, et restaurants entre autres) mettent la clé sous le paillasson, déplore le président de la Shop Owners Association (SOA), Santosh Ramnauth. « Certes, le fait que nous n’avons plus besoin de trouver Rs 5 000 chaque année pour le paiement des permis nous a apporté un soulagement, mais notre situation est toujours difficile », affirme-t-il.

Il explique que l’avènement des grandes surfaces a porté un rude coup aux petits commerces. «  Elles ont drainé une majorité de notre clientèle », déplore-t-il. Et d’ajouter : « Les gens pensent que les prix sont plus compétitifs dans les grandes surfaces que dans les boutiques, ce qui n’est pas forcément le cas. »

Ainsi, l’annonce de l’ouverture d’un supermarché à Candos, Quatre-Bornes, fait craindre le pire aux petits commerces de la région. «  Comment voulez-vous qu’on puisse se battre contre un monstre pareil ? » demande un petit commerçant. Notre interlocuteur estime que le gouvernement ne fait rien pour protéger les petites boutiques qui ont servi avec dévouement la population pendant des années.

«  Les gens ne viennent chez nous que s’ils doivent acheter à crédit », explique Santosh Ramnauth. Le président de la SOA explique que selon la loi, les boutiques qui ont un permis « Off » peuvent opérer jusqu’à 21 heures les vendredis.

Aucune distinction

Ces commerces ne disposent pas d’un espace où les personnes peuvent consommer de l’alcool sur place. Mais bien qu’ils aient le droit d’opérer jusqu’à 21 heures, les boutiquiers ferment à 19 heures, faute de clients.

Actuellement, Santosh Ramnauth lutte pour une extension des heures d’ouverture des boutiques qui ont un permis « On & Off ». Il explique que c’est un combat que son association mène depuis des années mais qui, malheureusement, profite davantage aux grandes surfaces car selon lui, la loi ne fait aucune distinction entre les hypermarchés et les petites boutiques.