Le Griffon ravagé par un incendie au Caudan : Ravi Seebaruth, prisonnier des flammes, meurt électrocuté

By Kendy Antoine O commentaire
Une épaisse fumée a envahi Le Griffon, amarré au Caudan.  En médaillon, Ravi Seebaruth .

Il ne s’en est pas sorti. Ce soudeur réparait le moteur d’un bateau quand il y a eu une explosion. Un violent incendie a ravagé Le Griffon, qui mouillait au Caudan. Ravi Seebaruth, âgé de 43 ans, prisonnier des flammes, est mort électrocuté.

«Je manipulais une scie électrique quand il y a eu une explosion. Ravi était dans la cale. Une épaisse fumée a envahi la pièce. C’était le sauve-qui-peut général », dit Gunshyam Patel. Ce ressortissant indien, qui travaillait dans la cale du Griffon, ne peut chasser ces images de son esprit. Admis à la Burns Unit de Candos, il a eu le pied gauche fracturé et a subi des brûlures à la jambe droite et à l’épaule.

Ce drame s’est joué mercredi matin à la Marina, au Caudan. Le Griffon y était amarré depuis environ neuf mois pour des réparations dans la salle des moteurs. Une dizaine de travailleurs étaient à pied d’œuvre à l’intérieur et sur le pont du bateau. Ravi Seebaruth, 43 ans, soudeur de profession qui travaillait à l’usine World Knits, était dans la salle des moteurs. Le bateau appartenait à son employeur.

Vers 10 heures, alors que tous s’attelaient à la tâche, il y a eu un bruit assourdissant. « Enn bonbonn gaz inn eklate. Nou finn tan enn gran bow ! Dife inn pran », explique Samuel. C’est la panique. D’épaisses fumées noires ont commencé à envahir le bateau. « Nou finn trouv Ravi, li ti bloke. Ti ena dife. Pann kapav sov li. Laflam tro for », explique le jeune homme.

« J’ai entendu ses appels au secours », se désole-t-il. L’alerte est immédiatement donnée. La police du Port, deux équipes de pompiers de Port Louis, le Samu et les officiers du ministère de l’Environnement se rendent sur place. Si les travailleurs ont pu quitter le navire, seul Ravi Seebaruth manque à l’appel.

Le Griffon est la proie des flammes. Les éléments de la garde-côtière du Caudan viennent prêter main forte. Les employés sont évacués vers l’hôpital Dr A.G. Jeetoo.

Électrocution

« Nous avons eu beaucoup de mal à circonscrire le feu. Il fallait avancer prudemment dans le bateau. Nous avons fait vite pour sauver l’employé prisonnier des flammes. Mais c’est son cadavre que nous avons retrouvé », explique Farad Mohideen, Senior Station Officer des Fire Rescue Services. C’est au bout de trois heures que les pompiers circonscriront ce terrible incendie. Pour le soudeur, il était trop tard. C’est vers 13 h 30 que le corps sans vie de Ravi Seebaruth est extirpé du bateau. L’autopsie pratiquée par le Dr Sudesh Kumar Gungadin, chef médecin légiste, a révélé que le soudeur est mort électrocuté. Il y aurait eu une fuite d’eau alors qu’il procédait à des réparations.

La police du Port a procédé à l’audition de certains ouvriers. Elle cherche à savoir comment un tel accident a pu se produire.

Un bon ouvrier

À Camp Benoît, chez les Seebaruth, c’est le choc. Amis et proches sont venus présenter leurs sympathies à Reshma, le veuve, et à la mère du disparu. Les deux femmes sont inconsolables. Assise dans le salon, entourée de ses proches, la mère de la victime ne cesse de pleurer. En à peine un an, elle perd son époux, emporté par la maladie et son fils aîné.
Reshma est effondrée. « Il est sorti ce matin et m’a dit qu’il devait travailler sur le bateau. Je ne sais pas si c’est l’usine qui l’a envoyé là-bas Je n’en sais pas plus », dit-elle avec peine. « Ravi était un bon vivant », pleure-t-elle. Le soudeur laisse, derrière lui, trois fils, âgés de 12, 8 et 4 ans.