La profanation du cimetière juif de Saint-Martin déjouée

Par Vel Moonien O commentaire
PMO

Le cimetière juif de Saint-Martin, à Mont-Roches, a échappé à une tentative de profanation. Les Casernes centrales ont reçu des renseignements qu’un petit groupe d’extrémistes, actifs dans le Sud, projetait de saccager ce site afin que l’incident soit répercuté par les médias internationaux. Le Bureau du Premier ministre a pris cette affaire très au sérieux, après les coups de feu tirés sur l’ambassade de France à Port-Louis, doublés des inscriptions à la gloire de l’organisation Daech, l’an dernier. 

Plusieurs équipes de police ont eu pour mission de surveiller le site qui borde le quartier de La Chaumière, il y a quinze jours, afin de déjouer un tel plan. Les membres du groupuscule ont été placés sous surveillance. Les patrouilles mobiles ont été multipliées dans la région pour d’ôter toute envie aux membres de passer à l’acte. Des lampadaires seront aussi installés.

Longtemps sous la responsa-bilité de la mairie de Beau-Bassin/Rose-Hill, la partie du cimetière réservée aux 127 Juifs décédés à Maurice durant la Seconde Guerre mondiale a été réhabilitée par l’African Jewish Congress (AJC) et l’Island Hebrew Congregation (IJC).

Entre 1940 et 1945, 1 670 Juifs fuyant l’Europe nazie ont été internés dans l’île par les Britanniques. Ils avaient été interdits d’accès en Palestine. Durant la Seconde Guerre, les 127 détenus, dont trois enfants, qui n’ont pas survécu aux mauvaises conditions de détention, ont été enterrés à Saint-Martin.

Il y a six ans, l’AJC a dévoilé trois plaques en mémoire du Dr. Aaron Zwergbaum, chef de file des détenus juifs et principal agent de liaison avec les organisations sionistes. L’une d’elles a été dévoilée par le fils du médecin, Tali Regev, né à la Prison centrale de Beau-Bassin. Zev Weininger, lui aussi né à la prison, a fait inscrire le vrai nom de son grand-père sur sa tombe, l’inscription « Hier Rut mein Lieber Man » (ci gît, mon cher époux) - ayant été altérée en Ruth Lieberman.

À la Prison de Beau-Bassin, une partie de la chapelle attenante, vieille de deux siècles et qui servait de remise à outils à la mairie a été convertie. Elle est désormais connue comme le « Beau-Bassin Jewish Detainees Memorial & Information Centre »