Jours funestes pour 2018 : en cinq jours, sept familles plongées dans la désolation

Par DEFIMEDIA.INFO . O commentaire
Année sanglante

Début d'année funeste pour plusieurs familles. À peine quelques heures après le Nouvel an, les rires et les joies ont laissé place aux cris de douleur et aux larmes. En cinq jours, neuf personnes, dont un bébé, sont mortes dans d'horribles circonstances.

Le 1er janvier, la route a enregistré ses deux premières victimes, Zinedeen, 18 ans, et Falahuddeen Phutully, 24 ans, deux frères victimes d'un terrible accident à St-Jean, Quatre-Bornes. Leur voiture a fini sa course contre un arbre, ne leur laissant aucune chance de survie. Le 2 janvier, Pierre Ives Sheik Adam, 61 ans, a péri noyé au Morne. En début de soirée, Lélio Zéphire, 66 ans, habitant Tamarin, assassine son ex-femme, Doris L'Enflé, 38 ans, avec un fusil de chasse avant de retourner l'arme contre lui.

Un peu plus tard dans la soirée, le petit Kelione Noah Kedaree, 18 mois, est victime d'une chute mortelle alors qu'il avait été confié à un proche. Les drames se sont poursuivis. À Plaine-des-Papayes, une dispute de voisinage a viré au meurtre pour Outam Goorbin, 36 ans, et son père, Anand, 62. Tous deux sont morts après avoir été percutés par un van. Et le 4 janvier, Ramdass Poliah, 58 ans, a trouvé la mort dans un accident à Port-Louis. Cet aide-chauffeur a été décapité quand le poids lourd dans lequel il se trouvait s'est renversé. Retour sur la vie de ces gens qui laissent un grand vide dans leurs familles.


La famille Phutully ravagée par la mort de deux jeunes passionnés

Zinedeen.
Falahudeen.

Une famille, deux enterrements. Début d'année cauchemardesque pour la famille Phutully, à Stanley, Rose-Hill. Falahudeen, 24 ans, et son frère Zinedeen, 18 ans, ont quitté ce monde dans un tragique accident de la route survenu à St-Jean au lendemain du Nouvel An. Leur BMW a fini sa course contre un arbre. Ils n’ont pas survécu à leurs blessures. Leur cousin, Shaheel, seul rescapé de cet accident, est toujours admis aux soins intensifs.

Leur soudaine disparition laisse un vide immense pour leurs parents. Ils étaient leurs seuls enfants. Malgré leur différence d'âge, les deux jeunes s’entendaient à merveille. « Ils ont tous deux complété leur scolarité à l'école primaire de Notre Dame des Victoires », explique Ahmed, frère de Shaheel.

Falahudeen a ensuite rejoint le collège Newton, à Rose-Hill. Il a étudié jusqu’au School Certificate. Pendant ses années de collège, le jeune homme s'était découvert une passion pour la boxe, dit le cousin. « Nous avions un oncle qui pratiquait la boxe. Cela nous a intéressés. Nous l'avons suivi pendant une dizaine d'années », dit Ahmed. Mais récemment, occupations professionnelles obligent, il avait mis un terme à la pratique de ce sport. Selon Ahmed, Falahudeen s'était lancé dans la réparation des volets avec son père. Il se rendait régulièrement à la gym avec ses cousins.

« Nous partagions les mêmes passions », lâche Ahmed. La vente des voitures intéressait également Falahudeen. Zinedeen, le benjamin, qui a étudié jusqu'à la Form III, avait les mêmes centres d'intérêt que son aîné. « Ils ne se quittaient pratiquement jamais. Kot enn ete ou pou trouv lot », lâche en larmes, Axen, le père.

La douleur le terrasse. Il confie que ses fils étaient toujours là quand son épouse ou lui était malade. « Ils étaient là pour nous. Mon épouse et moi avons beaucoup travaillé pour leur bâtir un avenir. Avant qu’ils ne quittent ce monde, ils s'occupaient de nous. Tout est fini », se lamente ce père meurtri.

 S’ils n'étaient que deux enfants pour leurs parents, avec leurs cousins, ils étaient une véritable fratrie. « Nou res dan mem lakour. Tou le zour nou ti ansam. Nou sorti ansam, dormi, leve ensam. Zot less enn gran vid », ajoute Ahmed qui n'arrive pas à se faire à l'idée qu'il ne verra plus ces deux cousins.

Son frère Shakeel, dit-il, qui était sur la banquette arrière le jour du drame, se remet lentement de cet accident. « Il est encore à l'unité des soins intensifs. Il y a une légère amélioration. Nous espérons qu'il va s'en sortir ». Depuis cette double tragédie, les proches se succèdent au chevet des parents. « Perdre ses deux fils est terrible », dit Axen.


Meurtre et suicide à Tamarin : l’enfant de Doris L’Enflé se retrouve orphelin

Lelio Zephire et Doris L'Enflé.

Ce drame a secoué le village de Tamarin mardi après-midi. Lélio Zephir (65 ans) avait tiré deux coups de feu sur son ex-femme Doris L'Enflé, (38 ans) avant de retourner l'arme contre lui. Cela pour une affaire de garde d'enfant. Les proches de Doris sont anéantis et ceux qui ont côtoyé Lélio sont choqués. L'enfant du couple se retrouve seul, sans parents.

Les L'Enflé, à Tamarin, sont traumatisés. Le Défi-Plus était parti à la rencontre de la famille de Doris. Sa mère était inconsolable. Vêtue d'une blouse blanche et d’une jupe grise, assise sur son sofa, elle ne cesse de regarder la photo de sa fille. Elle éclate en sanglots alors que les prières sont dites. Plusieurs proches faisaient le va-et-vient pour leur témoigner de leur sympathie. Une proche de la défunte, qui a voulu garder l'anonymat, explique que « Doris vivait un véritable enfer ».

« Doris e Lélio inn marye  depi plis ki 15 an. Mais le 2 janvier 2017, Doris a abandonné le toit conjugal et elle est allée vivre chez sa mère. Elle avait dit que le comportement de Lélio avait changé et qu’il était devenu violent. Il y a six ou sept mois ils ont divorcé. Lélio la harcelait. D'ailleurs, la veille du Nouvel An, il avait menacé de causer du tort à la famille et il ne cessait de harceler Doris au téléphone. Le 2 janvier 2018, il l’a tuée. E sa zour-la, fer un an depi ki Doris ti kit Lélio », dit-elle.

Pour elle, Doris était une battante. « Elle était bonne à tout faire et était indépendante. Elle n'a pas connu une vie facile et elle a commencé à travailler à un très jeune âge. Elle se sacrifiait pour son enfant. Celui-ci est toujours bouleversé. Nou pou less zanfan la deside plitar avek ki li anvi reste, nou pa le fatig li asterr la »,dit cette proche.

 Plusieurs amis sont venus rendre hommage à Doris. L'une d'elles, Stéphanie, explique que la disparue croquait la vie à belles dents. « Doris et moi avons grandi ensemble et on se partageait nos secrets. Elle m'a dit que Lélio était jaloux d'elle et il devenait de plus en plus possessif et violent. J'étais choquée quand j'ai appris sa mort. C'est atroce », dit Stéphanie.
Le Défi-Plus s'est également rendu chez la famille de Lélio à Cité Barkly. « Nou pa tro frekente. Depi lontan linn kite isi e zame nou pann gagn so nouvel. On a appris son décès à travers les médias », nous a-t-on laissé entendre.

Les amis qui ont côtoyé Lélio sont sous le choc : « Pa kapav krwar ki linn kapav fer enn zafer koumsa. Li ti enn extra bon dimoun ». Une amie, présente sur les lieux du drame, explique que Lélio était un homme très actif. « Lélio inn ed boukou dimoun dan Tamarin e nimport ki sanla kapav temwanye saki mo pe dir, ninport ki ler kan tap so la port, li la pou ede. C’était une personne aimable et appréciée. C'est choquant », dit l'amie.


À Fond-du-Sac : Outam Goorbin s’est sacrifié pour sa famille

Outam Goorbin.

Vijayanand (Outam) Goorbin, 36 ans, était le cadet d'une fratrie de quatre enfants. « Li ti impe akter, bel gabari », raconte Gawtam, le troisième frère. Son enfance, c'est à la rue First, à Fond-du-Sac, qu'il l'a passée. Son père Anand était vigile. Il a étudié jusqu'au Certificate Primary Education (CPE) avant de déserter les bancs de l'école.

Désireux d'aider ses parents, le jeune Outam commence à travailler dans la restauration, s'occupant de l'entretien. Entre-temps, il fait la connaissance de Meenakshi, qui deviendra son épouse. « C'est grâce à une demande que nous nous sommes connus. Je l'ai tout de suite apprécié », explique-t-elle.

Le jeune homme est pieux, bon travailleur, respectueux, il n'en faut pas plus pour qu'elle tombe sous le charme. De son côté, Outam bosse dur pour pouvoir épouser sa promise. « Au bout d'un an, nous nous sommes mariés », poursuit-elle. Et bientôt son emploi au restaurant n'allait plus suffire  pour le couple avec l’arrivée d’un bébé. « Quand nous avons appris que j'étais enceinte, il a pris la décision de faire du jardinage à temps partiel ». Ainsi, après ses heures de travail au restaurant, Outam trouvait du boulot chez les particuliers.

Un an plus tard, Meenakshi est de nouveau enceinte. «  Au bout de six mois, le médecin nous a dit qu'il y avait deux bébés. J'avais peur qu'il puisse avoir des complications, mais Outam m'a toujours dit de croire en Dieu et que tout allait bien se passer ». Elle donnera naissance à des jumelles. «  Il était tellement heureux. Li pa ti atan pou gagn zimel », dit-elle.

Le tout-terrain en question.

Avec la venue des petites, Outam quitte son job dans la restauration. « Il travaillait comme jardinier chez les particuliers. Une fois sa journée terminée, il repartait au boulot, cette fois comme aide-maçon. Au fil des ans, il s'était fait une clientèle dans la région et parvenait à conjuguer ses deux métiers », nous dit la veuve. Puis, le couple accueillera un quatrième enfant, un garçon. « Il se souciait de leur éducation. Outam ne voulait le meilleur pour eux », ajoute-t-elle. « Les enfants, dit-elle, ne manquait de rien », ni elle d'ailleurs.

Mais tout s'est effondré pour la famille, aux petites heures du 3 janvier 2018, le temps d'une soirée où tout a dégénéré. Ses voisins ont foncé sur lui avec leur tout-terrain devant leur domicile. Outam ne survivra pas à ses blessures, alors que son père est dans un état critique.

Anand rejoint son fils deux jours après

Anand Goorbin.

Anand Goorbin, 62 ans, a lutté pour sa survie à l'unité des soins intensifs de l'hôpital du Nord avant de rendre l'âme deux jours plus tard. Sa vie ne tenait qu'à un fil depuis cette soirée fatidique. Vendredi, il a rendu son dernier souffle, plongeant une fois de plus la famille Goorbin dans une plus grande tristesse.

Anand Goorbin est décrit comme un père aimant, bosseur, soucieux du bien-être de ses quatre fils (Preetam, 39 ans, Outam, 37 ans, Gawtam, 36 ans et Satyam, 35 ans) et de ses petits-enfants. « Il a été un père exemplaire. Mon père nous a toujours inculqué les valeurs dans lesquelles il croyait », dit Satyam, le benjamin. Voulant ce qu'il y a de meilleur pour sa famille, Anand était tantôt receveur, tantôt vigile dans des hôtels ou dans une école primaire de la région ou courtier de voiture. Il voulait avoir sa famille près de lui. « Nous habitons tous la même cour », dit le frère.

Malgré l'âge de la retraite, Anand Goorbin restait très actif. « Je ne l’ai jamais vu tomber malade ou se rendre à l'hôpital pour un quelconque traitement. À son âge, il ne portait pas de lunettes. Il s'occupait de ses petits-enfants », explique ce fils. Alors qu’il était à l'unité des soins intensifs, ses proches gardaient espoir de le revoir se remettre sur pied.

« Le médecin nous avait dit que son état était critique, mais nous gardions espoir. Il était quelqu'un de très solide. Mais la mort a eu raison de lui », dit Gawtam. Cette situation a dévasté son épouse.


Ramdass Poliah : son métier, sa passion

Ramdass Poliah.

Ramdass Poliah, 58 ans, était un passionné. Sa famille, ses plantes et son travail étaient toute sa raison de vivre. Mais nul ne s'était imaginé qu'un jour que sa passion pour son métier lui aurait été fatal. Radha Poliah, 57 ans, est une épouse accablée. Sa vie et celle de ses cinq enfants ne sera plus jamais la même.

Cela faisait 35 ans que Radha et Ramdass s'étaient mariés. « Il habitait Mahébourg et moi Britannia. Il était venu chez une de ses cousines quand je l'ai vu pour la première fois. Il m'avait dit qu'il n'avait pas fait de grandes études, qu'importe, nous nous aimions ». Depuis, le couple ne s'est plus jamais quitté. Et le 22 juin 1982, il s'est dit oui pour la vie.

« Il avait obtenu du travail comme aide-chauffeur sur la propriété de Britannia. Nous sommes venus y vivre après notre mariage », dit la veuve. Ce métier, dit-elle, Ramdass l'a toujours fait avec passion. «  Il travaillait beaucoup. Sa journée se résumait ainsi : le matin, il se réveillait à 2 ou 3 heures pour se rendre sur la propriété avant de prendre la route. Quelques fois, il rentrait à 14 heures. Il n'a jamais eu de problème »,  ajoute-t-elle.

Et grâce son métier, il a pu prendre soin de sa famille.

«  Nous avons quatre filles et un garçon. Il avait toujours désiré en avoir un », poursuit Radha. Son époux vouait également un très grand intérêt pour les plantes. « Il aimait planter des légumes. Lorsqu'il était en congé, c'est dans son jardin qu'il passait le plus clair de son temps. »

 Il y a deux ans, ils ont quitté la propriété de Britannia pour s'installer dans un morcellement de la localité. « Le terrain nous avait été offert par la propriété et mon époux y a aménagé un autre jardin. Il y avait même installé un bassin à poissons », nous dit Radha.

Aujourd'hui, trois de ses filles sont mariées et habitent le sud de l'île. « Une de nos filles et notre fils de 18 ans vivent toujours sous notre toit. Mon époux voulait construire à l'étage pour notre fils. D'ailleurs, il y avait déjà placé les escaliers », poursuit la veuve.

Le 1er décembre, «  notre fils avait fêté ses 18 ans. Son père était fier. Nous avions fait une fête en famille en son honneur ». Travail oblige, Ramdass n’avait pas pris de congé. « Il a travaillé jusqu'au 29 décembre. Le 4 janvier, il a repris. Il pleuvait et mon fils lui a dit de ne pas partir. Mais il a insisté en disant que son supérieur avait déjà fait les arrangements et qu'il ne  pouvait pas s'absenter. Mais il nous avait assurés qu'il allait finir vers midi et qu’il allait pouvoir rentrer pour le déjeuner », dit Radha.

Le destin s'est montré cruel envers ce père dévoué, car c'était sa dernière sortie. Le poids lourd dans lequel il se trouvait s'est renversé sur l'autoroute en face du Caudan. L'aide-chauffeur  a trouvé la mort.


Kelione avait redonné espoir à sa mère femme battue

Le caniveau où le petit Kelione Noah Kedaree a fait une chute.

Depuis sa venue au monde,  le 24 août 2016, le petit Kelione Noah Kedaree était comme une bénédiction pour sa mère. Il lui avait redonné la joie de vivre, elle, une femme battue. En une nuit, tout a basculé pour cette jeune maman de 22 ans.  Dans la nuit de mardi à mercredi, Kelione, porté par un proche est tombé dans un caniveau à Flic-en-Flac. Il a été grièvement blessé et a rendu l’âme.

Rebecca, la mère

Son passage sur terre aura été de courte durée. Le petit Kelione illuminait la vie de Rebecca et de ses proches. Il est parti brutalement. Depuis, la vie de Rebecca a basculé. Elle confie être une femme malheureuse. « Je me suis mariée le 14 février 2016. Cela a été  une grave erreur, car aussitôt après, mon époux a commencé à me brutaliser.  J'étais une femme battue. Il me pourrissait la vie », confie Rebacca.

Après quelques mois, elle apprend qu'elle était enceinte. Elle dit avoir ressenti une joie immense. « J'attendais avec impatience cette naissance. Ma grossesse s'est bien passée. Le 24 août 2016, j'ai accouché d'un petit garçon. Kelione m'a redonné le goût de vivre. Je ne vivais que pour lui. Même après sa naissance, mon époux, qui avait un penchant pour l'alcool, continuait à me frapper. Grâce à mon fils, j'ai trouvé le courage de le quitter un mois après l’accouchement.  Mon fils faisait mon bonheur », explique Rebecca au bord des larmes.
« Je me souviens du premier jour quand il m'a dit 'ma'.

J'étais très ravie. Kelione était mon premier enfant, et je ne pouvais décrire mes sentiments.»

Immense tristesse

Pour Rebecca c'était un nouveau départ. Kelione était un enfant plein de vie. « Bien qu'il n’ait que 18 mois, il comprenait les choses qu'on lui disait. D'ailleurs, le matin, c'est Kelione qui me réveillait. Et maintenant qu'il a quitté ce monde, ma vie n'est plus la même. Kelione était aimé de tout le monde. Il aimait écouter de la musique. À chaque fois qu'on passe une chanson à la radio, il dansait. Kelione aimait également jouer avec une petite balle. Kan mo dir li bizin al baigner, li retir so short li rant dans la salle de bains. J'ai aussi une fille de quatre mois avec mon nouveau compagnon et Kelione l'adorait. Li guette kouma mo fer so ti ser bwar e li osi li trap biberon li fer parey. Il était un enfant obéissant.

Sa mort m'a bouleversée », se lamente Rebecca. « Partou kot mo pe alle, mo pe trouv zis Kelione pe zoue avek so ban zouzou. Il me manque terriblement et c'est une grande tristesse », pleure Rebecca. Elle raconte que c'est un début d’année noire pour elle et ses proches. "Ce drame me hantera chaque jour de l’An. Je pardonne à Gérald qui est la cause de la perte de mon enfant, car c'est Dieu qui le jugera", nous dit-elle.

Peggy Labonne (38 ans), la grand-mère maternelle de Kelione, reste accablée. "Le jour du drame, avant de partir à la mer, Kelione m'a appelée par mon nom pour la première fois. J'étais tellement contente que je l'ai serré dans mes bras. J'ai deux enfants qui sont âgés de 10 et 11 ans respectivement et ils avaient l'habitude de jouer avec Kelione. Ils étaient inséparables et ils faisaient tout pour le rendre heureux. Et maintenant, ils sont bouleversés. Je regrette amèrement d'avoir remis Kelione à cet homme qui est responsable de sa mort. Ena kou mo pense nou zenfan ti pou enkor là si mo pa ti less sa missie la pran li", ajoute Peggy.


Pierre Adam, un amoureux de la mer, périt noyé

Pierre Ives Sheik Adam.

La mort subite de Pierre Ives Sheik Adam (61 ans) a laissé son entourage sans voix. Passionné de la mer, il n'en est pas revenu, le 2 janvier, lors d'une sortie en famille au Morne. C'est son corps sans vie qui a été repêché. Il laisse derrière lui trois enfants (deux fils et une fille âgés entre 30 et 36 ans). Pierre travaillait à son propre compte dans la construction et la rénovation des maisons. Au fil des ans, il a su se bâtir une réputation dans le domaine.

« On a perdu le pilier de la famille. Sa mort laisse un grand vide », lâche Wesley, un des fils encore sous le choc. Né le 12 octobre 1956, Pierre a grandi à Curepipe. Après ses études, ce fan grand fan de Manchester United s'est lancé dans la construction.

À l'époque, il ne ratait jamais une occasion pour aller à la mer et faire de la plongée. Vivant à cent à l'heure, Pierre était un bon vivant. « Mon père participait à presque toutes les activités relatives à la mer. Il était un amoureux de la mer. Il pratiquait la natation et la plongée ». Toutefois, il y a quatre ans, il a levé le pied, « voulant être plus présent pour ses proches », dit le fils.

Il y a 15 ans, explique Wesley, ses parents ont divorcé. « Malgré leur divorce, ils avaient toujours gardé contact et entretenaient de bonnes relations ». Déjà dans le secteur de la construction, c'est Pierre lui-même qui a bâti sa maison à Floréal. « Mon père était très populaire dans la région et aimait à aider les autres. Je me souviens d'une fois où il avait reçu un appel tard dans la nuit. Son ami avait eu une panne et avait besoin de son aide. Mon père n’a pas hésité une seconde. Il avait bon cœur », explique son fils.

Il poursuit : « Pour le Nouvel An, on n'a pas l'habitude de partir à la mer. Mais ce 2 janvier, tout le monde voulait y aller. Hélas ! Qui aurait cru que cela serait sa dernière sortie avec nous ».

Wesley ajoute que son père consacrait son temps à sa famille depuis qu'il a pris sa retraite. « Il passait son temps à jouer avec ses petits-enfants pour leur plus grand bonheur. Il y a quelques mois, il a rejoint un groupe spirituel. Cela l'avait changé. Il était devenu plus serein, plus patient. Auparavant, il était têtu et ce groupe l'a aidé dans sa vie spir ituelle. Aujourd’hui, il n'est plus là et cela me rend très triste. Notre famille est triste », dit Wesley.