John Chaplin, conseiller auprès de Helios Investment et directeur d’Interswitch : «La finance a besoin de la technologie pour avancer»

Par Kamlesh Bhuckory O commentaire
John Chaplin

Il est intervenu lors de la première journée du séminaire Africa Forward Together, organisé par le groupe MCB. Dans cet entretien, John Chaplin explique l’importance de la technologie dans le secteur financier.

La Fintech est à l’ordre du jour dans la finance. Quelle est votre définition de ce terme ?
C’est la fusion de la technologie et des services financiers. Nous avons tendance à croire que ce sont les banques qui sont au cœur des affaires. Elles investissent dans l’informatique. Et c’est ainsi que le secteur opère. Nous constatons aujourd’hui que des sociétés de technologie créent de (nouveaux) systèmes et cherchent des partenariats avec les banques. Donc, la technologie financière démarre de cette extrémité et pas forcément des banques.

Est-ce que la croissance dans ce secteur passe par un partenariat plus étroit entre les sociétés financières et technologiques ?
Des acteurs des compagnies technologiques croient pouvoir conquérir le monde et n’ont pas à traiter avec les sociétés financières. Le secteur a besoin  d’une collaboration entre les deux pour proposer des solutions.

La technologie financière s’articule-t-elle uniquement autour des transactions ?
L’exécution des paiements n’est que la partie publique, que les clients constatent. En dehors des paiements, il existe beaucoup d’innovations dans les services d’appui, assurant l’efficience en coulisses. Tout cela est très important pour l’économie. Il est question d’assurances, de micro-assurances et de prêts, des activités qui ne peuvent se concrétiser qu’avec l’apport d’une plateforme technologique performante.

Dans ce cas de figure, êtes-vous d’avis que les banques centrales doivent être plus proactives ?
Tous les régulateurs en Afrique disent être en faveur de l’innovation. Dans la pratique, très souvent, ils se mettent en travers de sa route. Ce sont des banquiers et non des techniciens. Certes, ils ont parfaitement raison de s’assurer de l’aspect sécuritaire du système et de se protéger des risques. Actuellement, l’industrie regarde les régulateurs du continent de façon moins favorable que partout ailleurs. L’industrie a donc un rôle important pour les éduquer et les tenir informés des technologies.