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Jessica Bestel : «Je veux pouvoir vivre de ma passion»

Jessica Bestel Marc-Antoine Tschopp et Jessica Bestel lors de la séance de dédicaces.

À 23 ans, Jessica Bestel souhaite se consacrer entièrement à sa passion qu’est le dessin. Ce n’est pas évident, on s’en doute. Heureusement qu’un Suisse, Marc-Antoine Tschopp, lui a donné l’opportunité de promouvoir son talent de dessinatrice. Les deux ont lancé le premier tome de la bande dessinée, Zanahari. Trois autres tomes devraient suivre.

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Son esprit est en perpétuelle ébullition. Elle déverse son imagination fertile sur du papier dès que ses doigts tiennent des feutres. Quelques traits ici et là, et le dessin prend forme. Jessica Bestel prouve son talent dans la nouvelle bande dessinée, Zanahari. Le lancement officiel et une séance de dédicaces ont eu lieu le samedi 11 novembre au Bookcourt de Bagatelle.

Zanahari est le fruit d’une rencontre entre la jeune Mauricienne très douée pour retransmettre des émotions par le dessin, et Marc-Antoine Tschopp, un psychologue suisse qui réside à Maurice depuis plusieurs années. «Maintenant que j’y pense, c’était une drôle de rencontre. Fin 2015, je travaillais dans un magasin spécialisé dans la décoration. Dès que j’avais un temps libre, je me plaçais à l’entrée du magasin, munie de mon carnet de croquis, et je dessinais aussi longtemps possible», confie Jessica avec le sourire.

Un jour, Marc-Antoine Tshopp entre dans le magasin où se trouve Jessica. « Marc-Antoine est un ami de ma tante et de mon oncle. On a échangé quelques mots et il a vu mes croquis. Il a complimenté mes dessins et m’a demandé si une collaboration m’intéressait. J’étais surprise au départ. Puis, j’ai senti déferler de la joie en moi », ajoute la Curepipienne. D’emblée, elle accepte la proposition du psychologue.

Les créateurs de Zanahari discutent longuement du projet en échangeant des idées. Ils ne tardent pas à se mettre au travail. Une fois à la maison, Jessica Bestel se penche sur les dessins. Elle les envoie à Marc-Antoine pour les valider. Ils se rencontrent chaque semaine ou se parlent au téléphone pour faire des changements si besoin est. Le projet dure un peu plus d’un an et demi.

Le dessin, que du bien !

« L’intention de cette série de 4 BD, c’est d’illustrer une approche simple pour reprendre le pouvoir de notre vie et rétablir le respect, la dignité et la confiance en nous et en l’humain », explique la dessinatrice qui s’est donnée à fond pour réussir cette aventure. « Je n’ai jamais fait de bande dessinée avant Zanahari. C’était une expérience agréable et cela m’a aidée à grandir et m’a fait prendre conscience de certaines responsabilités. Dessiner me fait du bien et j’en ai besoin », ajoute-t-elle.

Jessica Bestel dessine depuis sa plus tendre enfance. Elle le tient probablement de sa mère, créatrice. À l’âge de 12 ans, elle découvre l’univers des mangas à la télévision. Ce style lui plaît et elle ne tarde pas à s’y mettre. En 2012, elle complète son BAC au Lycée des Mascareignes. Elle enchaîne avec un stage dans une boîte de création de jeux vidéo. Elle s’essaye aussi à plusieurs petits boulots. « J’étais encore novice et il fallait acquérir le plus d’expérience possible afin de décrocher un emploi convenable, dit la jeune artiste. Mon rêve, c’est de pouvoir vivre de ma passion mais il n’y a pas suffisamment de débouchés dans le domaine créatif à Maurice et dans la réalité, il en va autrement car il faut de l’argent pour vivr e», dit-elle. Jessica Bestel a deux petites sœurs et ses parents ne peuvent, hélas, financer ses études tertiaires. Cela ne la décourage pour autant. Elle s’adonne à sa passion quand le temps le lui permet. « Je maîtrise diverses techniques mais je suis plus portée vers le cartoon », précise-t-elle.

Outre le dessin animé, Jessica Bestel prend plaisir à pratiquer le « nail art ». Elle aime ses deux « fighter fish » et se détendre en lisant. Elle préfère le genre fantastique. Ses titres préférés sont Room d’Emma Donoghue, It de Stephen King et Le Seigneur des anneaux.

Jessica Bestel conseille aux passionnés de dessin de ne pas baisser les bras. « Ce sera difficile mais ne perdez pas espoir et continuez à persévérer tout en ayant un pied dans la réalité ! » Nul besoin de faire un… dessin, n’est-ce pas ?

Synopsis de la bande dessinée

Zanahari est un jeune Mauricien qui se bat contre l’abus et pour l’amour. Au fur et à mesure de ses péripéties, il va trouver une méthode et un état d’esprit qui, comme pour Gandhi et Mandela, sera beaucoup plus puissant et compatissant. Gandhi nous a enseigné « d’être le changement que nous voulons voir dans le monde ». Mandela a dit : «  Notre crainte la plus profonde n’est pas d’être insuffisant. Notre crainte la plus profonde est que nous soyons puissants au-delà de toute mesure.» Zanahari sera aidé par différents guides de plusieurs origines spirituelles. Il va apprendre à gérer ses émotions (tome 1), à comprendre ce qu’est le vrai amour (tome 2), à se libérer grâce au pardon (tome 3) et à agir avec toute sa puissance (tome 4). « Son aventure initiatique pourra servir d’exemple à tous les lecteurs », affirment les créateurs.

 

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