Jean-Paul Lam : «À la rescousse de China Town»

Par Rajmeela Seetamonee O commentaire
Jean-Paul Lam

Jean-Paul Lam, 38 ans, veut lier Shanghai en Chine et Maurice.

L’homme d’affaires organise des événements artistiques, culturels et de mode dans les deux pays. Récemment, cet originaire de Port-Louis a réalisé un documentaire, « A long way to home », à Maurice. L’année prochaine, il compte organiser un événement à China Town, Port-Louis.

Il y a quinze ans, si on lui avait dit qu’il serait un homme d’affaires connu en Chine, il ne l’aurait pas cru ! Aujourd’hui, Jean-Paul Lam, affectueusement appelé JP, est fier de son parcours. Mais il a connu des débuts difficiles. Flash-back.

Jean-Paul Lam a vécu une quinzaine d’années à Shanghai, enChine.
Il lance sa biographie en 2014.

Après avoir décroché son Higher School Certificate au collège La Confiance, JP Lam opte pour des études en gestion financière à l’île de La Réunion, puis Strasbourg en France. Après cinq ans, il rentre au pays et retrouve ses parents à Port-Louis. Ces derniers souhaitent que leur aîné se familiarise avec la culture de ses ancêtres en Chine.

« J’étais sceptique. La Chine n’était pas encore un pays développé. J’ai eu tort de sous-estimer ce pays. Il s’impose aujourd’hui comme la deuxième puissance économique mondiale », dit-il. Pour faire plaisir à ses parents, il se rend quand même en Chine, plus précisément à Shanghai.

« Shanghai est une ville cosmopolite, où il fait bon vivre. Elle m’a rappelé la vie dynamique à Strasbourg », raconte-t-il. Il est tombé amoureux de la ville et décide de se trouver un emploi.

Il saisit la première occasion qui se présente à lui. Il se fait embaucher par IES Asia, qui fournit de l’électricité à travers la Chine. « Je travaillais d’arrache-pied malgré un faible salaire. Quatre à cinq mois plus tard, je suis promu. J’étais la bonne personne au bon moment », dit JP. Il maîtrise tant bien que mal le mandarin. Il apprend à formuler des phrases avec sa copine chinoise et des passants. Un an et demi plus tard, il assume le poste de Deputy General Manager.

Entre-temps, sa petite amie fait le choix de quitter Shanghai pour Beijing. JP Lam la suit et atterrit dans un hôtel cinq-étoiles, le Beijing West Palm, en tant que General Manager.

« C’était une très bonne expérience. J’ai beaucoup appris. Nous avons mis en place de nouveaux concepts et de nouvelles stratégies. En trois mois, l’hôtel a commencé à générer des profits », se souvient notre interlocuteur. Il y organise un événement de charité pour aider les victimes d’un tremblement de terre à Sichuan. Paul Chong Leung, ancien Attorney General et ambassadeur, est parmi les 49 ambassadeurs invités.

« Je n’avais que 29 ans et j’ai organisé mon premier événement. J’ai pris plaisir à relever ce grand défi. Je n’étais même pas stressé », dit JP avec le sourire.

En 2010, après avoir gagné en maturité et en expérience, il prend la décision de se mettre à son propre compte. Il lance O-Marketing, une agence de marketing, de branding, d’événementiel et de communication à Shanghai. « J’ai travaillé sur plusieurs campagnes. C’était certes difficile de convaincre les clients à travailler avec une nouvelle entreprise.

Toutes ces années passées en Chine, j’ai pu développer un réseau d’amis et de contacts. C’est ainsi que j’ai pu créer une petite liste de clients », confie le trentenaire.

Lancement de son documentaire au New China Town Deli Restaurant à Port-Louis.

Mais il faut quatre ans à O-Marketing avant de trouver ses repères et se stabiliser. « Je voulais créer ma propre identité et il fallait se concentrer sur très peu d’activités. J’organisais des œuvres charitables pendant la période de Noël pour les enfants handicapés », ajoute-t-il.

En 2013, O-Marketing organise sa première Mauritius National Day le 12 mars. Des personnalités mauriciennes et chinoises participent à l’événement. Depuis, la Mauritius National Day est une activité annuelle. O-Marketing compte également des événements pour des autorités diplomatiques dans son portfolio. La même année, l’homme d’affaires organise son premier évènement de mode à Port-Louis. Des coiffeurs et des stylistes chinoises réputés sont invités pour le lancement d’un défilé de mode. En 2014, JP Lam lance sa biographie « The Little Footprint in the Dragon Country - a story of a Mauritian in China » dans lequel il relate ses débuts difficiles.

Inauguration de la Mauritius National Day en Chine.

L’année dernière, il vient avec le concept de Shanghai Week qui a connu un succès retentissant. En février de cette année, le Mauritius Fashion Show est organisé. Il ne s’arrête pas en si bon chemin. JP Lam décide de réaliser un documentaire A long way to home à Maurice. Le tournage se tient du 23 août au 4 septembre. Une trentaine de Mauriciens participe au documentaire. Le lancement est prévu à la fin du mois d’octobre en Chine.

« Le film pour but d’accroître la visibilité de Maurice en Chine à travers une œuvre artistique. Nous avons aussi voulu montrer la culture de la communauté sino-mauricienne », fait-il comprendre.

Aujourd’hui, JP Lam trouve qu’il doit lever le pied de l’accélérateur. « Il est temps de constituer une équipe jeune et dynamique. Je l’encourage à venir avec des idées et son énergie. Dans cette optique, je lance un appel aux jeunes qui souhaitent faire partie d’une nouvelle aventure. Je projette d’organiser un événement dans le cadre du Nouvel An chinois en 2018.

L’objectif est de redynamiser China Town à Port-Louis. J’ai déjà entamé des discussions avec les forces vives du quartier. Les jeunes qui sont intéressés à nous donner un coup de main peuvent nous appeler sur le 5980 3056 », dit JP Lam.