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Guerre en Ukraine: la situation sur le terrain au 77e jour

L'Ukraine affirme être en train de repousser les forces russes de la région de Kharkiv (nord-est), la deuxième ville d'Ukraine soumise depuis fin février à un déluge de feu, les autres fronts dans le Sud et l'Est ne semblant pas évoluer significativement.

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Voici un point de la situation à partir d'informations des journalistes de l'AFP sur place, de déclarations officielles ukrainiennes et russes, de sources occidentales, d'analystes et d'organisations internationales.

- Kharkiv -
"Les occupants sont progressivement repoussés de Kharkiv", a déclaré mardi soir le président Volodymyr Zelensky dans une vidéo. "Je suis reconnaissant à tous nos combattants qui tiennent bon et font preuve d'une force surhumaine pour chasser l'armée d'envahisseurs".

La deuxième ville d'Ukraine, à une trentaine de kilomètres de la frontière russe, était pilonnée depuis fin février.

"Les localités de Cherkasy Tychky, Rusky Tychky, Roubijné et Bayrak ont été libérées" dans la région de cette grande ville, a précisé l'état-major ukrainien sur Facebook. "Ainsi, l'ennemi a été repoussé encore plus loin de Kharkiv, et les occupants ont eu encore moins de possibilités de frapper le centre régional".

Mais "l'intensité des bombardements dans le district de Kharkiv a augmenté", a-t-il aussi relevé.

- Annexion de Kherson ? -
Les autorités installées par Moscou dans la région ukrainienne de Kherson comptent demander à Vladimir Poutine une annexion, a indiqué mercredi un responsable régional prorusse.

"Il y aura une demande (adressée au président russe) pour intégrer la région de Kherson en tant que sujet à part entière de la Fédération de Russie", a dit aux agences russes Kirill Stremooussov, chef adjoint de l'administration militaro-civile de Kherson, région conquise par l'armée russe durant l'offensive déclenchée par Moscou en février contre l'Ukraine.

La région de Kherson, située juste au nord de la péninsule de Crimée annexée par Moscou en 2014, est essentielle pour l'approvisionner en eau.

Sa conquête permet aussi de constituer un pont terrestre reliant la Crimée, la région séparatiste prorusse de Donetsk, et le territoire russe. 

- Le Sud -
Les combats se poursuivent sur l'île aux Serpents, point stratégique en mer Noire dont les Russes ont pris le contrôle au début de la guerre, et où ils tentent de renforcer leurs forces exposées aux frappes ukrainiennes, selon le ministère britannique de la Défense.

Si la Russie réussit à consolider ses positions sur l'île, "elle pourrait dominer la partie nord-ouest de la mer Noire", ajoute la même source.

- Transdniestrie ? -
La "deuxième phase" de "l'opération militaire spéciale" annoncée par Moscou vise une emprise totale sur le Donbass, et les combats sont particulièrement intenses dans la région de Lougansk.

Mais l'attention se porte désormais également sur le sud-ouest du pays. Le président russe Vladimir Poutine veut "étendre" le conflit jusqu'à la Transdniestrie, région de Moldavie qui a fait sécession en 1990, a déclaré mardi la cheffe du renseignement américain, Avril Haines.

Près d'Odessa, "la pression psychologique se poursuit sur la population voisine de la Transdniestrie" avec "le possible blocage de la région en raison de la mise hors service du pont du Dniestr, qui a de nouveau été attaqué par des missiles", a aussi avancé le commandement ukrainien pour le sud.

- Milliers de morts -
Il n'existe aucun bilan global des victimes civiles du conflit. Rien qu'à Marioupol, les autorités ukrainiennes ont parlé il y a plusieurs semaines de 20.000 morts. Et les enquêteurs ukrainiens affirment avoir identifié "plus de 8.000 cas" présumés de crimes de guerre.

Sur le plan militaire, le ministère ukrainien de la Défense évalue les pertes russes à plus de 25.000 hommes, 199 avions et 1.130 chars depuis le début de l'invasion le 24 février.

Le Kremlin a admis des "pertes importantes". Certaines sources occidentales évoquent jusqu'à 12.000 soldats russes tués.

Le président Zelensky a déclaré qu'environ 2.500 à 3.000 soldats ukrainiens avaient été tués et quelque 10.000 blessés.

Aucune statistique indépendante n'est disponible.

- Millions de déplacés et réfugiés -
Plus de huit millions de personnes étaient déplacées à l'intérieur de l'Ukraine à la date du 3 mai, plus de deux mois après l'invasion du pays par la Russie, a annoncé mardi l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Au total, l'OIM estime que 13,686 millions de personnes ont été forcées de fuir leur lieu de résidence à cause de l'attaque ordonnée par Vladimir Poutine le 24 février, dont 8,029 millions sont allés s'installer ailleurs en Ukraine, le restant ayant fui le pays.

© Agence France-Presse

 

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