Grève de la faim : une solution durable souhaitée

Par Jean-Marie St Cyr O commentaire
Grève de la faim

Des résolutions ont été prises au cours d’un grand rassemblement, le dimanche 22 octobre, par le comité de soutien aux femmes ‘cleaners’ qui entament une grève de la faim. Il propose la création d’un comité interministériel afin de dégager une solution durable.

Après une semaine sans manger, la détermination des grévistes de la faim pour la cause des femmes cleaners est toujours intacte. Alors que la fatigue et la tristesse se lisaient sur le visage des grévistes et des deux syndicalistes Reaz Chuttoo et Jane Ragoo, au sixième jour du mouvement de protestation, ils gardent espoir qu’une solution sera trouvée. Même si l’envie de mettre un terme à sa démarche est présente, une des femmes cleaners affirme qu’elle va aller jusqu’au bout malgré tout.

Le dimanche 22 octobre, trois résolutions ont été prises par le comité de soutien aux grévistes, à une rencontre de mobilisation au centre social Marie, Reine-de-la-Paix. Le comité réclame que le ministère du Travail applique les résolutions prises lors de la réunion du 28 août pour qu’un salaire de Rs 8 500 soit accordé aux cleaners en sus des extra remunerations. Une lettre sera adressée au ministre du Travail en ce sens.

Le comité souhaite aussi la mise en oeuvre d’une coopérative afin que les cleaners puissent avoir un emploi permanent, au lieu d’être employés à temps partiel. Il réclame aussi qu’un comité interministériel, comprenant les ministres de l’Éducation, de l’Empowerment, de l’Égalité des Genres et des Coopératives, soit institué, afin d’analyser ces propositions.

Les membres du comité souhaite une rencontre puisse avoir lieu, ce lundi 23 octobre, avec les avec les autorités compétentes et le secrétaire financier Dev Manraj. Actuellement, les femmes cleaners sont employées par des sous-traitants privés pour un salaire mensuel de Rs 1 500.

La réunion a été marquée par le discours de plusieurs orateurs qui ont choisi d’accorder leur soutien aux grévistes de la faim et aussi pour militer en faveur des femmes cleaners afin qu’elles bénéficient d’un « salaire décent ». Ils ont salué la solidarité que le mouvement de grève de la faim a soulevée.


Une grève de la faim n’est pas sans conséquence

Le visage des grévistes est plus en plus sombre après une semaine sans manger. C’est grâce au soutien de leurs proches qu’ils arrivent à tenir le coup. Ils comptent aussi sur les paroles réconfortantes de diverses personnalités politiques et syndicales, et des citoyens qui leur rendent régulièrement visite au Jardin de la Compagnie.Une grève de la faim n’est pas sans conséquence, fait ressortir le Dr Akmez Chuttoo, fils de Reaz Chuttoo. Dans son intervention au centre Marie, Reine-de-la-Paix, il a souligné à quel point les grévistes mettent leur vie en péril chaque jour. L’attente pour eux se fait de plus en plus longue, mais l’espoir se lit néanmoins dans leurs yeux. La syndicaliste Rehana Ameer présente au chevet des grévistes espère que le gouvernement va réagir devant la détresse des femmes cleaners.


Quid de la volonté politique ?

Parmi les différents intervenants, à une réunion du comité de soutien aux femmes cleaners , au centre social Marie, Reine-de-la-Paix, Steven Obeegadoo a apporté son soutien aux grévistes en son nom personnel. Pour lui, une solution existe pour les femmes cleaners.

« Tout est une question de volonté politique comme cela a été le cas pour les employés des écoles préscolaires à travers le Pre-school Trust Fund, il y a quelques années », a indiqué l’ancien ministre de l’éducation. Il estime que l’option de laisser cette situation inacceptable perdurer est un choix politique tout comme celui de laisser les grévistes mettre en péril leur santé et leur vie.

Danielle Turner, l’ex-directrice du centre Mandela, n’a pas caché sa colère face au silence de la présidente de la République et des femmes ministres. « Zot fer mwa gayn onte. » Selon elle, si ces femmes n’avaient pas besoin de ces Rs 1 500, elles n’auraient pas accepté de travailler pour un salaire aussi dérisoire. Elle a qualifié leur situation de « violence économique ».

Pour sa part, Jocelyne Minerve dit ne pas comprendre pourquoi le Remuneration Order, qui a été mis à jour pour les employés de maison et jardiniers, entre autres, n’est pas étendu aux cleaners. Elle invite les dirigeants du pays à avoir une attitude honnête et un sens de vérité, d’autant plus qu’un gouvernement est là pour que ses institutions appliquent la loi.