Gilbert Bernard : l’artisan-bricoleur aux créations uniques

Par Kamlesh Bhuckory O commentaire
Gilbert Bernard

Parallèlement à une riche carrière dans l’industrie sucrière, Gilbert Bernard a parfait ses talents de bricoleur sur le métal et le bois. Sa retraite lui donne davantage de temps pour laisser libre cours à sa créativité dont profitent son entourage et des touristes de passage.

«En ce moment, je travaille sur une petite enseigne pour un restaurant », confie Gilbert Bernard, 70 ans, lorsqu’on l’interroge sur ses projets en cours. Pour lui, travailler c’est donner forme mentalement à cette pièce de 25 centimètres par 25 centimètres qu’il a sous la main. D’abord, il enlèvera le cadrage en bambou. Il le remplacera par du bois. Il compte y inclure du goémon sec pour apporter ce cachet authentique du pays qui attire le regard du passant. Elles se résument toutes à une certaine logique, les créations de Gilbert Bernard, petites et uniques pièces qu’on ne peut répliquer.

Cette quête d’objets à caractère unique se développe dans son premier métier en tant que mécanicien et ajusteur à l’usine de Mon Désert Alma, Saint-Pierre. Parce qu’il s’agit de trouver des solutions rapides pour remettre la machine en marche, la créativité de l’ouvrier vient naturellement. Ses voyages en Afrique confirment cette prédisposition. Gilbert Bernard a travaillé sur des établissements sucriers en Côte d’Ivoire, au Bénin et au Mozambique. Ses interactions avec des artisans africains lui font découvrir que la pièce vendue aujourd’hui ne trouvera pas son semblable le lendemain.

N’empêche que ses réalisations en surprennent plus d’un, que ce soit sur du bois ou du métal. Une pièce bien en évidence chez lui est un vieux tonneau qu’il a reconverti en minibar. Ou encore ces noix de coco qui sont devenus des pots pour le jardinage, sans oublier les sellettes suspendues. Sa maison regorge d’objets qu’il a eu la soudaine idée de fabriquer à partir de ce qu’il a vu quand il voyage par autobus. Des objets sur la route, dans une cour, adossés à un mur ou dans la vitrine d’une boutique. « L’inspiration me vient en voyageant. J’essaie de faire de la récupération. Sur la plage, je ramasserai volontiers un corail dont la forme rappelle la carte de Maurice. De plus, je chercherai à récupérer du bois et de la vieille ferraille afin de les travailler à ma façon », précise-t-il.

L’habitant de Circonstance, Saint-Pierre, est à la retraite depuis cinq ans. Ses trois enfants, Pascal, Cédric et Joëlle, ont déjà fondé leur famille. Et c’est cette passion pour l’artisanat et le bricolage qui lui permet aujourd’hui de meubler son temps. Il dit avoir eu une carrière bien remplie. À travers ses créations, aujourd’hui, il ne cherche pas une reconnaissance mais seulement cette satisfaction d’avoir façonné un objet comme souhaité par son client ou un membre de sa famille.

« Mes outils sont des plus basiques. Un artiste n’a pas besoin d’outil sophistiqué. Pour moi, une scie, un couteau, des limes, des petits ciseaux et des marteaux suffisent. Des fois, afin de donner la forme voulue, on se retrouve à inventer un nouvel équipement », fait-t-il ressortir.