Formation continue : la moitié des médecins du pays échappent à la guillotine

Par Ronnie Antoine, Jean-Marie St Cyr O commentaire
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Plus de 1 200 médecins sur le total des 2 766 enregistrés n’avaient pas les points requis en formation continue pour continuer à figurer sur la liste des médecins autorisés à exercer. Une situation qui aurait pu faire s’effondrer le système de la Santé, forçant cette dernière à accorder un moratoire aux médecins.

Plus de 1 200 sur le total de 2 766 médecins enregistrés à Maurice auraient pu être rayés de la liste officielle de médecins autorisés à exercer. La raison : ils n’avaient pas cumulé les 5 points requis au 31 décembre 2016 à travers la formation continue. Ils évoquent le niveau inadéquat des cours. À l’approche de la date limite pour que le Medical Council finalise la liste de médecins enregistrés pour cette année, le ministère de la Santé a accordé un sursis. Les 5 points requis l’année dernière seront ajoutés aux 12 de cette année. Chaque médecin devra avoir totalisé 17 points au 31 décembre 2017.

Le Medical Council a finalisé, au courant de l’année dernière, les détails du Continuing Professional Development (CPD). Les médecins devaient donc, dans un premier temps, cumuler 5 points en 2016 à travers des cours avant de passer à 12 points à partir de cette année. « Plus de 1 200 n’ont pu obtenir ces 5 points au 31 décembre », dit une source du Medical Council. « Nous avons envoyé une lettre au ministère pour l’avertir de la situation, vu que nous avons jusqu’au 13 février pour envoyer la liste finale de médecins enregistrés à la Government Gazette. »

C’est le ministère de la Santé donc qui répond au Medical Council, dans une lettre de reporter la comptabilisation des 5 points de 2016 à cette année. « Au 31 décembre 2017, chaque médecin devra donc avoir un total de 17 points au lieu des 12 prévus pour 2017 », précise-t-on.

Un professionnel de la Santé, qui tient à garder l’anonymat, explique que le problème, c’est que les cours sont dispensés par des spécialistes qui ne sont pas forcément doués pour cela. Ce ne sont pas des formateurs et bien souvent, la formation continue consiste à projeter des informations théoriques sur un écran.

« Ils ont les connaissances mais ils ne savent pas vraiment les transmettre », dit notre source.

Ce médecin dit qu’il n’y a souvent pas d’échanges d’idées avec les apprenants, ce qui serait une grosse lacune. Il précise que certains savent s’y prendre, par exemple, à travers de nouvelles recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé pour le traitement d’une maladie et vont proposer une discussion pour voir comment l’implémenter à Maurice.

30 demandes

Pour le Medical Council, ces critiques ne tiennent pas la route. « Ce n’est pas le devoir du Council de faire cela, explique notre source. Certains médecins prennent même des cours par Internet. De toute façon, nous avons reçu plus de 30 demandes d’institutions pour donner des cours. »

La liste officiellement rendue publique par le Medical Council n’en compte que 13. Parmi, on retrouve la Chisty Shifa, la Government Medical and Dental Officers Association, le syndicat des spécialistes, l’ENT Centre et Smart Clinics Ltd.

Un autre membre du Medical Council ajoute que la décision sur l’introduction de la formation continue a été introduite à la va-vite. « Cela a été fait sans grande préparation. C’est ce qui fait que nombreux sont ceux qui n’ont pas obtenu le nombre de points requis. Si le ministère de la Santé n’avait pas accordé un moratoire, le système allait s’effondrer », affirme-t-il. Qui plus est, selon cette source, il est difficile de savoir qui ont suivi des cours ou pas.

Le ministère de la Santé propose que les sessions de formation continues aient lieu tous les samedis dans les cinq hôpitaux régionaux. Ce qui devrait en faciliter l’accès aux médecins du secteur public.

Le Conseils des ministres prend note des dispositions de la Santé
Le Conseil des ministres a pris note des amendements qui seront faits au Medical Council (Continuing  Professional Development) (Amendment) Regulations afin que les médecins et spécialistes puissent bénéficier d’une exemption au nombre de points qu’ils devaient acquérir sous le Continuing Professional Development.

Selon les règlements en vigueur depuis le 31 décembre 2016, ils devaient obtenir un certains nombre de points pour pouvoir renouveler leur licence et être ainsi sur le liste officielle du Medical Council des médecins et spécialistes qui ont l’autorisation d’exercer à Maurice.