Finances : les compagnies pourront lever des fonds à court terme comme l’État

Par Kamlesh Bhuckory O commentaire
BOM

Le pays fait un pas important dans la diversification de produits financiers sur le marché local. La semaine écoulée, la Banque de Maurice a publié l’ébauche des lignes directrices sur ce nouveau mécanisme de financement connu comme Commercial Papers. Le point.

Avec les Commercial Papers, les entreprises mauriciennes disposeront d’une avenue additionnelle pour répondre à leurs besoins d’argent dans le court terme, soit moins d’une année. Ces obligations, fait ressortir la Banque centrale, ont deux utilisations précises. D’une part, elles pourraient servir d’outil de financement et, d’autre part, elles permettraient à l’entreprise d’assurer une meilleure gestion de sa trésorerie.

Quelles sont les conditions à respecter avant qu’une société ne sollicite le marché ? Elles ont trait à la solidité des assises financières en termes de la valeur des actifs et de la profitabilité. Ainsi, l’entreprise devra avoir des actifs nets de plus de et pas moins de Rs 250 millions, certifiés par ses auditeurs et tel que reflétés dans le bilan financier. Qui plus est, la société émettrice devrait exister depuis un minimum de 10 ans. Sur les cinq dernières années financières, elle aurait généré des profits nets. En parallèle, l’entreprise est toujours à jour avec le remboursement de ses prêts et ne figure pas dans les livres de mauvais créanciers du Mauritius Credit Information Bureau (MCIB).

Ce n’est pas tout. Maurice dispose d’un centre financier bien réglementé. Avant de se lancer dans une telle voie, les critères à être respectés sont nombreux. Ainsi, le montant minimal à être levé à travers les Commercial Papers est de Rs 100 millions. En guise d’engagement, la société devra soumettre des garanties émanant d’une ou de plusieurs institutions financières pouvant couvrir la somme totale. Comme c’est la pratique dans le monde financier, une agence externe est appelée à certifier si l’entreprise est une entité dans laquelle les banques pourront faire confiance ou pas.

Avec ces papiers à court terme, le marché local ajoute une nouvelle corde à son arc. Car, jusqu’ici, l’émission de telles obligations émanait du ministère des Finances uniquement avec des papiers de 90 jours, 180 jours et 364 jours uniquement. « The introduction of CP in Mauritius is expected to support the development of the domestic money market. CP will allow issuers to diversify the sources of short-term borrowing, while investors will benefit from a viable additional short-term financial instrument, with market-determined rates of return », fait ressortir la Banque centrale.


Réaménagement : le musée de la Banque centrale prend forme

Les travaux à l’intérieur et à l’extérieur du premier bâtiment de la Banque de Maurice (BoM) tirent à leur fin. La date d’inauguration n’a pas été rendue publique. Mais Ramesh Basant Roi, Gouverneur de la Banque centrale, a levé un coin de voile sur ce musée. D’abord, le bâtiment disposera d’un auditorium de « première classe » qui portera le nom d’Aunauth Beejadhur, premier Gouverneur de la Banque de Maurice de juillet 1967 à décembre 1972.

Pour le public, il y aura une collection inestimable de billets et pièces de monnaie remontant jusqu’au XVIe siècle. De plus, la direction de la Banque centrale travaille sur la création d’un Knowledge Centre où on aura accès non seulement aux diverses publications internationales mais également un accès électronique aux (publications) dans de grandes universités et facultés américaines et de Grande-Bretagne.