Étude d’une ONG : le mercure, un tueur silencieux dans les plombages dentaires noirs

By DEFIMEDIA.INFO . O commentaire //
Hemsing Hurrynag

Il y a davantage de mercure dans la bouche d’un Mauricien qui a un plombage noir que dans une zone industrielle. C’est ce que révèle un rapport réalisé par l’organisation non gouvernementale Pesticide Action Network pour le compte du Bureau européen de l’environnement.

Le Pesticide Action Network (PAN) tire la sonnette d’alarme sur l’utilisation du mercure dans les traitements dentaires. Le ministre de la Santé Anil Gayan dit être au courant de ce danger. Il affirme que son ministère procède à l’élimination de ce type de plombage dans les institutions publiques.

L’organisation non gouvernementale (ONG) a conduit cette étude entre janvier et décembre 2016. Elle s’est concentrée sur l’utilisation du mercure dans les plombages communément appelés « amalgame » (de couleur noire). Le rapport a déjà été remis au Bureau européen de l’environnement (BEE), à Bruxelles, il y a une semaine.

Hemsing Hurrynag, Project Manager au PAN, soutient que le BEE les a pourvus de l’Umex. Il s’agit d’un appareil qui peut examiner l’atmosphère et détecter le taux de mercure présent. Les membres formés du PAN ont effectué la collecte d’informations sur les Mauriciens de différentes ethnies, de plusieurs tranches d’âge et de diverses régions. « Nous avons noté que les dentistes utilisent une capsule contenant le plombage noir », affirme Hemsing Hurrynag.

Pendant l’étude, une capsule vide a été analysée à Rodrigues à travers l’Umex. Le rapport stipule que la capsule a présenté un taux de 100 000 nano-grammes de mercure par mètre cube d’air (ng/m3). C’est 100 fois plus élevé que la norme autorisée dans les zones industrielles aux États-Unis.

Le BEE stipule que le taux de mercure dans l’atmosphère urbaine doit présenter un taux variant entre 1 et 4 ng/m3 d’air. Dans la bouche d’un être humain, le taux doit tourner autour de 2 à 3 ng/m3 d’air. Des relevés effectués sur une femme à Bois-Pignolet, qui a un plombage noir, montre qu’en exhalant, elle rejette 12 000 ng/m3. Un autre relevé, pratiqué sur une femme de Rose-Belle ayant plusieurs plombages, montre un taux de 20 000 ng/m3 d’air.

Protocoles sur les métaux lourds

Selon le Zero Mercury Action Group du BEE, le mercure influe directement sur le fonctionnement du cerveau. « Cette substance tue à petit feu. C’est un tueur patient et silencieux », affirme Hemsing Hurrynag. L’exposition à long terme au mercure peut occasionner des problèmes de vue et de coordination. Ceux exposés peuvent aussi développer des zones insensibles sur le corps.

Anil Gayan affirme qu’il n’a pas encore pris connaissance de ce rapport. Mais il explique que le ministère travaille sur des protocoles concernant les métaux lourds. D’ailleurs, le plombage noir est graduellement remplacé par le plombage blanc et dépourvu de mercure.