Et si le salut nous venait des îles Marshall?

Par Democracy Watch Mauritius O commentaire
îles Marshall

Belle occasion pour nous rappeler que nous sommes les peuples frères d’îles sœurs. Avec toutes les anciennes colonies européennes insulaires des Caraïbes, du Pacifique, de l’océan Indien, des anciennes Indes orientales, nous formons un sixième continent partageant de nombreux points communs (peuplement, histoire, valeurs nationales, traditions culturelles, liens ancestraux avec l’Afrique, l’Europe, l’Asie, vocations économiques également partagées, commune vulnérabilité devant certaines catastrophes naturelles comme les cyclones, ouragans, typhons et, désormais, le réchauffement climatique, le blanchiment des récifs coralliens tellement protecteurs, etc.

Nous, Mauriciens, avons davantage de points communs avec Fidji, la Jamaïque, Cuba, Trinidad et Tobago et le Sri Lanka qu’avec maints pays africains, y compris ceux aussi orientaux que le Kenya, le Mozambique et la Tanzanie, pour ne pas parler des occidentaux comme la Côte d’Ivoire ou le Sénégal.

Anciennes colonies européennes, nous partageons la même quête de décolonisation que des pays émergents comme l’Inde, le Brésil et la Chine (dans une moindre mesure). Avec une diplomatie plus intelligente, plus insulaire, nous pouvons, à la remorque des locomotives précitées (Inde, Chine, Brésil, Afrique du Sud), peser au moins 52 voix (le nombre de SIDS) aux Nations unies. Nos communes identités, nos valeurs respectées, faites de tolérance, de compréhension, de respect de l’autre, de confiance mutuelle, nous prédisposent à parler plus facilement d’une seule voix dans le concert des nations, à moins qu’il ne faille parler de cacophonie planétaire grandissante.

Les îles Marshall sauront, n’en doutons point, apprécier à sa juste valeur l’aide, parcimonieuse, il est vrai, mais hautement symbolique que notre gouvernement leur alloue en notre nom. Nous devons lui en savoir gré. Vive à jamais notre solidarité insulaire interocéanique.

La distance nous séparant géographiquement de nos peuples frères d’îles sœurs disparaît graduellement avec la mise en place d’une communication instantanée ou presque. Méfions-nous des clichés faussement continentaux, sinon idéologiques. Nous sommes plus que simplement africains. N’oublions jamais ce précieux avantage. Nous sommes le prototype de l’Humanité de demain. Considérons ces Rs 325 000 comme un investissement dans l’avènement d’un nouveau type de relations entre peuples frères d’îles sœurs. Demain, le salut de Maurice pourrait venir des îles Marshall, surtout s’ils ont un plan de salut à nous offrir. La France ne finit pas de bénéficier du secours porté par La Fayette aux États-Unis naissants. Prenons-en de la graine.