Entretien avec Krishna Athal, le fondateur de YUVA : «La destinée de la race humaine est collective»

Par Raj Bissessur O commentaire
Krishna Athal

YUVA rassemble du matériel scolaire pour les offrir aux enfants défavorisés. La mission de cette ONG est d’offrir une éducation de qualité et son fondateur estime que le taux d’échec aux derniers examens du Certificate of Primary Education est alarmant.

Comment est née YUVA ?
YUVA est une organisation non gouvernementale avec pour mission de donner à la jeunesse mauricienne les moyens de prendre part à un changement qui a un sens. Nous sommes convaincus que la destinée de la race humaine est collective.

YUVA contribue à la paix et au développement à travers le volontariat. Nous sommes convaincus qu’il peut transformer le rythme et la nature du développement. Chacun peut donner de son temps et de son énergie. L’énorme potentiel du volontariat est une inspiration pour YUVA.

Ainsi, nous soutenons le gouvernement, les ONG et les organismes du secteur privé pour le développement des programmes. YUVA offre un service prompt, efficace et à valeur ajoutée, afin d’identifier et de recruter des professionnels capables d’offrir un service et d’accomplir un large éventail de tâches spécialisées. Nous mobilisons directement plus de 12 000 Yuvans chaque année sur le plan national.

Pourquoi venir en aide aux enfants défavorisés ?
L’un des douze objectifs de développement durable de YUVA est une éducation de qualité. Obtenir une éducation de qualité est la base même pour améliorer sa vie et pour assurer un développement durable. Des progrès notables ont été effectués pour augmenter l’accès à l’éducation à tous les niveaux, pour augmenter le taux d’inscription dans les écoles, particulièrement en ce qu’il s’agit des filles.

Les compétences de base en alphabétisation se sont beaucoup améliorées. Cependant de plus gros efforts sont nécessaires pour faire de plus grands pas. Par exemple, le monde a pu parvenir à une égalité entre les garçons et les filles au niveau primaire, mais peu de pays ont réussi à le faire à tous les niveaux de l’éducation.

À Maurice, le taux d’alpha-bétisation chez les adultes (âgés de 15 ans et plus qui sont capables de comprendre, lire et écrire un court résumé sur leurs vies quotidiennes) était de 88,85 % en 2011, selon la Banque mondiale.

Pour nous, le pourcentage du taux d’échec au niveau du CPE cette année est alarmant. Nous tentons de contrer ce problème en rendant visite à ceux qui ont failli aux examens. Nous allons faire notre maximum pour les aider à réussir.

Comment fonctionne YUVA ?
YUVA est régie par un conseil national avec des membres qui prennent des décisions pour l’organisation. Le conseil est constitué d’un président national, d’un secrétaire général, d’un Head of Research & Development, d’un Head of Social Media, de douze conseillers et de neuf présidents de district.

Le conseil joue un rôle clé dans la coordination des différentes activités : rassembler les partenaires potentiels, faciliter le flot d’informations, identifier les possibilités de collaborer.
Les conseils de district opèrent sous le conseil national, avec un président pour chaque district. Les présidents de district œuvrent pour créer des YUVA locaux, c’est-à-dire dans chaque ward/village/ville de leur territoire. À la fin, les présidents des YUVA locaux deviennent des membres des conseils de district qui sont gérés par les présidents de district respectifs.

Comment allez-vous vous organiser pour distribuer le matériel scolaire ?
Nous avons une structure bien définie et des ressources adéquates pour la mise en place de nos projets. Nous pouvons compter sur des Yuvans qui font le travail sur le terrain et rassemblent des données sur lesquelles nous nous basons pour choisir les bénéficiaires.

Allez-vous toucher toute l’île ?
Nous opérons dans les neuf districts, sans préférence ni discrimination.

Votre projet concerne-t-il uniquement le matériel scolaire ?
Ce n’est qu’une infime partie pour atteindre notre cible qui est une éducation de qualité. Nous avons douze Sustainable Development Goals (SDG) pour accomplir de brillantes choses durant les prochaines dix années. Ils sont : éradiquer la pauvreté, promouvoir la prospérité et le bien-être de tous, la protection de l’île. Ces SDG vont permettre d’atteindre ces objectifs - pour tous les gens, peu importe où ils soient.

C’est une occasion historique pour nous. Nous pouvons devenir la première jeune génération à éradiquer la pauvreté, devenir la jeune génération la plus déterminée à mettre fin à l’injustice et l’inégalité. Et aussi la dernière jeune génération à être menacée par le changement climatique.

Les douze Sustainable Development Goals sont :

  1. Éradiquer la pauvreté à Maurice dans toutes ses formes.
  2. Éradiquer la faim, atteindre la sécurité alimentaire et améliorer la qualité de la nutrition.
  3. Assurer une bonne santé et promouvoir le bien-être de tous.
  4. Assurer une éducation de qualité (civique et pour la vie).
  5. Promouvoir l’égalité de genres et habiliter toutes les femmes et filles.
  6. Promouvoir le progrès économique en encourageant l’entrepreneuriat chez les jeunes et offrir des facilités pour les start-ups.
  7. Assurer l’intégration régionale avec au menu des programmes d’échange avec la jeunesse des pays avoisinants.
  8. Prendre des mesures urgentes pour lutter contre le changement climatique et son impact.
  9. Préserver l’environnement marin avec la protection des plages et s’assurer de l’utilisation durable de la mer et des ressources marines.
  10. Encourager l’amour du sport et l’activité physique pour tous et pour tous les âges.
  11. Exploiter la technologie et encourager l’innovation en assurant qu’une efficace culture de la techno imprègne toutes les couches de la société dans tous les coins et recoins de l’ile Maurice.
  12. Encourager l’amour de l’art et de la culture en assurant un développement des arts dynamiques et étendre le soutien aux artistes locaux.