Empreintes digitales : Refus d’obtempérer, que ce soit à Maurice ou à l’étranger

Par Rizwaan Khodabux O commentaire
Dr Raja Madhewoo, Jack Bizlall, Aicha Soogree et Jeff Lingaya

Hors de question de donner leurs empreintes digitales à Maurice ou à l’étranger. Jack Bizlall,  Aicha Soogree, Jeff Lingaya et le Dr Raja Madhewoo ont fait une croix sur les pays où cette pratique est obligatoire à l’aéroport. C’est un refus catégorique. Ces irréductibles, qui s’élèvent contre la carte d’identité biométrique à Maurice, ne donneront pas leurs empreintes si on les réclamait, comme dans certains aéroports. « Mo fer demitour mo retourne, kouma ziz Lallah ek Karl Offman ti fer kan zot ti al lamerik, me mo na pa pou donn mo lamprint ! » martèle le Dr Raja Madhewoo. Celui-ci, qui a vécu en Grande-Bretagne durant près de 35 ans et qui a voyagé dans pas moins d’une dizaine de pays, soutient qu’il n’a jamais eu à fournir ses empreintes digitales.

Jack Bizlall, lui, n’a pas quitté le pays depuis des lustres. « Il y a très longtemps, j’ai été en France et en Angleterre. En fait, mon passeport n’est plus valide et je ne compte pas le renouveler, n’ayant aucune intention de quitter le pays », dit-il. Que fera-t-il s’il est appelé à voyager et qu’on lui demande ses empreintes ? « Qu’est-ce que j’irais faire dans un pays qui n’a aucune considération pour mon individualité ? » répond Jack Bizlall du tac au tac.

Aicha Soogree, de Rezistans ek Alternativ, indique, quant à elle, que c’est un feu roulant de questions de sa part qu’auront à subir les autorités étrangères si celles-ci venaient à lui demander ses empreintes. « Il faut que je sache pourquoi mes empreintes sont requises, comment elles vont être stockées, quels usages on veut en faire ? Je leur demanderai des garanties. Si je ne suis pas convaincue, c’est tant pis. Je retourne à Maurice », dit-elle. C’est d’ailleurs, entre autres, pour cette absence de garantie de la part des autorités locales que ce membre du parti de gauche ne souhaite pas donner ses empreintes pour les besoins de la carte d’identité biométrique. « Rien ne me dit que le gouvernement ne va pas, plus tard, à travers des amendements à la National Identity Card Act ou autres lois, utiliser mes données personnelles ou m’imposer des choses en tant que citoyenne. Kouma dir pe dir enn mama ‘donn mwa ou zanfan, mo pou get li bien’. Be zis akoz ou dir sa bizin krwar ou ? » s’interroge Aicha Soogree.

Idem pour Jeff Lingaya, de la Plateforme No to Biometric Data on ID Card, qui a été notamment en Australie et à La Réunion sans pour autant donner ses empreintes. Pour lui, la question n’est pas là. « C’est en tant que citoyen que nous nous battons, pour avoir le choix de ne pas donner nos empreintes pour la nouvelle carte et non en tant qu’étranger foulant un sol étranger. Un citoyen doit avoir le choix de donner ou pas  des informations sensibles le concernant », dit-il.