Dr Madhav Rawoteea : «L’incontinence urinaire est appelée à augmenter»

Par Jean-Marie St Cyr O commentaire
incontinence urinaire

Avec la forte prévalence du diabète et le vieillissement de la population, l’incontinence urinaire est appelée à augmenter. Tel est le constat du Dr Madhav Rawoteea, médecin généraliste à la Chisty Shifa Clinic.

Si vous avez une forte envie d’uriner et que vous avez du mal à vous retenir, c’est que vous souffrez probablement d’incontinence urinaire. Bien que plus fréquent chez les femmes, ce trouble touche aussi les hommes à un degré moindre. Et il survient dans la majeure partie des cas à partir de la cinquantaine. Mais les plus jeunes ne sont pas à l’abri pour autant.

Divers facteurs de risque font que l’incontinence urinaire affecte aussi les hommes et les femmes avant les 50 ans. Parmi, il y a l’obésité, le diabète, le tabagisme, une consommation excessive de boissons alcoolisées et les problèmes psychiatriques ou psychologiques. Bien que les cas soient rares chez les plus jeunes, l’incontinence peut être due à une déficience de l’œstrogène également ou encore dans des cas de prolapsus pelvien (descente anormale d’un organe).

Dans le cas des femmes, l’incontinence survient particulièrement après la ménopause, explique le Dr Rawoteea. Mais chez les femmes et les hommes, ce problème peut être dû à une infection urinaire à répétition. « Les personnes les plus susceptibles de souffrir d’incontinence urinaire sont celles qui souffrent du diabète, d’hypertension artérielle et d’obésité », dit-il.

Il précise que le tabagisme est une des causes de l’incontinence, en raison de la toux chronique qu’il provoque chez les gros fumeurs. Et en raison de la pression abdominale exercée sur la vessie, cela déclenche une incontinence. Cette toux est provoquée par le besoin d’évacuer le flegme accumulé.

On parle d’incontinence uniquement quand une personne ne peut contenir son envie d’uriner. Il n’est pas à confondre avec l’un des signes du diabète qui engendre une augmentation de la fréquence du besoin d’uriner, précise le médecin. « L’incontinence peut survenir à n’importe quel moment de la journée, alors que dans le cas du diabète, c’est particulièrement la nuit que l’envie d’uriner va se faire sentir », explique-t-il.

En l’absence des facteurs de risque, tels le prolapsus pelvien chez les femmes ou le grossissement de la prostate chez les hommes, seul un changement de mode de vie peut permettre de prévenir l’incontinence urinaire. Il faut alors procéder à une élimination des facteurs de risque : cigarette, diabète, obésité.

Outre l’inconfort qu’en-gendre l’envie d’uriner fréquemment, c’est la vie sociale de la personne qui est grandement affectée. Chez les hommes, cela peut aussi avoir une incidence sur leur vie sexuelle avec une éjaculation précoce. Alors que sur ce plan, la femme n’est pas affectée, sauf celles qui ont le prolapsus pelvien. Autrement, l’incontinence urinaire n’a pas de conséquences plus graves.

Les signes

Il existe trois signes majeurs de l’incontinence urinaire : la fréquence de l’envie d’uriner va augmenter, la personne ne pourra pas se retenir et ira uriner fréquemment, et l’impossibilité de se retenir. L’urine est jaune foncé, odorante et provoque des picotements. La quantité d’urine varie d’une personne à l’autre. Le Dr Rawoteea précise que ce n’est pas en ne buvant pas qu’on va régler le problème d’incontinence. « Il faut boire, car c’est essentiel pour le bon fonctionnement de l’organisme. Ce qu’il faut, c’est boire moins et à des intervalles plus espacés », dit-il.

Mieux savoir

L’incontinence urinaire n’est pas une maladie. C’est un trouble qui se présente sous plusieurs formes.

Incontinence de stress
Le stress veut dire la pression que la personne peut subir quand elle éternue, tousse ou subit lors des exercices abdominaux. Cette pression est répercutée sur la vessie, ce qui fait que la personne ne peut se retenir et doit uriner. Cela peut survenir aussi bien chez les femmes que chez les hommes.

Incontinence d’impulsion
C’est une forte sensation qu’on veut uriner, mais on ne peut se retenir.

Incontinence fonctionnelle
Ce type d’incontinence est assez fréquent et il est plus présent chez les personnes âgées. Il peut être neurologique (liés à la démence, l’Alzheimer et des problèmes psychiatriques). Elle peut aussi être due à un trauma au niveau de la colonne vertébrale autour des nerfs qui contrôlent la vessie. En l’absence d’une bonne contraction, cela va engendrer l’incontinence.

Les traitements

Ceux qui souffrent d’incon-tinence peuvent avoir une sonde urinaire pour recueillir leur urine dans un sac. Ainsi, même s’ils consomment un peu plus de liquide, il sera recueilli dans le sac. Il y a un suivi médical effectué en même temps et la personne doit prendre des antibiotiques pour éviter des infections.

Des exercices du pelvis sont proposés aux jeunes femmes, afin de renforcer les muscles dans cette région et mieux tenir la vessie. Il y a aussi des médicaments qui peuvent être pris pour combattre l’incontinence. Chez les femmes plus âgées, des gels peuvent être appliqués sur les muscles atrophiés.

L’incontinence peut être traitée dans 87 à 90 % des cas avec des médicaments. On ne guérit pas de l’incontinence, mais avec les traitements appropriés, on peut améliorer la situation de la personne et diminuer le problème. Une guérison est possible si le problème d’incontinence est neurologique. Une fois ce problème réglé, celui de l’incontinence devrait l’être aussi.

Il est possible de régler le problème à travers la chirurgie. Il faut, au préalable, détecter à quel niveau se situe l’incontinence : au niveau de la vessie ou sous la vessie. Divers examens sont possibles pour déterminer la présence de l’incontinence : l’examen par échographie ou encore par Imagerie à résonnance magnétique (IRM). Une intervention chirurgicale vise à renforcer les muscles qui ont été affaiblis.

Les causes

  • Le diabète, le tabagisme (chez les hommes en particulier), l’alcoolisme, l’obésité, les problèmes neurologiques liés à la démence ou l’Alzheimer sont parmi les causes de l’incontinence urinaire.
  • Les problèmes neurologiques ou de déficience du côté du nerf central peuvent être une cause d’incontinence également, tout comme le cancer s’il s’est propagé dans tout le corps.
  • Les femmes qui ont accouché plus de deux fois sont aussi susceptibles de souffrir d’incontinence urinaire. Cela peut être en raison de la déficience d’œstrogène, qui fait que la vessie est atrophiée, et elles ne peuvent pas se retenir d’uriner.
  • Différents traitements sont proposés aux femmes enceintes, à celles qui ne le sont pas et à celles qui ont eu leur ménopause.