Dr Deshmukh Reebye : «Ne banalisez pas une douleur à la poitrine»

Par Jean-Marie St Cyr O commentaire
Dr Deshmukh Reebye

Les complications dues aux maladies cardiovasculaires sont nombreuses. Parmi il y a la mort subite ou encore l’infarctus du myocarde. Le point avec le Dr Deshmukh Reebye, cardiologue au Wellkin Hospital.

« L’insuffisance cardiaque survient quand le cœur ne peut pomper avec assez de force un volume adéquat de sang et d’oxygène pour que l’organisme puisse fonctionner convenablement »

« Les sportifs aguerris ne meurent pas d’une crise cardiaque, mais d’une mort subite. Dans la majorité des cas, il peut s’agir d’un problème génétique qui fait qu’ils peuvent être prédisposés à une arythmie sévère », explique le Dr Deshmukh Reebye. Et contrairement à d’autres problèmes cardiaques, dans ce cas il n’y a pas de signes précurseurs, en dépit des examens médicaux avancés qui peuvent être effectués.

Cependant, si dans la famille il y a eu des antécédents, les descendants peuvent faire face au même problème même si ce n’est qu’une probabilité et non une science exacte. « En cas de mort subite dans la famille, il est important pour les autres membres de faire des examens médicaux dans ce sens », indique le cardiologue.

Cela en raison de l’hypertrophie du cœur qui peut prédisposer à une mort subite. Et la mort subite peut survenir dès l’âge de 11 ans souligne le Dr Reebye. Il recommande dans ce cas des tests de dépistage précoce à travers des échographies, des épreuves d’effort et un électrocardiogramme régulièrement, entre autres.

Les autres problèmes cardiaques peuvent survenir en cascade. L’infarctus du myocarde par exemple qui détruit une partie du muscle cardiaque. Il peut engendrer des complications immédiatement ou à long terme comme une défaillance cardiaque ou une arythmie cardiaque.

À long terme, c’est l’insuffisance cardiaque qui est considérée comme la maladie du siècle. « L’insuffisance cardiaque survient quand le cœur ne peut pomper avec assez de force un volume adéquat de sang et d’oxygène pour que l’organisme puisse fonctionner convenablement ». 

Pour le Dr Reebye, ce ne sont pas les signes précurseurs de la crise cardiaque qui sont importants, mais les associations. Par exemple, si quelqu’un est un gros fumeur, qu’il est obèse, il est à haut risque s’il est issu d’une famille qui souffre de l’hypercholestérolémie (taux anormal de cholestérol). Des tests de dépistage sont alors nécessaires, afin de prévenir les complications.

Selon le cardiologue, les problèmes cardiaques ne sont pas plus courants qu’autrefois. « Il y a une meilleure prise de conscience de nos jours qui fait que les gens sont plus soucieux de leur santé et vont faire eux-mêmes des tests de dépistage, dès qu’ils ont un problème de santé et en faisant des bilans sanguins. » Ajouté à cela les facilités technologiques permettent aussi de faire des examens plus approfondis. 

Les maladies cardiovasculaires impliquent les maladies du cœur et des vaisseaux qui partent du cerveau, de la carotide, du cœur, des artères rénales, des artères de la rétine et du pied, explique également le Dr Reebye. Ainsi une angine de poitrine provient d’un déficit de circulation cardiaque. « On peut parler d’un accident vasculaire cérébral, on peut aussi avoir une embolie des artères de la rétine ou des membres inférieurs, etc. », dit-il.

Toutes ces différentes pathologies donnent des signes comme des douleurs à la poitrine pour une angine dans un cas classique. Mais dans certains cas, la personne peut ne pas ressentir des douleurs et faire une angine. C’est le cas chez les diabétiques, les personnes âgées, ceux qui sont sous certains médicaments comme la cortisone ou des anti-antalgiques qui peuvent alors masquer la douleur. Cependant, il peut aussi y avoir d’autres manifestations de la maladie comme l’essoufflement, la fatigue, la palpitation. 

« Il ne faut pas se fier aux douleurs qu’on peut ressentir au bras. Dans la majorité des cas c’est à gauche, mais cela peut bien aller à droite. Il ne faut donc pas penser que si c’est à droite on est protégé », fait ressortir le cardiologue. Il y a des personnes qui ne font pas d’infarctus, mais font des angines de poitrine qu’à un niveau d’effort soutenu.

Une douleur à la poitrine ne devrait pas être banalisée souligne le cardiologue. Il explique que bien souvent nombreux sont ceux qui pensent qu’il s’agit d’une douleur gastrique. « Même après des efforts ou des étirements il faut aller dans un centre de santé pour faire un bilan le plus rapidement possible », fait-il observer. Et en cas d’arrêt du cœur, le massage cardiaque peut sauver une personne.

Le Dr Reebye recommande de ne pas se considérer comme superman ou superwoman en faisant des excès, alors qu’on n’a pas l’habitude de le faire. Ceux désirant participer à un Trail devraient songer à bien se préparer physiquement pour cela, afin d’éviter tout accident comme une rupture de la plaque dans les artères. Cela peut engendrer une cascade d’événements comme le cailloutage ou une obstruction des artères ou encore une athérosclérose, qui est le dépôt du cholestérol sur les artères qui perdent alors leur élasticité

Une bonne hygiène de vie et une alimentation saine et équilibrée sont de mise tout comme la pratique d’une activité physique. « Pratiquer une activité physique ne signifie pas faire un marathon. Certains sont morts ainsi », fait ressortir le cardiologue. Les substances nocives comme la cigarette et l’alcool doivent être évitées tout comme la prise de poids non contrôlé et la sédentarité.

Outre les médicaments, les maladies cardiovasculaires nécessitent une bonne prise en charge et un suivi médical régulier. Il est aussi important que sa tension artérielle, son niveau de cholestérol, son taux de sucre, son indice de masse corporelle et les facteurs de risque.